Nous avons un combat à mener pour grandir dans la foi

20 Juin 2021

La vie sur cette terre n’est pas un long fleuve tranquille ! Nous traversons des orages, parfois des tempêtes, les crises semblent ne jamais devoir cesser : crise sanitaire, crise économique, crises politiques, conflits, crise anthropologique, crises dans nos familles frappées par le chômage, par la désunion, crises aussi dans l’Eglise. Homélie de Mgr Colomb du 20 juin 2021.

Que fait Dieu ? Que fait le Christ ? Dort-il pendant que nous périssons sous le poids de l’épreuve ? Et si chacune de nos crises était un temps propice à entrer dans la confiance ? Nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? Qui de nous ne s’est posé cette question avec angoisse : cela ne fait-il rien à Dieu que tout aille si mal ? Dieu silencieux serait-il donc indifférent au sort de Job, au sort des disciples, à notre sort et à celui de l’Eglise ? Et si tout ceci n’était finalement qu’une question de foi ? Dieu est-il silencieux ou bien sommes-nous sourds et muets ?

Etre disciple du Christ c’est marcher à sa suite. Jésus ne nous a pas caché les épreuves qui nous attendent, ce sont les défis normaux d’une vie de baptisé qui n’est pas indifférent au monde dans lequel il vit ! Il nous a dit qu’il y aura les croix à porter, les déserts à traverser, les tentations et les nuits du doute. Il a traversé toutes ces épreuves avant nous, il nous a précédés jusqu’à vivre la terrible nuit de l’agonie la veille de sa passion afin que nous ne soyons jamais totalement seuls dans l’épreuve.

Comme l’écrit saint Paul, « l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous » et si nous sommes dans le Christ, nous sommes des créatures nouvelles ! C’est à nous que Jésus s’adresse aujourd’hui, à notre Eglise : Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » La foi, voilà la grande affaire, et chaque jour nous devons prier Dieu « Seigneur je crois, mais augmente encore ma foi ! ».

La foi nous l’enseigne, le Christ vaincra, le Royaume s’édifie secrètement comme le blé tombé en terre, comme le levain dans la pâte. Le dernier mot n’appartiendra ni au mal, ni au mensonge, ni à la division, ni à la mort – le dernier mot c’est le Christ lui-même qui viendra dans sa gloire. Alors « toute malédiction aura disparu. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu lui rendront un culte ; ils verront sa face, et son nom sera sur leur front. La nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles. » (Ap 22,3-5).

Hommes nouveaux, passons sur l’autre rive

Créatures nouvelles parce que nous sommes chrétiens, notre regard sur nos frères ne peut être le même que celui de ceux qui n’ont pas encore rencontré le Christ ! Hommes nouveaux, prenons le chemin de la vie nouvelle, passons sur l’autre rive, passons de l’incrédulité à la foi et à la confiance. Jésus prenant la barque veut se diriger vers les nations païennes pour leur révéler le vrai visage de Dieu. Et bien sûr, le vent se déchaîne et la tempête menace d’engloutir la barque de Pierre, cette barque si fragile !

L’Eglise aujourd’hui, chacun de nous dans sa mission de baptisé, de prêtre, de diacre, d’évêque, est confronté à l’épreuve de l’indifférence quand ce n’est pas à celle de l’hostilité ouverte. L’Eglise, à l’image de la barque, est bien fragile dans le grand océan de la sécularisation, du matérialisme et du relativisme. Cet océan peut atteindre les rives de nos familles, nous mêmes. A quoi bon croire puisque Dieu semble dormir au fond de la barque ? N’a-t-il pas lui-même déserté son Eglise et ce monde ?

Nous sommes entrés dans une acédie égoïste, nous dit le pape François (Evangelii Gaudium n°80). Ce vieux mot d’acédie, cher aux moines, qui désigne la maladie spirituelle qui se manifeste par l’ennui, le dégoût et le découragement, caractérise bien notre temps. Et pourtant, notre Dieu, celui de la promesse, est présent. Cette promesse c’est l’assurance que le Tout puissant en amour n’abandonne ni ce monde, ni les hommes, ni l’Eglise. Simplement, ici-bas, nous avons un combat à mener pour grandir dans la foi.

Alors pas de panique ! Dieu veille même quand nous croyons qu’il dort. Le témoignage que nous pouvons offrir à notre temps c’est cela : être capables de demeurer dans la confiance, car Jésus est bien Dieu venu en notre chair pour nous conduire au royaume. Avec le psalmiste, rendons grâce au Seigneur, nous qui voyons ses œuvres !

+ Georges Colomb,
Evêque de La Rochelle et Saintes

Lectures du 12e dimanche du temps ordinaire : Jb 38, 1.8-11; Ps : 106 (107), 21a.22a.24, 25-26a.27b, 28-29, 30-31; 2 Co 5, 14-17; Mc 4, 35-41

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