Homélie donnée par Mgr Colomb pour le 33e dimanche du T.O

19 Nov 2017

Homélie donnée par Mgr Colomb pour le 33e dimanche du TO, 19 novembre 2017.

 

LA PLACE ÉMINENTE DE LA FEMME ET DE LA FAMILLE : TÉMOIGNAGE ÉVANGÉLIQUE !

Qui peut être cette « femme parfaite », celle qu’un homme doit épouser pour être heureux ? Cette femme qui fera le bonheur de son mari est travailleuse et fidèle. On peut compter sur elle. Elle  veille à la bonne marche de sa maison et tend la main aux pauvres. Cette femme fonde sa vie sur de vraies valeurs. star, ni femme d’affaires, elle « mérite la louange » et « est précieuse plus que les perles ». Des femmes comme elle…nous en connaissons tous ! Ce sont nos mères, nos épouses, nos sœurs, nos compagnes, nos filles, celles qui veillent discrètement au bonheur dans l’ordinaire des jours.
La femme créée,  comme l’homme à l’image de Dieu œuvre en ce monde avec et au côté de l’homme. Co créatrice, co responsable, elle est un pilier indispensable à l’accomplissement du projet de Dieu sur le monde.  Elle est le vis-à-vis de l’homme, celle avec laquelle il peut entrer dans un dialogue fécond.
Mais le doute et le soupçon sont advenus en ce  monde et là, au cœur du couple homme/femme, séduction et domination peuvent prendre le pas sur le respect et la confiance. Il appartient aujourd’hui aux femmes chrétiennes de trouver leur place juste dans la société actuelle tout en revenant à l’essentiel : placer  leur vie sous le regard de Dieu.
On ne demande pas à la femme parfaite d’être une maîtresse de maison accomplie ou une mère irréprochable, ni un premier prix de beauté car « le charme est trompeur et la beauté s’évanouit »,  on lui demande de craindre le Seigneur, c’est-à-dire de l’aimer et de respecter ses commandements.  Alors : » aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange ! »
« Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! » C’est encore de bonheur dont il est question dans la psaume.  Accomplir ses devoirs à l’égard de Dieu et de son prochain, ne pas oublier la dimension religieuse de nos vies, voilà ce qui nous ouvre à l’amour de Dieu qui inonde nos familles, nos cités, notre monde, car Dieu a  créé l’homme pour le bonheur.  Le chemin de ce bonheur pour beaucoup passe par l’expérience de l’amour donné et reçu dans le mariage, par la joie de la fécondité du couple : « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse,et tes fils, autour de la table,comme des plants d’olivier. »
Alors que nos sociétés font la promotion de l’individualisme, que la vie conjugale repose sur un échange de consentements qui peut très facilement être annulé, prenons conscience de la beauté de la fidélité dans le mariage, sachons, sans s’instituer en donneurs de leçons, mais par le simple témoignage, montrer l’œuvre de Dieu dans et par nos familles, dans et par notre Eglise.

SOYONS VIGILANTS ET RESTONS SOBRES !

Les Thessaloniciens comme la majorité des premiers chrétiens attendaient avec impatience le « jour du Seigneur »,  c’est-à-dire sa manifestation visible et définitive en ce monde. Personne ne connaît ni le jour ni l’heure de cette venue : « Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. » Dieu seul est maître du temps ». Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. »  (Mt 24, 36). Les jours de l’homme sont comptés mais pour Dieu « un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour » , rappelait Pierre (2 Pi 3,8).
Nous vivons le temps de la conversion, de la foi  qui espère sans voir, dans la confiance et dans l’humilité, le temps du témoignage aussi, le temps nécessaire à l’annonce de l’Evangile. Ne nous soucions pas du reste. Notre prière fervente, notre confiance dans l’accomplissement des promesses hâtent la venue du Seigneur. Ce qui importe avant tout, avant de prétendre connaître le jour et l’heure,  c’est de préparer dans la joie la venue du Seigneur. Nos communautés, à l’exemple de celle de Thessalonique doivent devenir toujours davantage des lieux où règnent paix, amour et confiance, des lieux où se vivent la fraternité et la miséricorde. En cette journée que le Pape François a voulu journée mondiale des Pauvres, nous pouvons être particulièrement attentifs à la fraternité tout en sachant que la fraternité n’est pas l’affaire d’une journée, mais un programme de vie quotidienne. Nous devons aussi être assidus à la prière et savoir accueillir les hommes et les femmes de notre temps qui veulent s’abreuver à la source de la Vie et se nourrir de la Parole. Nous témoignons d’un art de vivre en chrétien qui associe sobriété et bonheur responsable, bonheur solidaire. Soyons conscients de la beauté de cette mission.

