Intention de prière du pape - Septembre 2025
Prions pour que, inspirés par saint François, nous fassions l’expérience de notre interdépendance avec toutes les créatures, aimées de Dieu et dignes d’amour et de respect.
Unis à tous les chrétiens, nous célébrons aujourd’hui la Xe Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création et la prolongeons par le #TempsdelaCréation jusqu'au 4 octobre, fête de saint François d'Assise. Dans l'esprit du Cantique de frère Soleil, nous louons Dieu et…
— Pape Léon XIV (@Pontifex_fr) September 1, 2025
Psaume 8
Ô Seigneur, notre Dieu,
qu’il est grand ton nom par toute la terre !
Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée
Par la bouche des enfants, des tout-petits :
rempart que tu opposes à l’adversaire,
où l’ennemi se brise en sa révolte.
À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
le couronnant de gloire et d’honneur ;
Tu l’établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds :
Les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.
Ô Seigneur, notre Dieu,
qu’il est grand ton nom par toute la terre !
Propositions du Conseil d’Églises chrétiennes en France pour le Temps de la Création 2025 (1ᵉʳ septembre-4 octobre).
Ce premier septembre s’ouvre le Temps pour la Création. Jusqu’au 4 octobre 2025, dans le monde entier, les chrétiens de toutes confessions sont appelés à prier et agir pour la préservation de notre Maison Commune. Au fil des années, ce temps s’est imposé comme un moment fort d’œcuménisme en action : en France, du niveau national jusqu’aux paroisses, catholiques, protestants et orthodoxes se rencontrent et se concertent pour agir ensemble, donnant ainsi un signe vivant de la richesse de la rencontre des traditions chrétiennes, un signe d’autant plus fort en cette année d’anniversaire des 1700 ans du Concile de Nicée.
Nous nous réunissons pour célébrer la merveille de la Création que Dieu nous confie, et que chantait François d’Assise dans son Cantique des Créatures, dont nous commémorons le 800ème anniversaire. Ensemble, nous nous alarmons aussi, avec gravité, pour reconnaître les manquements de l’humanité quant à la mission de garder et prendre soin de cette Création, dans une douloureuse prise de conscience des impacts déjà visibles de la crise écologique. Les inondations, canicules ou incendies meurtriers des derniers mois, en France et autour du globe, nous rappellent l’urgence absolue de la situation, causant de la souffrance et de la mortalité, en particulier pour les personnes pauvres et vulnérables. Les scientifiques ont récemment acté qu’un réchauffement à moins de 1,5°C était désormais impossible, laissant prévoir des injustices plus graves encore. Nous devons avoir le courage de prendre conscience de la gravité de ce qui se joue aujourd’hui, et de reconnaître que tous ne portent pas la même responsabilité dans cette crise.
Le Temps pour la Création nous invite à nous positionner pour agir en faveur de la justice écologique et sociale. Le thème de cette année est « Paix avec la Création ». Alors que des guerres et conflits font des ravages en Ukraine, en Terre Sainte et dans bien des endroits de par le monde, nous voulons rappeler que « tout est lié ». Nous ne pouvons pas espérer trouver un chemin de paix durable entre les humains tout en méprisant la Création, qui est chaque jour plus exploitée, asservie, bafouée. Le prophète Isaïe nous le rappelle : il n’y a pas de paix sans justice. « Le fruit de la justice sera la paix : la justice produira le calme et la sécurité pour toujours. » (Ésaïe 32, 17).
Cet appel à construire un monde de justice et de paix pourrait sembler une utopie de plus en plus irréalisable. La négation de l’urgence écologique, dans le monde comme en France, se manifeste de plus en plus régulièrement ces dernières années, entraînant des reculs environnementaux graves. Certains succombent au découragement, tandis que d’autres défendent une fausse nécessité de choisir entre lutter contre la crise écologique ou contre la crise sociale. Portés par notre espérance chrétienne, nous devons pourtant oser dire que nos sociétés et notre économie peuvent être radicalement transformées, pour répondre à la clameur de la Terre et des pauvres.
