Paris, le 17 mars 2026,
Le chemin durable vers la paix ne passe pas par la guerre
Depuis plusieurs semaines, la guerre embrase une nouvelle fois le Moyen-Orient. Comme l’a rappelé le Saint-Père, l’humanité est entraînée vers « un abîme irréparable ». Dans le fracas des armes qui sèment la destruction, la douleur et la mort, ce sont, comme toujours, les plus vulnérables qui subissent les conséquences les plus lourdes.
Face à cette situation alarmante, nous affirmons que le chemin durable vers la paix ne passe que par l’audace du dialogue, le courage de la diplomatie et le respect du droit international.
Nous assurons les peuples du Moyen-Orient de notre proximité fraternelle et de notre solidarité concrète. Nous restons en contact régulier avec les patriarches et les divers responsables des communautés chrétiennes des pays concernés, ainsi qu’avec les autorités de l’État français et les services diplomatiques du Saint-Siège, nous efforçant de soutenir les populations les plus démunies, grâce au concours de l’Œuvre d’Orient notamment.
Aux catholiques de France, nous proposons, en ce temps de Carême, de prier et de jeûner d’une façon particulière pour la paix et de poser des gestes concrets de solidarité, en répondant aux demandes de dons ou en se manifestant, d’une façon ou d’une autre, auprès des communautés du Moyen-Orient*.
Que l’Esprit de Dieu éclaire les consciences et que soit promu le bien des peuples qui aspirent à une coexistence pacifique fondée sur la justice !
+ Cardinal Jean-Marc Aveline,
archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France
+ Mgr Vincent Jordy,
archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France
+ Mgr Benoît Bertrand,
évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France
Au nom des chrétiens du Moyen-Orient et de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté, je m’adresse aux responsables de ce conflit : cessez le feu ! Que les voies du dialogue s’ouvrent à nouveau ! La violence ne pourra jamais mener à la justice, à la stabilité et à la paix que les peuples attendent.
Pour manifester une solidarité concrète, vous pouvez faire un don aux œuvres caritatives par lesquelles l’Église se met au service de toutes les populations :
- Œuvre d’Orient
- Aide à l’Eglise en Détresse
- Ordre de Malte
- Custodie de Terre Sainte
- Patriarcat latin de Jérusalem
- Medair
- Ordre du Saint-Sépulcre
- CCFD
- Délégation catholique à la coopération (DCC)
- Secours catholique
Urgence Liban avec l’Œuvre d’Orient
Le Liban est plongé dans une crise politique, économique et sociale d’une gravité inédite : des bombardements massifs s’abattent sur le pays, mi-mars 2026, on comptait plus de 1 million de déplacés, 992 morts dont 100 enfants et 2 200 blessés.
Les habitants des villages chrétiens du Sud Liban refusent de partir, par crainte de ne pouvoir revenir dans leur village.
À Alma el-Chaab, village chrétien du sud, les habitants ont pour l’instant refusé d’évacuer, alors qu’en 2024 seules quatre ou cinq personnes étaient restées sur place.
À Beyrouth et dans d’autres régions du pays, les communautés chrétiennes se préparent déjà à accueillir les déplacés, comme elles l’avaient fait lors des crises précédentes. Églises, centres sociaux et associations s’organisent pour héberger les familles, sans distinction d’appartenance religieuse ou communautaire. Mais face à l’ampleur des déplacements attendus, la solidarité locale risque de ne pas suffire. Des centaines de milliers de personnes fuient dans l’urgence, souvent sans pouvoir emporter le nécessaire.
LES PROJETS ET ENJEUX
Les congrégations religieuses, les Églises, centres sociaux et associations s’organisent pour héberger les familles, sans distinction d’appartenance religieuse ou communautaire. “Nos partenaires sur place sont déjà mobilisés pour accueillir les déplacés et soigner les blessés, mais les besoins vont rapidement dépasser leurs capacités », explique Vincent Gelot, directeur pays de L’OEuvre d’Orient au Liban.
Accompagnée par le nonce apostolique du Liban, Son Excellence Paolo Borgia et la Finul, L’OEuvre d’Orient a pu fournir des produits alimentaires de première nécessité, riz, farine, produits laitiers, pates, shampoing, savons aux villageois du Sud Liban.
Les Filles de la Charité à l’hôpital du Sacré-Coeur à Hazmieh et à l’hôpital Geitaoui de Beyrouth au service des grands brûlés accueillent les blessés et les malades. L’association Libami, soutenue par L’OEuvre d’Orient, présente dans le quartier pauvre de Naaba, dans la capitale, accueille actuellement 250 familles.
Le camp de Dbayeh, où la congrégation des Petites Soeurs de Nazareth vient en aide aux déplacés, distribue couvertures et oreillers pour prendre aux personnes démunies. Les écoles sont toujours fermées et s’organisent tant bien que mal pour assurer la poursuite de leur mission. Les besoins sont déjà importants et devraient s’intensifier dans les prochains jours, d’autant que le conflit risque de durer. Les communautés religieuses ont besoin de soutien, dans un contexte déjà extrêmement fragile.
Beaucoup ont le sentiment d’avancer dans un temps de chaos, où les repères semblent vaciller et où personne ne sait vraiment quand cette épreuve prendra fin. Dans les moments les plus incertains, les liens d’amitié deviennent une véritable lumière.
Mère Jocelyne Joumaah
École Épiscopale de Jabbouléh



