Par Dominique Serre, diacre
Ah ! Les choses ne vont pas bien… Il nous est dit que les Français ne font plus assez d’enfants. Les statistiques disent aussi qu’il y a de moins en moins de chrétiens : l’Eglise fait de moins en moins « d’enfants de Dieu ». Mais pourquoi ? Peut-être avons-nous du mal à accueillir l’Amour de Dieu qui plane sur ce monde en émoi et qui ouvre sur l’infini, pousse vers l’au-delà de soi et projette vers de nouveaux horizons. Le contraire de la proposition du serpent qui, d’après la première lecture, aboutit à enfermer l’homme et la femme des origines dans leur finitude, se découvrant dans leur nudité, les cieux leur étant fermés.
Et puis, malgré tout cela, vous voilà ! Vous quatre, Sirella, Pascals, Nicolas, Romain ! Vous surgissez mystérieusement dans nos vies, dans la vie de l’Eglise qui est à Oléron. Nous n’avons rien fait et pourtant, nous sentons bien qu’il y a dans vos cœurs un grand désir d’une vie bonne. Un grand désir qui vous a poussé à vous lever pour voir si Jésus avec son Eglise ne serait pas celui qui pourrait vous conduire vers la Paix que vous cherchez.
Alors vous avez pensé au baptême ! Saviez-vous que le baptême est une nouvelle naissance ? Jésus le déclare au pharisien Nicodème qui vient le voir dans les ténèbres de sa nuit « il vous faut naître d’en haut. Mais pour renaître il vous faut une mère. Du haut de la croix, Jésus confie ses disciples à Marie : « voici ta mère, voici ton fils ».
Aujourd’hui, dans cette église de Saint Pierre, en vous accueillant tous les quatre comme catéchumènes, c’est son visage de Mère que la communauté paroissiale voudrait vous offrir. Comme une future mère à qui a été fait l’annonce d’un « heureux évènement » voilà qu’elle se sent investie d’une grande mission : faire advenir à la vie ceux qu’elle porte en son sein : c’est le sens du terme « catéchuménat », faire retentir la « Bonne Nouvelle » aux oreilles de ceux qui cherchent la Paix. Ainsi le catéchuménat est d’abord un appel à la conversion des baptisés, avant d’être une proposition faite à ceux qui cherchent le Dieu Vivant. Comme la bonne santé d’une mère précède celle de son enfant à naître.
C’est bien le sens de l’épisode de l’évangile de ce jour. Avant de commencer sa mission, rencontrer les hommes et les femmes de son temps, finalement tous catéchumènes, Jésus ne reste pas dans la Joie de son baptême. D’après le texte, il est « jeté » par l’Esprit au désert, là où il rencontre la misère du monde. Nous retrouvons là la violence que subit le nouveau né lors de sa naissance et que notre société cherche toujours à minimiser. Nous savons comment les mères savent apaiser par leur bienveillance les angoisses bien naturelles de leurs nourrissons.
Alors pour Jésus commence la conversion comme celle à laquelle nous avons été appelés le mercredi des cendres afin que pour nous les cieux s’ouvrent et que nous puissions y contempler la « gloire de Dieu à la manière de Saint Etienne. Conversion dont la première étape est un retournement : souvenez-vous du fils prodigue réduit à la misère qui regarde sa situation. Ensuite vient le redressement, se relever de sa misère. Face au démon et à ses tentations, Jésus affirme sa foi dans le Dieu de ses pères en s’appuyant sur les écritures, sur celles qu’il connaît : le premier testament, comme il le fera avec les disciples d’Emmaüs. Enfin la troisième étape : celle de l’accomplissement des écritures dans sa vie, « l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres ».
Voilà le chemin qui nous est tracé par Jésus, que nous soyons baptisés ou catéchumènes, pour monter avec lui à Jérusalem et y voir se lever le soleil de Pâque après la nuit de la croix.
