En mai, prier avec le pape pour une alimentation pour tous

4 Mai 2026

En mai, prions pour que chacun,

des grands producteurs aux petits consommateurs,

s’engage à éviter le gaspillage alimentaire

et pour que tous aient accès à une alimentation de qualité.

Cette intention nous appelle à une prise de conscience collective face à une réalité paradoxale : tandis que des millions de personnes souffrent encore de la faim, une quantité considérable de nourriture est jetée chaque jour dans le monde. Le gaspillage alimentaire n’est pas seulement un enjeu économique, mais aussi moral, social et environnemental.

Les grands producteurs et les acteurs de l’agro-industrie portent une responsabilité particulière. Par leurs choix de production, de stockage et de distribution, ils peuvent réduire les pertes, favoriser des circuits plus justes et adopter des pratiques respectueuses de la terre et des personnes. Produire davantage n’a de sens que si cette production répond réellement aux besoins, dans le respect de la dignité humaine et de l’équilibre de la création. Une agriculture durable, attentive aux ressources naturelles, est une étape essentielle vers une alimentation saine et accessible à tous.

Cette responsabilité concerne aussi les distributeurs, les restaurateurs et les institutions publiques. En luttant contre le gaspillage, en valorisant les invendus et en sensibilisant les citoyens, ils peuvent agir concrètement. Des politiques publiques ambitieuses sont nécessaires pour encourager la solidarité, soutenir les plus vulnérables et garantir le droit fondamental à une alimentation suffisante et de qualité.

Les consommateurs, même modestes, ont également un rôle à jouer. Par des gestes simples — acheter avec discernement, respecter les portions, cuisiner les restes — chacun peut contribuer à réduire le gaspillage. Ces choix quotidiens expriment un respect profond pour la nourriture, fruit du travail humain et don précieux de la nature, et manifestent une solidarité concrète avec ceux qui manquent de l’essentiel.

Prier pour cette intention, c’est reconnaître que le changement passe aussi par une transformation des cœurs. C’est demander la sagesse de comprendre que l’abondance se mesure moins à l’accumulation qu’au partage, et espérer un monde où chacun peut se nourrir dignement, dans le respect de sa santé et de son environnement.

Renouer avec nos cultures culinaires peut nous y aider. La tradition française le rappelle humblement : « tout est bon dans le cochon ». Rien n’est méprisé, rien n’est jeté, car tout a une valeur. Cette sagesse se retrouve aussi dans de nombreuses cuisines d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, où l’on honore chaque aliment en son entier par respect de la vie reçue.

Retrouver cette manière de cuisiner et de manger, c’est adopter une attitude évangélique : reconnaître que la création est un don à partager et non un bien à consommer sans mesure. Ainsi, lutter contre le gaspillage devient un acte de foi concret, un chemin de sobriété joyeuse, de justice et d’espérance pour toute l’humanité.

Jean Luc Fabre SJ, Directeur National du Réseau de Prière du Pape France


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