Vœux de Mgr Georges Colomb pour la nouvelle année

Publié le 1 janvier 2020

Avec la  santé et la réussite, je vous souhaite pour 2020 la paix au cœur, la persévérance dans l’adversité, la lucidité dans vos décisions!

Que la lecture et la médiation de la Parole de Dieu, la pratique des sacrements, le service de nos frères fassent de nous des messagers joyeux de la Bonne Nouvelle!
Que nous soyons des témoins de notre Dieu qui s’est fait homme, que
nous soyons des missionnaires engagés pour porter l’espérance!

Que le Seigneur vous bénisse vous et vos familles!

+ Georges Colomb
Évêque de La Rochelle et Saintes


Dans son éditorial paru dans le bulletin diocésain Eglise en Mission du mois de décembre 2019, Mgr Colomb dressait un bilan de l’année 2019 et invitait les croyants à se tourner un peu plus chaque jour vers Dieu en qui se fondent notre espérance et nos actions :

“Chers amis,

La joie et la paix de Noël envahissent nos cœurs. Nous pensons à ce temps béni que nous vivons chaque année, temps où en Eglise nous célébrons la naissance de notre Sauveur, temps de retrouvailles familiales, temps de pause dans le tourbillon des activités, ceci pour les plus chanceux parmi nous.

Notre cœur de chrétien est aussi tourné vers ceux que les circonstances de la vie éloignent de leur famille, de leur pays ou bien de ceux dont la situation est précaire au plan économique. Nous manifestons notre solidarité envers eux d’une matière ou d’une autre.

 Noël nous rapproche de l’année nouvelle et c’est l’occasion pour chacun d’entre nous de se poser, de penser à ce que nous avons vécu au cours de cette année 2019, de rendre grâce pour les bons moments, les bonnes choses, les avancées, de nous interroger pour comprendre ce qui n’a pas marché comme nous l’aurions souhaité, de poser notre regard sur le temps qui passe et les changements du monde que nous percevons, les défis qui en résultent pour nous en tant que citoyens de notre pays, en tant que chrétiens.

Au plan de la vie ecclésiale, nous avons de multiples raisons de rendre grâce. La grande majorité de nos paroisses est dotée d’équipes pastorales, de conseils pastoraux, qui participent à la mission de l’Eglise, qui conseillent les pasteurs, qui se renouvellent.

L’année 2019 nous a permis de vivre l’ordination de trois prêtres, trois diacres en vue du sacerdoce pour notre diocèse, trois diacres permanents. Notre-Dame de Recouvrance fut vénérée avec ferveur à Pons dans le cadre d’une journée de prière pour les vocations. Le rassemblement d’un millier de fidèles pour la fête de Pentecôte fut un temps fort de communion diocésaine et la vitalité des communautés paroissiales se manifeste par de nombreux projets de rénovation de bâtiments, d’accueil de communautés religieuses ou de laïcs consacrés, de lancement de projets d’évangélisation.

La journée de rentrée des acteurs pastoraux à Sablonceaux a inauguré la première d’une série de conférences qui nous préparent à entrer dans une année (2020/2021) au cours de laquelle nous nous retrouverons en assemblées synodales par doyenné. Cette journée a été aussi l’occasion de remettre leur lettre de mission aux nouveaux animateurs pastoraux et de rendre grâce pour l’engagement de ces derniers au service de la vie de l’Eglise. Nous avons eu la joie d’accueillir les missionnaires Fidei Donum envoyés par leurs évêques dans notre diocèse et les prêtres appartenant à divers instituts.

A l’exemple du pape François, nous sommes invités à mettre le Seigneur au cœur de nos vies. « Christus Vivit », il est vivant le Christ. Il nous appartient non seulement de le rappeler, mais de le proclamer par notre vie personnelle.

Il nous est demandé d’être particulièrement attentifs à la place des jeunes dans la mission de l’Eglise. Le mois missionnaire voulu en octobre par le Pape François pour célébrer le centenaire de l’encyclique Maximum Illud fut l’occasion de temps de prière et de conférences dans le diocèse. A Saintes, la projection du film “le samaritain de Shanghai” (上海的撒瑪利亞人), en présence de Sébastien Cassen, réalisateur du film, distingué par l’académie de Saintonge, et de Florent Coulon, rassembla 450 personnes et fut suivie d’un échange avec les producteurs du film qui permit de connaître la vie de ce grand missionnaire jésuite, né à Saintes en 1878, le père Robert Jacquinot de Besanges, qui sauva 500 000 personnes à Shanghai pendant les inondations et l’occupation japonaise grâce à la première zone neutre de réfugiés de l’histoire, dite zone Jacquinot. Le père Jacquinot est un exemple à suivre, un précurseur dans le domaine de la protection des populations civiles et bien d’autres !

Ma quatrième visite pastorale à Saint-Pierre et Miquelon en novembre m’a permis de retrouver la communauté chrétienne rajeunie par l’arrivée du Père Rony Jean, missionnaire Fidei Donum, envoyé par l’évêque de Jérémie en Haïti. Le Père Thébaut, vicaire épiscopal et curé des deux paroisses de l’archipel n’est plus seul sur place. Des projets d’échange voient le jour entre jeunes des écoles catholiques des deux côté de l’Atlantique qui font désormais un seul diocèse.

