Marie-Eustelle Harpain : la phase diocésaine du procès est ouverte !

23 Fév 2026

Le vendredi 20 février 2026, en l’église Saint-Pallais de Saintes, Mgr Pierre-Antoine Bozo, notre évêque coadjuteur, a présidé la célébration d’ouverture de la phase d’instruction diocésaine du procès en béatification de Marie-Eustelle Harpain.

Cette jeune lingère saintaise, morte à 28 ans en 1842, a mis Jésus au coeur de sa vie : elle a invité ses contemporains, prêtres et laïcs, à rechercher la communion avec le Christ, dans la prière et l’eucharistie. Ses écrits ont été publiés en plusieurs langues, ont profondément touché les coeurs, et ont fait grandir sa réputation de sainteté de celle qu’on a appelé l’Ange de l’Eucharistie.

Avec une douzaine de prêtres, une soixantaine de chrétiens du diocèse ont pris part à cette célébration qui marque une étape importante dans la démarche de béatification.

C’est une grande joie de participer avec vous aujourd’hui à l’ouverture solennelle de la phase diocésaine de l’enquête supplétive du procès en béatification de la Servante de Dieu Marie-Eustelle Harpain, qui est une étape visible marquant l’avancée de plusieurs années de travail !

Cette enquête supplétive vient compléter la cause qui avait débuté au XIXe siècle et qui fut introduite à Rome en 1921, avant de s’endormir.

Un siècle plus tard, en 2021, le Diocèse de La Rochelle décida de relancer les travaux, obtint l’avis favorable de la Conférence des évêques de France en 2022, et celui du Saint-Siège (Dicastère des causes des saints) en 2024.

La phase diocésaine des travaux put alors débuter, en suivant la nouvelle procédure établie en 1983 par Saint Jean-Paul II.

Cette phase diocésaine se compose de trois parties distinctes :

  • Les travaux des théologiens qui examinent les écrits de la Servante de Dieu,
  • Les travaux des historiens qui collectent les documents concernant la vie, les œuvres, la sainteté et la réputation de sainteté de la Servante de Dieu jusqu’à nos jours.
  • Et enfin l’audition de témoins actuels de sa réputation de sainteté et de signes.

Les deux premières parties, les travaux des théologiens et des historiens, sont lancés depuis presque deux ans, et nous célébrons aujourd’hui solennellement l’ouverture de la troisième partie.

Selon les règles de la procédure, les témoins seront auditionnés par deux prêtres : un délégué épiscopal et un promoteur de justice, qui veilleront à l’exact respect de la procédure. Un fidèle catholique, appelé notaire, sera également présent pour mettre par écrit les témoignages recueillis. Les notaires ont aussi la responsabilité de conserver tous les actes de l’enquête.

Ces personnes sont appelées les Officiers de l’enquête. Elles vont aujourd’hui prêter serment, avec notre évêque et les postulateurs, avant de commencer leur mission.

Nous allons maintenant entendre le libelle de requête, document officiel rédigé par le postulateur pour argumenter en faveur de la reprise de la cause.

Suivront ensuite la lecture des actes de cette session d’ouverture par le chancelier et les prestations de serment.

Nous pourrons alors rendre grâce lors de la messe qui suivra.

Anne Aucher

Vice-postulatrice de la cause de béatification

Après ce mot d’accueil, le postulateur, le P. Bertrand Monnard, a lu le libelle demandant l’ouverture du procès en béatification de celle qui est désormais appelée « la servante de Dieu Marie-Eustelle Harpain » :

Libelle de demande d'ouverture de la cause de béatification

Monseigneur,

En tant que postulateur par vous nommé en date du 15 mars 2023, je vous demande de bien vouloir entreprendre la cause sur les vertus de Marie-Eustelle Harpain en vue de sa béatification, selon ce que prévoient la constitution dogmatique Divinus perfectionis Magister, du 25 Janvier 1983,
et l’Instruction Sanctorum Mater, du 17 Mai 2007.

Le diocèse est constitué acteur de la cause par décret épiscopal en date du 15 mars 2023.

La vie de Marie-Eustelle

Marie-Eustelle Harpain (1814-1842) vécut à Saintes, dans le diocèse de La Rochelle. Humble lingère et sacristine, elle a ressenti un profond amour de Jésus-Hostie, source de sa joie, en décalage avec les jeunes gens de sa génération dont la plupart cherchaient à se distraire pour oublier la période de la révolution. Elle eut une vie de prière intense, accompagnée de visions et fût enseignée par Jésus lui-même, tout en affrontant de durs combats spirituels.

Intensément attirée par Jésus mais toujours obéissante à son évêque et à ses confesseurs successifs, elle obtînt de pouvoir communier quotidiennement, chose extraordinaire à une époque où les laïcs ne communiaient qu’une à deux fois par an.

Ce choix de vie centré sur Jésus lui valut beaucoup de mépris, de calomnie et de malveillance de la part de ses contemporains, qui face à sa douceur et sa persévérance finirent par reconnaitre en elle des qualités profondes. Beaucoup vinrent chercher conseil auprès d’elle, laïcs ou religieux. Ses réponses, comme le montre sa correspondance, n’étaient que des appels pressants à rechercher la communion avec Jésus dans l’adoration et l’eucharistie.

