Homélie donnée par Mgr Colomb dimanche 1er octobre 2017 – 26ème dimanche du T.O.

1 Oct 2017

Homélie donnée par Mgr Colomb dimanche 1er octobre 2017 – 26ème dimanche du T.O.

Dieu nous prépare un avenir !

La conduite du Seigneur est étrange ». Autrement dit « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter une telle punition ? ». On est convaincu à l’époque qu’il y a un lien entre notre comportement bon ou mauvais et les évènements de notre vie, d’où le dicton en Ezéchiel 18,2 « Les pères ont mangé du raisin vert et les dents des fils en sont agacées ».…
Ezéchiel était avec les habitants de Jérusalem déporté à Babylone par Nabuchodonosor. La tentation est donc grande de se révolter contre Dieu !…
Que nous dit le prophète Ezéchiel ?
1° Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sera sauvé », autrement dit, personne n’est jamais puni pour la faute des autres
2° Un avenir est toujours possible ; dans ce chapitre 18, Ezéchiel revient plusieurs fois sur ce thème. « L’avenir est à Dieu », disait le prince de Talleyrand à Napoléon, il ne croyait pas si bien dire ! L’avenir est à Dieu parce que Dieu pardonne, il permet un avenir, il libère l’homme des chaînes du temps présent ! Ceux qui ne pardonnent pas sont sans avenir et il en est de même pour ceux qui n’éprouvent pas le besoin de demander le pardon de Dieu ou de leurs frères parce qu’ils sont pleins de suffisance. C’est le cas des grands prêtres et des Anciens dont nous parle l’évangile de ce jour…
3° Nous reconnaissons les prophètes aux leçons positives qu’ils nous donnent.
Le Psaume renchérit : « Enseigne-moi tes voies », c’est-à-dire un avenir est toujours possible. Le Seigneur montre le chemin aux pécheurs, aux humbles ; c’est l’humilité qui nous est demandée. Le mot humble traduit le mot hébreu « anavim »…. Le thème du chemin est typique des psaumes pénitentiels, se convertir, c’est prendre un autre chemin…. Nous découvrons également à la lecture de ce psaume un aspect de la pensée juive : l’imbrication du « je » et du « nous », la solidarité entre tous les membres d’une communauté dans le temps (Abraham et ses descendants, grâce à l’Alliance). Aujourd’hui, l’accent dans notre société est mis sur l’individu, les droits individuels au détriment de la communauté. C’est une des réussites de la pensée biblique que d’avoir su donner sa place à l’individu sans nier la communauté. Quelle place donnons-nous aux personnes, à la communauté Eglise ? En ce jour où votre nouveau curé est installé, c’est une bonne question qu’il faut se poser…Ce psaume, c’est aussi une série de variations sur le thème du souvenir et de l’oubli. « Rappelle-toi Seigneur ta tendresse », « oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ». Nous découvrons que Dieu est déjà perçu comme un père. L’homme lui demande de faire le tri, de se rappeler de sa tendresse et d’oublier les péchés. Le pardon permet de vivre aujourd’hui et demain….

Une condition : vivre dans le Christ :

Philippiens 2,1-11 : Paul nous dit comment on vit dans le Christ. Cette expression a une signification très forte. Depuis notre baptême, nous avons une nouvelle identité. Nous sommes chrétiens. C’est cette foi partagée qui nous permet de surmonter toutes nos diversités. C’est un sentiment de commune appartenance comme celui que nous retrouvons dans une famille, d’où ces dispositions énumérées par Paul : réconfort, amour, communion, tendresse, pitié. Nous retrouvons la formule de la 2ème lettre aux Corinthiens qui est aussi la formule liturgique du début de l’eucharistie : « la grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père, la communion de l’esprit saint ». Ce mystère d’amour, nous y avons été plongés au jour de notre baptême, il reste à le vivre au quotidien. Paul nous y invite « pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions d’amour… » Il va très loin « Estimez les autres supérieurs à vous-même » avec un à priori  admiratif qui consiste à regarder l’autre, ce qu’il est, non ce qu’il a… !
La seule chose qui compte, c’est la mission de chacun et de la communauté tout entière. Dimanche dernier nous entendions Paul dire aux Philippiens : « Menez une vie digne de l’évangile », aujourd’hui il nous dit « Menez une vie digne de votre baptême, de votre vocation de chrétien ; Ce texte dit bien que le royaume de Dieu est déjà là « dans le Christ » et qu’il nous reste à y collaborer par toute notre vie quotidienne.

Travailler à la vigne du Seigneur, c’est produire des fruits de justice :

En quoi les prêtres et les pharisiens ont-ils besoin de conversion ? Matthieu 21, au début nous donne la réponse. Jésus entre à Jérusalem, il est accueilli par les petites gens, il ne l’est pas par les prêtres et les anciens qui chercheront à le faire périr, à le prendre en défaut. Ils n’ont pas cru à la parole de Jean-Baptiste qui leur a parlé franchement « Engeance de vipères.. »…. Pourquoi n’ont-ils pas cru ? En raison de leur suffisance. Jésus insiste sur le mot croire et sur leur suffisance « même après avoir écouté Jean-Baptiste et l’avoir vu vivre selon la justice, même après avoir vu la conversion des pécheurs, vous n’avez pas voulu croire ». Et nous ? nous avons eu Mère Térésa, Saint-Maximilien Kolbe, les martyrs des pontons de Rochefort…Pourquoi ne croyons-nous pas ?
Si Jésus propose une parabole  à ses interlocuteurs, c’est pour les amener à ouvrir leurs yeux. Nous sommes à la veille de la passion. Il y a urgence, mais l’urgence de la conversion et celle de la mission n’est-elle pas la caractéristique de notre vie de disciple missionnaire ? Nous sommes en permanence en situation d’urgence ! Dans la parabole des deux fils, Jésus remet en cause l’attitude religieuse des grands prêtres et des anciens. Il veut qu’ils entendent cette question : « Etes-vous sûrs d’être allés travailler à ma vigne ? ». Ce que mon père attend, ce sont des fruits de justice.
Soyons, conscients, chers frères et sœurs, que Dieu nous prépare un avenir, à chacun d’entre nous, personnellement et aussi pour notre communauté. Vous allez pour cela avec votre nouveau curé, vivre dans le Christ, c’est une grande grâce, une source de paix et de bonheur. Vous pouvez de temps en temps faire un test pour vérifier si vous êtes sur le bon chemin. Demandez-vous : « Est-ce que je produis des fruits de justice ? ». C’est le vœu que je formule pour chacun d’entre vous et pour la communauté paroissiale : soyez des hommes justes, des hommes libres. Ne soyez pas soumis à l’opinion dominante, à la dictature de l’idéologie. Vivre dans le Christ et vous serez des hommes en paix, des hommes heureux !
+ Georges Colomb

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