LA MOISSON EST ABONDANTE : DIEU NOUS CONFIE NOS FRÈRES ET SŒURS !

L’histoire de l’Alliance entre Dieu et les hommes est une histoire d’amour et de confiance. L’édification du Royaume ne se fera pas sans nous. Dieu nous confie le monde, à chacun selon ses capacités : « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. » Le « talent » est une ancienne monnaie romaine, de grande valeur. Au fil du temps cette monnaie est devenue symbole des dons que nous possédons tous, naturellement pourrait-on dire,  et,  au-delà des grâces de notre baptême.
Qui ne s’est pas émerveillé devant les capacités d’un enfant qui peint, joue de la musique, prend soin des fleurs du jardin, est attentif aux plus jeunes et aux aînés ….? Ce sont là des qualités « naturelles » , pourrait-on dire, transmises au sein de la famille.
Par la grâce de notre baptême nous avons reçu d’autres dons: celui de l’intelligence de la Parole de Dieu, ceux donnés aussi dans les sacrements. Ces dons sont comme les arrhes du Royaume de Dieu, qui vient. Par eux, c’est le Christ lui-même qui se donne, qui manifeste sa présence d’amour vivifiante au milieu de nous et en nous. C’est le Christ lui-même qui nous a confié ces talents avant de partir et il nous appartient de les faire fructifier. Ces talents, chacun les a reçus selon ses capacités : soyons rassurés, il ne nous sera pas demandé plus que nous ne pouvons donner, mais ce que nous pouvons donner ne doit pas être retenu jalousement. N’ayons pas peur. Il nous est demandé d’entrer dans le projet de Dieu sur nos vies, il ne nous est pas demandé de tenir des comptes d’apothicaires !
La parabole de ce jour nous présente ce qu’est l’attitude intérieure, juste du disciple. Serviteur bon et fidèle, il entrera dans la joie de son Seigneur si, sans crainte, il  a fait fructifier les talents reçus. Et nous, comment faisons-nous fructifier les talents reçus ? Posons-nous quelques questions :
– nous avons reçu la grâce de connaître Jésus-Christ, d’être entrés par le baptême dans la grande famille des chrétiens, comment faisons-nous fructifier ce don immense ?
– savons-nous, avec les moyens qui sont les nôtres et à notre place, être missionnaires dans nos familles, nos quartiers, sur nos lieux de travail…?
– à cette maman qui n’a pas le temps d’emmener ses enfants au catéchisme, ais-je proposé mon aide ? Avons-nous accueilli ce jeune couple qui s’interroge sur le mariage pour lui montrer la joie de notre vie ?
– suis-je disposé à donner quelques heures pour tenir la main de cette personne en fin de vie pour lui donner un peu d’affection, lui murmurer ce qui fait mon espérance et qui donne sens à ma vie ?
– à ce jeune homme qui s’interroge sur son avenir, ai-je parlé de la beauté de la vie de prêtre ?
– nous croisons chaque jour des personnes qui attendent de voir rayonner sur nos visages quelque chose de la beauté de Dieu. Elles attendent aussi de goûter quelque chose de la miséricorde de Dieu par l’œuvre de nos mains, alors ne soyons pas timorés !
Il est confortable de penser que la bienséance ou les lois de la laïcité nous contraignent à la discrétion. N’abusons pas de cet argument pour justifier notre mutisme, notre inaction, car nos contemporains cherchent le sens profond de leur vie, cherchent Dieu ! En ensevelissant les dons reçus nous  mettons un frein à la progression du Royaume de Dieu en ce monde. Rien de moins. Sacrée responsabilité !
Partageons largement notre Espérance et notre joie afin qu’elles se multiplient. Nous sommes responsables de ce trésor fait pour être partagé avec générosité. Soyons audacieux, imaginatifs, créatifs au service de l’annonce de l’Évangile ! Prenons des risques pour annoncer Jésus-Christ, notre trésor, notre talent.
+ Georges Colomb

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