« Me Voici ! » Retour sur l’appel décisif des catéchumènes

25 Fév 2026

Samedi 21 février à la cathédrale de Saintes, 110 catéchumènes du diocèse ont répondu « Me Voici » à l’appel de leur nom. En ce début de carême, ils commencent la dernière étape avant leur baptême, lors de la veillée pascale.

Ils avaient passé l’après-midi de ce samedi à la maison diocésaine de Saintes, accompagnés par leurs parrains et marraines et par ceux qui, dans chaque paroisse du diocèse, les préparent à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne. Ils avaient pu y vivre des temps de prière, d’échanges et de formation  proposés par le service du catéchuménat.

Me Voici !

A 17h, ils se sont retrouvés pour la messe présidée par notre évêque coadjuteur, Mgr Pierre-Antoine Bozo. Dans son homélie, il s’est adressé aux catéchumènes : il a rappelé que dans les lettres envoyées,
beaucoup manifestent que vous avez fait l’expérience, par des chemins extrêmement variés, que justement la vie sans Dieu, loin de lui, est pleine de désillusion, de tristesse, de vide.
Alors vous vous êtes laissés attirer par la douce lumière de l’évangile, par ce chemin qui n’est pas prestigieux, qui est exigeant même, mais qui est chemin de vie.
Attachez-vous fermement à Jésus. Il a vaincu le mal et le malin pour nous. Dans l’Église vous le trouverez, vous vous nourrirez de sa vie. Cet appel décisif mérite son nom. Il se joue dans cet appel et dans votre libre réponse la réussite de votre vie. N’ayez pas peur.
Après l’homélie, les catéchumènes ont été appelés par leur nom. Chacun a alors répondu « Me voici ! », manifestant ainsi sa volonté d’entrer dans l’Eglise et de recevoir ces sacrements à Pâques.
Mgr Bozo les a salué un par un, leur remettant une écharpe violette, symbole de leur démarche de conversion, qu’ils échangeront à Pâques contre le vêtement blanc des nouveaux baptisés. Ils ont également inscrit leur nom dans le registre des catéchumènes. Ce registre a depuis été déposé dans une communauté religieuse du diocèse, où les Soeurs prieront pour les catéchumènes

Des catéchumènes de plus en plus nombreux

Depuis plusieurs années, on constate une augmentation du nombre de jeunes et d’adultes qui demandent le baptême. Face à ce défi de l’arrivée de nouveaux chrétiens, les paroisses s’organisent, avec le soutien du service diocésain du catéchuménat, pour les accueillir, les former, les préparer à recevoir le baptême, l’eucharistie et la confirmation, et pour continuer à les accompagner après ces sacrements.
Portons ces catéchumènes de notre diocèse dans nos prières tout au long du Carême, et entourons les de notre amitié !

Dans les passages bibliques qui viennent d’être proclamés, sont exposés comme en vis-à-vis, deux récits de tentations. Celle d’Adam et Eve au chapitre 3 du livre de la Genèse et celles de Jésus au désert, à l’orée de sa vie publique.

Dans toute tentation, il y a une illusion, une apparence de bien, quelque chose d’attrayant, c’est pourquoi la tentation est tentante. Ce qui faisait dire à Oscar Wilde « je résiste à tout, sauf à la tentation ». Cela ne lui a pas trop réussi.

Voyons donc Jésus, qui vient de jeûner 40 jours et 40 nuits. Ces trois tentations ont une vraie apparence de bien.

  • Manger un bon pain frais, après 40 jours de jeûne, ça ne semble pas indécent, où est le mal ? C’est à la portée de Jésus, qui multipliera d’ailleurs les pains, un peu plus tard…
  • Pour donner une preuve flagrante que Dieu existe, le voir délivrer Jésus qui se jetterait du sommet du Temple, ça ferait un miracle efficace, témoin d’un Dieu qui prend soin de nous.
  • Enfin, ce pouvoir sur tous les royaumes du monde, c’est une aubaine.  Jésus pourrait ainsi établir le règne universel de Dieu, règne de justice et de paix. Pourquoi ne pas profiter de l’occasion ?

Le diable est un illusionniste. Il laisse penser que le Messie devrait apporter une réponse rassurante, immédiate à tous nos besoins, une sorte de paradis terrestre. Jésus n’est pas un messie politique. Il ne promet pas un ordre social parfait, ni de raser gratis !

Jésus, dans ce désert où il est tenté et jusque dans la grande solitude de la Croix, sait que son Père est bon, l’aime, ne fait rien que par amour. Il fait donc toujours sa volonté, jusque sur la Croix.

Vous avez remarqué, en revanche, qu’auprès d’Adam et d’Ève, le serpent est venu ébranler leur confiance en Dieu. Il leur suggère que Dieu interdit, limite, contraint l’homme : « alors Dieu vous a vraiment dit : vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ? ».

Dieu avait dit : « tu peux manger de tous les arbres du jardin, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas, sinon tu mourras ». Dieu avait tout donné, tout sauf… la totalité.

Le rusé serpent présente l’interdit et non pas la bonté du projet divin. Alors la défiance entre dans le cœur de nos premiers parents. Ils ne sont plus absolument certains que Dieu est bon pour eux.

Toutes les tentations sont une manière de vouloir construire sa vie de façon autonome, en nous appuyant sur nous-mêmes : « vous serez comme des Dieux ». Nous refusons la dépendance de Dieu si nous ne croyons pas fondamentalement qu’il est bon, qu’il nous aime infiniment.

 

Chers catéchumènes, dans vos lettres, que j’ai lues avec attention et émotion, beaucoup manifestent que vous avez fait l’expérience, par des chemins extrêmement variés, que justement la vie sans Dieu, loin de lui, est pleine de désillusion, de tristesse, de vide.

Alors vous vous êtes laissés attirer par la douce lumière de l’évangile, par ce chemin qui n’est pas prestigieux, qui est exigeant même, mais qui est chemin de vie. Vous l’avez goûté, aperçu. Permettez-moi de citer quelques-uns d’entre vous.

J’ai découvert que croire en Jésus n’est pas seulement une idée, mais un véritable chemin de vie, qui aide à avancer, à faire des choix justes, à trouver une paix intérieure.

Le Christ est devenu central dans ma vie, Il m’a redonné la liberté et a porté sur ses épaules tout ce qui m’empêchait d’être heureuse et de m’ouvrir aux autres.

La découverte de l’Évangile, la prière et l’accueil reçu au sein de la communauté ont nourri en moi une paix nouvelle et un sentiment de confiance que je n’avais jamais connu auparavant.

En Jésus, j’ai découvert Celui qui appelle chacun par son nom, qui guérit, qui relève et qui donne un sens nouveau à l’existence humaine. Sa Résurrection est pour moi source d’Espérance et de consolation.

Je peux affirmer aujourd’hui que suivre le Christ est la plus formidable des aventures qu’il m’ait été donné de vivre.

Bientôt, vous aurez revêtu le Christ ! Vous ne serez plus nus, comme Adam et Eve après le péché. Vous ne serez plus démunis contre les combats et les tentations.

Attachez-vous fermement à Jésus. Il a vaincu le mal et le malin pour nous. Dans l’Église vous le trouverez, vous vous nourrirez de sa vie.  Cet appel décisif mérite son nom. Il se joue dans cet appel et dans votre libre réponse la réussite de votre vie. N’ayez pas peur.

Mgr Pierre-Antoine Bozo

évêque coadjuteur de La Rochelle, Homélie pour l'appel décisif - 21 février 2026

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