Poursuivons notre temps du carême avec Léon XIV et son exhortation apostolique :
Dilexi te, Je t’ai aimé.
Pour ce quatrième dimanche de carême, découvrez Sophie, aumônier dans une maison d’arrêt.
Parole de Dieu
Jésus dit alors :
« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent :
« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »
Jésus leur répondit :
« Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »
(Jn 1, 39-41)
Prière
Seigneur Jésus,
Tu as été envoyé « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés ».
Donne-nous le courage de dépasser nos peurs et nos préjugés, pour nous approcher à notre tour de ceux qui sont rejetés par le monde.
Ouvre nos oreilles pour que nous soyons attentifs à leur cri.
Ouvre nos yeux pour que nous reconnaissions en eux ton visage.
Convertis nos cœurs pour que nous devenions des témoins de ta miséricorde.
Pendant ce temps de carême, donne-nous de voir en chaque pauvre un frère, une sœur à aimer comme Toi, Tu l’aimes.
Amen.
Dilexi Te
Jésus lui-même, au début de sa mission publique, a proclamé : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance ». Les premiers chrétiens, même dans des conditions précaires, priaient et assistaient leurs frères et sœurs prisonniers, comme en témoignent les Actes des Apôtres et divers écrits des Pères. Cette mission de libération s’est poursuivie au cours des siècles à travers des actions concrètes, surtout lorsque le drame de l’esclavage et de la captivité marqua des sociétés entières. »
Léon XIV, §59
Pour aller plus loin…
La mission de l’Église est toujours d’annoncer la libération
La mission de l’Église, lorsqu’elle est fidèle à son Seigneur, est toujours d’annoncer la libération. Aujourd’hui encore, lorsque « des millions de personnes – enfants, hommes et femmes de tout âge – sont privées de liberté et contraintes à vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage », cet héritage est perpétué par ces ordres, et par d’autres institutions et congrégations qui travaillent dans les périphéries urbaines, dans les zones de conflit et sur les routes migratoires. Lorsque l’Église s’incline pour briser les nouvelles chaînes qui entravent les pauvres, elle devient un signe pascal.
Léon XIV, §61
Nous sommes habitués à regarder ailleurs
La culture dominante au début de ce millénaire pousse à abandonner les pauvres à leur sort, à ne pas les considérer dignes d’attention et encore moins de reconnaissance. Dans l’encyclique Fratelli tutti, le Pape François nous a invités à réfléchir sur la parabole du bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37), précisément pour approfondir ce point. Dans la parabole, en effet, nous voyons que, face à cet homme blessé et abandonné sur le bord de la route, ceux qui passent ont des attitudes différentes. Seul le bon Samaritain s’occupe de lui. Alors revient la question qui interpelle chacun personnellement : « À qui t’identifies-tu ? Cette question est crue, directe et capitale. Parmi ces personnes à qui ressembles-tu ? Nous devons reconnaître la tentation qui nous guette de nous désintéresser des autres, surtout des plus faibles. Disons-le, nous avons progressé sur plusieurs plans, mais nous sommes analphabètes en ce qui concerne l’accompagnement, l’assistance et le soutien aux plus fragiles et aux plus faibles de nos sociétés développées. Nous sommes habitués à regarder ailleurs, à passer outre, à ignorer les situations jusqu’à ce qu’elles nous touchent directement ».
Léon XIV, §105
Solidaire avec ceux qui sont considérés comme des “rebuts” de la société
Le cœur de l’Église, de par sa nature même, est solidaire avec ceux qui sont pauvres, exclus et marginalisés, ceux qui sont considérés comme des “rebuts” de la société. Les pauvres sont au centre même de l’Église, car c’est de « notre foi au Christ qui s’est fait pauvre, et toujours proche des pauvres et des exclus, [que] découle la préoccupation pour le développement intégral des plus abandonnés de la société ». Il y a au cœur de chacun des fidèles « l’exigence d’écouter ce cri [qui] vient de l’œuvre libératrice de la grâce elle-même en chacun de nous ; il ne s’agit donc pas d’une mission réservée seulement à quelques-uns ».
Léon XIV, §111