Nous appelons chaque communauté et chaque personne à participer activement au Temps pour la Création. Éclairés par les Écritures, par l’encyclique Laudato Si’ du pape François – dont nous fêtons les 10 ans cette année –, par le patriarche Bartholomée qui a tant inspiré cette encyclique, par le Dr Albert Schweitzer dont nous commémorons les 150 ans de la naissance, et biens d’autres, nous devons poursuivre et renforcer notre engagement. Les ressources ne manquent pas : Église Verte, en collaboration avec le Mouvement Laudato Si’ et l’Église Protestante Unie de France, en propose de nombreuses, que ce soit une intention de prière pendant une célébration ou une marche méditative au sein de la Création. Pourquoi ne pas rejoindre également les autres hommes et femmes de bonne volonté au sein de mobilisations de la société civile. Ce Temps pour la Création nous prépare enfin au grand rendez-vous du sommet sur le climat prévu en novembre à Belém, au Brésil : la COP 30. Nous appelons solennellement nos dirigeants à y prendre des décisions à la hauteur du défi.
Partout, dans la société comme dans nos Églises, de nombreuses personnes ont pris conscience de l’urgence d’agir. Elles ont fait évoluer leur mode de vie. Des associations et collectifs se sont créés. Des communautés chrétiennes de plus en plus nombreuses mettent en place des actions concrètes et prophétiques. Les structures commencent à évoluer. Que notre foi nous donne le courage et l’audace de les rejoindre et d’y apporter notre action et notre témoignage, comme une réponse à l’appel que Dieu nous adresse à travers les voix de la Terre et des plus vulnérables !
Le Cardinal Jean-Marc Aveline, Président de la Conférence des évêques de France
Le Pasteur Christian Krieger, Président de la Fédération protestante de France
Le Métropolite Dimitrios, Président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France
L’intention de ce mois de septembre nous dépasse, nous excède : elle vise la relation de chacun avec toutes les créatures. Et pourtant, nous avons bien chacun notre invocation propre à formuler, notre geste particulier d’attestation à poser. Mais avant tout cela, chacun de nous est appelé à faire l’expérience, d’une façon particulière, de l’interdépendance entre toutes les créatures !
En son mystère plénier, la vie est ainsi constituée. Jamais l’un ne peut être sans l’autre : pas de jour, sans nuit, pas de chaleur, sans froidure, sans intériorité pas d’extériorité… L’interdépendance, la relation réciproque est l’âme de la vie. Mais nous, humains, à la fois corporels et libres, nous sommes appelés à vivre cette interdépendance corporellement, consciemment et librement. Pour cela, nous devons percevoir cet enjeu, y consentir et contribuer à ce que cette interdépendance se vive de plus en plus, en tout lieu et pour tout être. Ne sommes-nous pas appelés à régner sur la Création, lui donner d’être encore plus elle-même, d’exprimer toute sa promesse par l’interdépendance entre tous?
Cet appel, nous ne pouvons l’entendre, à vrai dire, qu’en étant confrontés à un déséquilibre au sein de notre propre existence. Enfant, à la fin des années 1950, j’ai vécu la « saga pour l’eau disponible », à la ferme de mes grands-parents en Aveyron. Au bas de la maison, depuis toujours, il y avait un puits dont l’eau tirée servait pour nous et tous les animaux de la ferme. L’eau devait être puisée à la force des bras, montée à la maison, apportée en divers endroits de la ferme. Cela représentait un gros effort et chacun y contribuait à la mesure de ses forces. Le principe d’économie reposait sur notre capacité physique, pas plus d’eau à tirer que nécessaire.
Et un jour, le motopompe est arrivé, l’eau arrivait toute seule au-dessus de l’évier, disponible. Le puits continuait à être utilisé, mais uniquement pour surveiller la quantité d’eau. Nous pouvions mesurer la disponible en fonction de la profondeur à laquelle devait descendre le seau témoin. Quelques années après, le puits n’avait plus aucune utilité si ce n’est sa dimension esthétique dans la cour. L’eau qui venait du réseau collectif coulait à flot, toujours disponible, sans aucune entrave, jusqu’au jour où nous avons été astreints, collectivement, à des restrictions de consommation.
Au travers de ces restrictions, la relation à l’eau s’est rééquilibrée dans la région. La consommation ne peut être sans frein. L’eau nous apporte la possibilité de vivre mais nous ne pouvons pas la gaspiller sans limite, sans considération. L’eau cesse alors d’être une ressource et elle devient une sœur qui m’aide à vivre, une amie que j’économise, que je considère et que je chante même. Plus que d’assurer ma subsistance, elle m’ouvre à la louange. Je peux rejoindre François et son chant :
« Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur Eau,
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste. »
À chacun son histoire… Et vous, quelle est la vôtre ?
Jean Luc Fabre sj.
directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape France





