Homélie de Mgr Colomb – 29ème dimanche ordinaire

17 Oct 2021

Is 53, 10-11; Ps : 32, 4-5, 18-19, 20.22; He 4, 14-16; Mc 10, 35-45 (ou 42-45)

Notre Dieu se fait proche au point de nous demander humblement  » Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Jésus n’est pas venu pour être servi mais pour servir et il est l’unique grand prêtre capable de nous faire entrer dans l’amitié de Dieu, dans sa miséricorde et son amour. Prenons garde à ce que nous demandons ! inspirons-nous du témoignage des premiers disciples rapporté par les Actes des apôtres pendant la semaine missionnaire qui débute aujourd’hui et dont le thème est « Il nous est impossible de nous taire ». Ne soyons pas des complices du mal par notre silence. Malheur à nous si, par nos paroles ou par nos actes, nous n’annonçons pas l’évangile !

L’ambition des apôtres…et la nôtre

Il y a quelque chose de légitime dans la demande de Jacques et de Jean. Ils suivent Jésus depuis les premiers jours, ils font partie de son cercle rapproché, dirait-on aujourd’hui et nous qui sommes à la veille d’une élection présidentielle nous pouvons bien entendre ce qu’il y a d’humain dans l’ambition des plus proches collaborateurs du chef, être premier ministre ou titulaire d’un ministère régalien… Pourtant quelque chose aurait dû alerter Jacques et Jean qui pensent si bien connaître Jésus. Sa venue a bouleversé les rapports humains. Les premiers seront les derniers et lui le Fils de Dieu sera le serviteur de tous jusqu’à la mort sur la croix. Mais cela nous avons du mal, avec les disciples, à l’entendre, le comprendre, l’accepter. Notre monde met en avant les gagnants, les forts. Parmi eux, nombreux sont ceux qui méritent notre estime quand ce n’est pas notre reconnaissance. Songeons à ces chercheurs (prix Nobel) qui font avancer la science, à ces athlètes qui mettent entre parenthèse leur vie pendant des années pour remporter une médaille ou pulvériser un record. Songeons à nous aussi, au mérite que nous avons dans notre travail, notre vie de famille. Oui, tout ceci mérite d’être reconnu et récompensé, mais la récompense nous est donnée par Dieu. Cherchez Dieu et vous trouverez la paix, nous dit Saint-Augustin. Nous sommes invités à entrer dans une autre logique que celle des récompenses mondaines en purifiant nos ambitions.

Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir

En mettant ses disciples une nouvelle fois devant le mystère de la croix, Jésus les aide à purifier leurs ambitions. Avant de regarder Pâques et l’Ascension il nous faut trouver en nous la force et la grâce de pouvoir regarder la croix et de la porter. Notre ambition pour être bonne doit être purifiée de l’égoïsme, de l’orgueil, de la soif de pouvoir et de reconnaissance car tout ceci peut conduire à des dérives. L’Eglise aujourd’hui fait la douloureuse expérience de ce que l’aveuglement, la perversion, le manque de courage de quelques-uns, le mauvais exercice de l’autorité ont pu produire de dégâts. Pourtant Jésus ne cesse de nous montrer l’exemple d’un pouvoir vrai dénué de narcissisme, de toute puissance et de violence. Jésus est venu nous apporter la vraie libération, celle de tous nos esclavages, en nous faisant entrer dans une logique d’amour du prochain, de service, de don de soi. Cette autorité, c’est celle du lavement des pieds à la veille de la passion, et par-dessus tout celle du don de l’Eucharistie. En ce mois d’octobre où nous avons fêté Saint François d’Assise faisons notre sa prière : « O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.”

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