La bénédiction, en ce mois de décembre, de la maison diocésaine rénovée est  l’aboutissement de deux années de préparation, de travail. Aujourd’hui, cette maison permet de vivre ensemble, étudiants et prêtres aînés, salariés et bénévoles, au service de la mission. Le cloître qui a retrouvé la beauté qui fut la sienne lorsque les carmélites étaient présentes est une invitation à la prière. Les différentes salles de réunion, notamment celle du deuxième étage permettent d’accueillir tous ceux qui annoncent l’Evangile dans le diocèse et de nombreuses autres personnes.

L’assemblée des évêques de France au début du mois de novembre fut un temps fort de la vie de notre Eglise. Parmi les différents sujets qui ont fait l’objet d’une réflexion, la question du développement intégral, celle de la protection de la maison commune, pour reprendre l’expression du pape François, a pris une place primordiale grâce à l’intervention de nombreux spécialistes et à la présence de deux chrétiens accompagnant chaque évêque. Ce fut une manière d’actualiser l’enseignement contenu dans l’encyclique « Laudato Si » et de proclamer haut et fort l’engagement de l’Eglise pour la protection de la création, de prendre conscience du péché écologique, de mesurer la gravité de la situation et l’urgence de l’action dans l’espérance que notre foi en Dieu créateur place en chacun d’entre nous. Nous avons tous à prendre des initiatives petites ou grandes pour apporter notre pierre à cette œuvre de protection de la nature qui exprime la solidarité humaine entre tous les habitants de la planète.

Au plan de la vie nationale, l’année a été marquée par les manifestations des gilets jaunes qui expriment des revendications touchant à la fiscalité, l’emploi, la “crise territoriale”…Ces événements nous montrent la fragilité de notre démocratie parlementaire et présidentielle. Malgré des institutions qui ont fait leur preuve, nous assistons à une remise en cause de l’autorité de l’Etat qui a pris parfois des formes violentes. Nous constatons que la démocratie représentative est remise en question par certains. Quelle conclusion faut-il en tirer ? Le parlement, le lieu où s’exprime la souveraineté nationale qui appartient au peuple est-il suffisamment représentatif ? Faut-il changer le mode de scrutin de l’élection de nos députés et sénateurs, de notre président ? Les citoyens vont-ils dans la rue parce qu’ils ne se reconnaissent plus dans les élus qu’ils ont eux-mêmes choisis ? Tout ceci nous montre que l’organisation de la vie publique est une œuvre de longue haleine dans notre pays ! La monarchie pendant des siècles, le directoire, le consulat, l’empire, la restauration, le second empire, cinq républiques se sont succédés… Les Français seraient-ils particulièrement friands des changements de régime et allergiques aux projets de réformes qui provoquent toutes sortes de manifestations de mécontentement ? Sommes-nous un rassemblement d’individus avec des réflexes corporatifs et conservateurs cachés dans un catalogue de revendications ? Sommes-nous un peuple sans projet commun, oublieux de son histoire nationale ou bien sommes-nous une nation, un peuple soucieux du bien commun ?

Sur la scène internationale, l’année a été marquée par la crise européenne. L’action politique de l’union européenne s’affaiblit de plus en plus. L’ambition de construction européenne qui a été celle de plusieurs générations depuis la fin de la deuxième guerre mondiale s’est essoufflée. L’Europe est un marché, elle ne semble plus vouloir exister en tant que communauté politique. Sur la scène internationale, son action semble limitée. Nous le voyons au Moyen-Orient ; la crise en Syrie est devenue l’affaire des Etats-Unis, de la Russie, de la Turquie et de l’Iran. La France, malgré sa responsabilité historique au Liban et en Syrie est absente. Les nations sont-elles plus sages qu’elles ne l’étaient il y a soixante-dix ans ? Le nombre de morts en Syrie, la violence en Irak, la persécution de nos frères chrétiens dans plusieurs pays du monde nous montrent le climat d’insécurité qui règne dans le monde et qui se manifeste aussi dans notre pays où l’autorité de l’Etat est contestée, voire inexistante dans certains territoires.

Nous pouvons tout de même considérer que nos débats sont des débats de riches. Des peuples, des nations ne connaissent pas la démocratie et vivent sous des régimes autoritaires ou totalitaires. La pauvreté, la malnutrition, la famine sont encore présentes dans le monde. La démographie nous interroge : la population de l’Afrique devrait doubler dans les quarante années qui approchent. Nous, Français, Européens, sommes globalement des privilégiés. Certes, il y a toujours des choses à améliorer, mais notre sort est envié dans de nombreux pays !

Quels vœux échanger pour 2020 en plus des souhaits traditionnels de bonne santé et de réussite ?

Je vous souhaite, chers amis, la paix du cœur, la persévérance dans l’adversité, la lucidité et l’esprit de discernement pour les décisions plus ou moins importantes que vous aurez à prendre et que le Seigneur vous bénisse vous et vos familles !

Qu’ensemble, grâce à la lecture et à la méditation de la Parole de Dieu, à la pratique des sacrements et au service de nos frères, nous soyons des porteurs d’espérance, des messagers joyeux de la bonne nouvelle, des témoins de notre Dieu qui s’est fait homme afin de nous sauver et de nous offrir la vie en plénitude !”

+ Georges Colomb

Evêque de La Rochelle et Saintes

Editorial du bulletin Eglise en Mission de décembre 2019