Homélie de Mgr Colomb du dimanche 3 octobre 2021

4 Oct 2021

27e dimanche Temps Oridinaire

Gn 2, 18-24; Ps : 127, 1-2, 3, 4-6; He 2, 9-11;  Mc 10, 2-16 (ou 10, 2-12)

La logique des pharisiens se construit sur un cadre légal (Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ?). Les disciples écartent les enfants que des gens présentent à Jésus. Comment accueillir la parole du Christ quand celle-ci, comme c’est souvent le cas, vient nous déranger, nous déplacer, vient interroger notre vie personnelle et notre façon de vivre dans la société ? L’accueillerons-nous avec l’esprit des pharisiens qui cherchent sans cesse à dénoncer, douter et faire douter ou au contraire saurons-nous ouvrir notre cœur à l’image des enfants capables d’accueillir, dans la simplicité et l’humilité, avec curiosité, ce que Dieu veut nous dire ?

La gloire et l’honneur sont le fruit de l’amour

La question du divorce posée par les pharisiens ne peut que renvoyer l’homme au mystère de ses origines. Si le récit de la Genèse n’est pas un récit historique, il n’en demeure pas moins un récit fondateur par lequel l’humanité se dit à elle-même, de générations en générations, ce qu’est sa vraie nature. Dieu créateur est déjà Dieu Père et, en introduisant la différence de genre, la différence sexuelle, il ouvre pour l’humanité le seul chemin de vérité, celui de l’amour fécond.  Cette différence sexuelle n’est pas un à côté dans l’histoire des hommes, une de ces choses anciennes, désuètes, bonnes pour nos grands-mères et qu’il serait possible de remiser au placard sans conséquences pour notre société et bien au-delà pour notre humanité. 

L’homme, aujourd’hui, comme les Hébreux au temps de Moïse, se laisse séduire par des idoles, sans cesse et toujours, différentes et renouvelées selon les modes, mais fondamentalement identiques pour contourner le côté exigeant de l’amour vrai, de la loi de Dieu, cette Loi que Jésus est venu accomplir et non pas abolir. Dans l’accomplissement de la Loi il y a ce que nous rappelle la lettre aux Hébreux : Jésus est couronné de gloire et d’honneur à cause de sa passion et de sa mort. Il y a de quoi faire sursauter les pharisiens et les docteurs de la loi. Scandale pour les Juifs, folie pour les païens, la mort de Jésus sur la croix, a fait d’un instrument de torture, au temps des occupants romains, le signe de l’amour de Dieu, le signe d’identité des chrétiens. Dieu, en Jésus crucifié puis réssuscité, se donne à connaître aux hommes d’une manière parfaite ! Il n’est pas seulement le créateur que nous présente le livre de la Genèse, il est le sauveur, Dieu d’amour.

Il nous appartient d’entrer pleinement dans le mystère divin. Dieu ne se résume pas dans une doctrine, une culture aussi belle, soit-elle, comme l’est le christianisme qui est le fruit de l’incarnation du verbe divin. Nous ne pouvons pas nous contenter de débats sur le permis et l’interdit. Nous n’adorerons jamais des valeurs, ce serait de l’idolâtrie. Nous adorons Dieu et nous avons foi en lui qui nous a envoyé son Fils, vrai Dieu et vrai homme, celui qui nous appelle ses frères, celui qui nous donne cette belle définition de la perfection : accepter de souffrir pour les hommes. Voici la source de notre salut, celle à laquelle nous revenons prendre des forces en communiant au corps du Christ. La gloire et l’honneur sont le fruit de l’amour !

La parole de Dieu libère l’homme des lois injustes

Pourquoi Jésus nous propose-t-il les enfants comme modèles et non les pharisiens tellement instruits et religieux ? Les pharisiens sont des gens bien, comme nous le sommes tous ici. Alors que leur manque-t-il et qui, peut être, nous fait défaut à nous aussi ? Sans doute tout simplement, cette capacité de se mettre à l’écoute, de recevoir une parole sans jugement et sans idées préconçues. La parole de Dieu qui crée l’homme et la femme dans leur différence nous interpelle, la parole de Jésus qui nous rappelle la force de l’union de l’homme et de la femme nous dérange. La parole du pape nous dérange quand elle appelle au respect de la création, de la vie humaine et à la fraternité parce que les lois d’une société individualiste, d’une culture de mort, sont devenues la norme législative pour tout citoyen qui n’est pas libéré par l’évangile. Ce serait tellement confortable si nous pouvions seulement entendre des choses qui nous font plaisir ! Nous pouvons, comme les pharisiens, discuter, débattre sans fin, argumenter. Cela ne changera pas deux choses : la vérité de la Parole de Dieu et de la miséricorde du Père. Alors il nous faut humblement, chaque jour de notre vie, recevoir dans la confiance cette parole qui nous dépasse, qui peut être nous trouble et nous dérange, pour la laisser cheminer en nous, la laisser grandir, sans l’étouffer. Ignorer la parole de Dieu, disait Saint Jerôme que nous avons fêté hier, c’est ignorer le Christ !

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