Dimanche 17 janvier 2021 – Homélie de Mgr Colomb

Publié le 18 janvier 2021

2ème dimanche du TO

1 lect. : 1 S 3, 3b-10.19
Ps : 39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd        
2 lect. : 1 Co 6, 13c-15a.17-20
Évangile : Jn 1, 35-42

Comme Isaac, Jean-Baptiste, comme Jésus… Samuel est enfant de la promesse. Sa mère Anne était stérile et elle avait promis, si un fils lui était donné, de le consacrer au service de Dieu. C’est auprès du prêtre Eli que le jeune Samuel “était couché dans le temple du Seigneur à Silo”. On l’imagine tout enfant, car il “ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.” Mais l’enfant Samuel est appelé à devenir l’ami de Dieu. Comme Moïse et Aaron, Samuel “suppliait le Seigneur” et le Seigneur “leur répondait” (Ps 98, 6). Et “Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet”.

Juge et prophète, Samuel avait su, au cœur de la nuit, répondre promptement à la voix qui l’appelait “Samuel, Samuel”.  “Tu m’as appelé, me voici” puis “Parle, ton serviteur écoute”

Répondons-nous aux appels de Dieu ?

Le récit de la vocation de Samuel est pour l’homme d’aujourd’hui un modèle de réponse à l’appel de Dieu.  Son cœur est ouvert et disponible. Mais il n’est pas en mesure de reconnaître seul l’appel de Dieu. C’est le prêtre Eli, dans le temple de Silo, qui comprendra que le Seigneur appelle l’enfant et comment il lui faut répondre : “Parle, ton serviteur écoute”.

Pour reconnaître les appels de Dieu dans nos vies, nous avons besoin d’être guidés. Cette aide, c’est l’Eglise qui nous l’apporte, par les sacrements, le dialogue et la rencontre en groupes ou individuellement. À la suite d’André, il nous appartient de dire à nos amis : j’ai trouvé mon sauveur, je ne suis pas seul sur les chemins de la vie. C’est notre belle vocation de baptisé de répondre à l’appel du Seigneur pour que notre vie soit belle et qu’elle ait du sens.

Le Dieu que nous adorons  ne veut “ni offrande ni sacrifice… ni holocauste ni victime”. Ce qu’il demande à l’homme, c’est un cœur disposé au bien, tourné vers l’exécution de la loi, celle de Moïse d’abord, puis aujourd’hui la loi d’amour transmise par Jésus. Cette loi d’amour nous conduit à accomplir le seul sacrifice qui plaise à Dieu : le service du frère.

“Si quelqu’un dit : “J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas” explicitera Jean dans sa première lettre (1 Jn 4,20).

Tout homme est une histoire sacrée

Dieu, en livrant son fils pour notre salut, nous a “rachetés à grand prix”.  Dès lors, tout dans notre vie, dans notre comportement, même vis-à-vis de l’usage que nous faisons de notre corps, doit témoigner que nous sommes rachetés par le sang de Jésus-Christ. “Sanctuaire de l’Esprit Saint” notre corps est “membre du corps du Christ” et appelé à la Résurrection.  Cela vaut pour nous, cela vaut pour tous les hommes, mêmes les plus miséreux.

Tout homme est une histoire sacrée”, disait le grand poète catholique Patrice de La Tour du Pin. Tout homme est une histoire de dialogue avec Dieu. L’homme répond ou bien n’entend pas, mais Dieu appelle, parce qu’il a créé l’homme à son image, parce que le corps de l’homme est le sanctuaire de l’esprit. L’homme est sauvé par son Fils. C’est notre mission de baptisé de rappeler à l’homme la beauté de sa vocation : parler à Dieu et l’écouter. C’est la seule façon pour l’homme de tenir son rang dans la création, de prendre sa place dans la cité.