Les faits et preuves sur lesquels s’appuyer :

Finalement convaincus de sa sainteté, ses contemporains l’ont surnommée « l’Ange de l’eucharistie ». Ses écrits témoignent d’un degré de vertus et d’humilité extraordinaire. Rassemblés et traduits en plusieurs langues, ils ont rapidement rayonné et inspiré de nombreux chrétiens dans le monde entier.

Entre autres, Saint Pierre-Julien Eymard, qui a fondé en 1856 la congrégation du Saint Sacrement, fut touché par les écrits de Marie-Eustelle et témoigna qu’il se confiait tous les jours à ses prières.

Par ailleurs, en 1857, trois jeunes filles souhaitant vivre l’appel de Marie-Eustelle à se tourner vers Jésus-Hostie, se rassemblèrent et fondèrent une congrégation à Toulouse, qui fut reconnue par Pie IX en 1876. La congrégation des Servantes de l’Eucharistie perdure encore aujourd’hui.

Les premiers travaux de la cause de béatification, arrêtés lors du conflit de 1870, furent relancés suite à une pétition de 43 prêtres de plusieurs diocèses et à des demandes insistantes et successives de religieux dont celle de l’archevêque d’Auch.

Les nombreux travaux de recherche ont démontré que cette jeune femme laïque avait la volonté de suivre les vertus évangéliques et qu’elle avait ainsi atteint un certain degré d’héroïcité. Sa cause a été introduite à Rome en 1921 par le pape Benoît XV.

Plusieurs guérisons y sont mentionnées, d’autres ont été rapportées à la paroisse depuis cette époque, et sur sa tombe, toujours fleurie, sont encore déposées des demandes d’intercession : une réputation de signes est toujours vivante aujourd’hui.

La requête

C’est pourquoi, en m’appuyant sur les travaux déjà effectués et sur leurs conclusions, je vous demande de relancer la cause de cette belle figure de sainteté laïque. Le témoignage de vie de la Servante de Dieu Marie-Eustelle Harpain contribuerait certainement à ramener nombre d’âmes à Dieu par l’eucharistie et l’adoration.

Je pense particulièrement aux générations d’adolescents désorientés par le monde actuel, à qui Marie-Eustelle peut servir d’exemple. Je pense également aux prêtres et religieux, à qui un grand nombre de ses lettres dynamisantes étaient adressées. Enfin je pense à tous les chrétiens qui pourraient nourrir leur vie intérieure et leur intimité avec Jésus, et ainsi rayonner autour d’eux.

En conclusion, Marie-Eustelle a montré et nous montre encore combien l’eucharistie et la prière, au centre de la vie chrétienne, est source de vie missionnaire !

Le P. Bernard de Lisle, chancelier du diocèse, a ensuite fait la lecture du procès verbal de cette célébration, avant que les différents officiers du procès (l’évêque, le délégué épiscopal, le promoteur de justice, le notaire et les vice-notaires, le postulateur et la vice-postulatrice) prêtent serment à l’autel « d’accomplir avec fidélité et diligence la tâche qui [leur] incombe dans l’enquête diocésaine sur la vie, les vertus et la renommée de sainteté et de signes de la Servante de Dieu Marie-Eustelle Harpain ».

Après cette célébration d’ouverture de la cause a eu lieu la messe d’action de grâce présidée par Mgr Bozo et les onze prêtres présents. Dans son homélie, notre évêque coadjuteur a commenté les lectures de ce premier vendredi de carême :

« Les textes de ce jour nous posent deux questions : faut-il jeûner, et comment faut-il jeûner ? L’Evangile répond à la première question, la lecture du livre d’Isaïe à la seconde. »

Notre évêque coadjuteur a aussi donné en exemple Marie-Eustelle, sa vie marquée par une pauvreté choisie, mais surtout son humilité et son immense amour pour le Christ, tout spécialement dans l’Eucharistie.

Mgr Bozo a également fait mention de sainte Carmen Elena, religieuse vénézuélienne morte en 1977, fille spirituelle de Marie-Eustelle, canonisée le 19 octobre dernier, et dont une relique a été déposée sur l’autel pendant la messe.

Pour conclure cette messe d’action de grâce, Mgr Bozo a remercié tous les acteurs qui se sont engagés dans cette cause de béatification, depuis déjà plusieurs années, sans oublier tous ceux qui, il y a plus d’un siècle, y avaient déjà travaillé. Il a aussi confié à la prière de l’assemblée les 110 catéchumènes qui s’apprêtaient à vivre leur appel décisif en vue de leur baptême à Pâques, ainsi que les habitants de Saintes et de l’Ouest de la France touchés par les inondations.

La célébration s’est terminée par un temps de prière autour de la tombe de la Servante de Dieu, Marie-Eustelle : il y a un siècle, en 1926, sa sépulture avait été déplacée dans cette église Saint-Pallais.

Désormais, la phase diocésaine du procès va pouvoir débuter, avec des auditions de personnes pouvant témoigner de la persistance de la réputation de sainteté et de signes de Marie-Eustelle Harpain pour, s’il plaît à Dieu, qu’elle soit un jour déclarée bienheureuse !

 

Merci à Mgr Bozo, qui a présidé cette célébration, à la paroisse de Saint-Pallais et à ceux qui ont préparé cette messe, aux membres du groupe de soutien à la cause et aux missionnaires de Marie-Eustelle, groupe qui s’est constitué depuis 4 ans pour soutenir cette cause de béatification par leur prière.

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