C’est avec tristesse que nous avons appris aujourd’hui le décès brutal d’Annie Wellens, suite à une chute survenue chez elle avant-hier.
Annie était très présente dans la vie du diocèse depuis de très nombreuses années, à travers sa librairie du Puits de Jacob, son engagement dans l’œcuménisme ou son association Caritas Patrum, fondée avec le Père Pascal Delage. Elle était également très investie à la maison de la Parole Jean-Baptiste Souzy, et au sein de l’AJCF (Amitié Judéo-Chrétienne de France).
Les obsèques seront célébrées le vendredi 18 juillet à 10h, église Notre-Dame de l’Assomption à Marans.
En ce mercredi 11 juillet, Annie Wellens vient de nous quitter, délaissant ce puits de Jacob où si souvent elle nous avait donné rendez-vous pour y puiser le vin des Ecritures, pour le servir généreusement, joyeusement à ses amis et à son Eglise, et bien d’autres vins dont elle aimait rappeler avec gourmandise et érudition la généalogie complexe et le terroir ensoleillé.
Fille du marais poitevin, c’est à la Rochelle qu’Annie ouvrit au début des années 80 avec son époux, le poète Serge Wellens, une précieuse libraire religieuse où il faisait bon faire escale et où Annie partageait largement sa passion pour la Parole et la lecture des Pères de l’Eglise avec profondeur et humour.
Ce sens de la Parole de Dieu, enraciné dans la tradition ignatienne l’avait conduite à écrire plusieurs ouvrages de vie spirituelle, alliant l’expérience biblique et l’art du discernement (« Le vin des Ecritures », « Qui a peur de la Bible ? », « L’ordinaire des jours »…) sans oublier ce magnifique texte dédié à son époux Serge disparu en 2010, « Genèse de ton absence ». Son amour des Pères de l’Eglise et des auteurs sacré du Moyen-âge (Erasme !) présida à la création de l’association CaritasPatrum au début des années 2000 et la mise en place de colloque de patristique à La Rochelle.
Mais Annie était d’abord cette croyante convaincue, à la foi éclairée, questionnante, en quête de vérité et d’ouverture, animant haltes spirituelles et cercles de chercheurs comme ces « dispersés de l’Aunis » dont elle était si fière. Présente dans la vie de sa paroisse, elle a aussi beaucoup œuvré dans le champs de la mission diocésaine, et pas seulement par le rayonnement du Puits de Jacob. Participant à bien des projets diocésains, elle fut un temps également responsable du service diocésain de l’œcuménisme. Familière des chenaux, Annie n’avait pas son pareil pour dresser des ponts, mettre en relation, conduire vers d’autres rives, donner accès à d’autres paysages intérieurs, ne gardant pas pour elle-même amis et connaissance mais les rassemblant autour d’une même table que ce soit à Marans ou au Centre Souzy.
Et nous rendons grâce pour tous ceux et toutes celles qu’elle eut l’art de réunir un moment auprès de son puits de Jacob, les invitant à forer leur propre quête ; pour tous ceux et de toutes celles qui ont cru plus fort » à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage » (Jn 4, 39).
Annie Wellens, comme un sourcier des sources vives, s’en est allée vers le banquet où sont versés libéralement le vin des Ecritures et la joie irrépressible de Pâques.
P.Pascal Delage
Cofondateur de Caritas Patrum, avec Annie Wellens



