Saint Eutrope

Saint Eutrope, 1er évêque de Saintes, évangélisateur de la Saintonge, et martyr, convertit dans les quartiers pauvres de Saintes de nombreuses personnes, dont Eustelle, la fille du gouverneur.

Son père la renie parce qu’elle est baptisée à l’âge de treize ans, et vit ensuite près de l’évêque. Or, ce gouverneur, ne supportant pas l’idée que sa fille serve un chrétien, offre 150 livres à des bandits pour le supprimer.

Ces hommes provoquent une émeute et font lapider l’évêque. Eutrope est frappé à coups de hache à la tête. Eustelle et les disciples du saint recueillent son corps la nuit suivante et l’enterrent dans le jardin d’Eustelle. Ce tombeau devint un lieu de vénération et de miracles. Eustelle décapitée sur ordre de son père, fut enterrée auprès d’Eutrope.

Quelques siècles après la mort d’Eutrope, sous l’Épiscopat de Palladius, les restes du saint furent retrouvés grâce à un songe, et l’on put vérifier que c’était bien le crâne d’Eutrope, par la trace du coup de hache, marqué dans l’os. Eutrope confirma lui-même cette découverte (raconte Palladius) en apparaissant en songe et disant  » Cette cicatrice que vous avez vue sur mon crâne est celle qui m’a fait martyr.  »

En 1842, on retrouva dans la crypte de la basilique Saint-Eutrope de Saintes, un sarcophage, marqué du nom d’EUTROPIUS, et contenant les os de plusieurs personnes, attribués à Eutrope et Eustelle.

Saint Eutrope est invoqué quand on doit subir une opération à la tête.


Sa légende le situe au 1er siècle après J.C. Originaire de Grèce, envoyé par le pape Saint-Clément, il vient évangéliser le pays des Santons et convertit même Eustelle,la fille du gouverneur romain. Eutrope meurt lapidé et achevé d’un coup de hache. Son culte est attesté par Grégoire de Tours dès la fin du VIe siècle. Sa sépulture, vénérée par les pèlerins, est confiée dès le haut Moyen Age à une communauté monastique. A partir du XIe siècle les reliques du saint sont placées pour l’essentiel dans le sarcophage de la crypte, mais son chef est conservé dans un reliquaire particulier placé dans l’église haute.
Sanctuaire de pèlerinage et prieuré de l’ordre de Cluny.
En 1081, Guy-Geoffroy, comte de Poitou et duc d’Aquitaine, confie le sanctuaire à la grande abbaye bénédictine de Cluny en Bourgogne. Une communauté d’une vingtaine de moines s’y installe. Ceux-ci font réédifier l’église, qui devient ainsi un des monuments les plus prestigieux des chemins de Compostelle. Ils y entretiendront le culte jusqu’en 1787. Le monastère à de nombreuses possessions en Saintonge et le prieur de Saint-Eutrope est au Moyen Age le troisième personnage religieux de la cité après l’évêque et l’abbesse de l’Abbaye-aux-Dames. Le bourg de Saint-Eutrope se développe en dehors des murs de la ville autour du prieuré. De celui-ci il ne reste que quelques bâtiments du XVIIe et du XVIIIe siècle, au sud de l’église. L’ancien cloître a entièrement disparu à la veille de la Révolution, lors des travaux de transformation entrepris par les derniers moines, qui n’étaient plus que …deux !


L’église romane : un édifice exceptionnel. La construction a commencé dès les années 1080 par la crypte, véritable « église-basse » voûtée en berceau, dotée d’un déambulatoire, et conçue pour la dévotion aux reliques par les foules de pèlerins. Ses piliers massifs ornés de chapiteaux à motifs végétaux supportent le chœur supérieur, de même plan,réservé aux moines. La construction de cet ensemble oriental devait être bien avancée en 1096, puisque le pape Urbain Il et l’évêque Ramnulphe ont consacré les deux autels à cette date. Les voûtes en demi-berceaux des collatéraux du chœur,réalisées sans doute autour de 1100, sont exceptionnelles en Saintonge. Cette partie de l’église, qui subsiste seule avec le transept, a gardé des élévations extérieurs de la fin du XIe siècle, ornées d’un décor raffiné. La chapelle axiale gothique a été surélevée et agrandie aux XV et XVIe siècles.
La croisée du transept, sur laquelle s’élevait le clocher roman, sans doute détruit pendant la guerre de Cent Ans, atteste une campagne de travaux plus tardive. Ses chapiteaux historiés marquent l’émergence d’une nouvelle sculpture saintongeaise, riche et foisonnante, dans les premières décennies du XIIe siècle.
La nef à collatéraux, dernière phase de la construction, se trouvait à l’emplacement de l’actuel parvis, comme en témoigne encore la fenêtre sur le côté sud de la place. Dans la nef, un système d’escaliers conduisait les pèlerins à l’église-basse.
La façade, qui se trouvait à l’extrémité de la place actuelle, présentait une statue de cavalier sous une arcature, et était encadrée par deux tourelles.
Le beau clocher gothique flamboyant qui domine le quartier a été construit à la fin du XVe siècle sur le croisillon nord du transept, grâce à un don du roi Louis XI.