Deuxième dimanche de Pâques – Année B
Le deuxième dimanche de Pâques est célébré comme le dimanche de la miséricorde divine. Jésus est apparu à sœur Faustine, une religieuse polonaise, et a parlé de la miséricorde de Dieu. « Le Seigneur de la miséricorde divine » un dessin de Jésus, basé sur la vision donnée à sainte Faustine, montre Jésus levant la main droite dans un geste de bénédiction, avec sa main gauche sur son cœur d’où jaillissent deux rayons, un rouge et un blanc. L’image contient le message : « Jésus, j’ai confiance en toi ! ». Les rayons qui jaillissent ont une signification symbolique : rouge pour le Sang de Jésus, qui est un symbole d’eucharistie et blanc pour l’eau du Baptême. L’image entière est symbolique de la miséricorde, du pardon et de l’amour de Dieu. Cette fête nous appelle à faire confiance à la miséricorde divine et à revenir à Dieu notre père.
L’évangile d’aujourd’hui peut être divisé en deux parties. La première parle de ce qui se passe le dimanche de Pâques. Les disciples étaient derrière des portes verrouillées à cause de leur peur. Jésus est venu

et s’est tenu parmi eux. Jésus les a salués ainsi : « la paix soit avec vous ». C’est une invitation aux apôtres à s’apaiser, à retrouver courage. C’est aussi une bénédiction – shaloam. Dans la langue maternelle de Jésus, la langue araméenne, Shaloam signifie intégrité, bien-être. Jésus semble dire j’ai vaincu la mort, crois en moi et tu vivras ce même bien-être. Et, en grec, cette salutation est Eirénè humin où il n’y a pas de verbe donc elle peut être prise soit comme un souhait soit comme un constat de fait – là où Jésus est vraiment présent, il y a la paix pour nous.
La peur des disciples se transforme progressivement en une joie indicible au retour de leur Maître. Jésus les envoie comme apôtres, comme annonciateurs de la Bonne Nouvelle. Il les envoie en disant: « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Les apôtres portent le même bien-être, la même paix que le Seigneur ressuscité au monde entier. De plus, les apôtres ne vont pas seuls en mission. Jésus les accompagne. L’Esprit du Seigneur ressuscité les accompagne aussi. Le verset 22 dit: « Il souffla sur eux ». Tout comme Dieu a insufflé la vie à Adam (Gn 2, 7), Jésus insuffle sur eux son Esprit: « Recevez le Saint-Esprit ». Dans le cadre de la mission, Jésus donne aux apôtres le pouvoir de pardonner les péchés – une tâche qui, dans l’Ancien Testament, était considérée comme le seul privilège de Dieu. C’est en raison de ce privilège unique qui a été accordé aux prêtres de l’Église que le pape Jean-Paul II a voulu que ce dimanche soit célébré comme le dimanche de la miséricorde divine – en se souvenant de l’institution du sacrement de la réconciliation.
La deuxième partie de l’évangile d’aujourd’hui parle de Thomas. Thomas n’était pas avec les apôtres quand Jésus est venu. Il a raté l’expérience de la résurrection. Mes chers amis, à mon avis, Thomas voulait vivre une expérience personnelle du Seigneur ressuscité. Il dit: « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! ». Dans ces mots nous voyons clairement que Thomas aspire à une expérience personnelle de Jésus. Thomas ne veut pas d’expériences de deuxième main.
Mes chers amis, notre foi n’est-elle qu’une foi de deuxième main ? Suis-je chrétien grâce à mes parents, grâce à ce prêtre, grâce à cette religieuse ? Ou, ai-je eu une expérience personnelle de Jésus ? Dans l’évangile de st. Jean au chapitre 4, lorsque la Samaritaine est allée dire à ses villageois : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait » (Jn 4, 29). De nombreux villageois sont sortis pour rencontrer Jésus et l’écouter. À la fin de l’histoire, ils reviennent vers la femme pour lui dire : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde » (Jn 4, 42). Leur foi n’était plus de seconde main ! Donc, Thomas a dû attendre huit jours éprouvants pour avoir sa propre expérience « personnelle » du Seigneur. Et Jésus lui accorde cette possibilité. Huit jours plus tard, le Seigneur l’invite : « Mets ton doigt ici; voici mes mains. Mets ta main dans mon côté. ». La blessure sur le côté de Jésus nous rappelle l’eau et le sang qui ont coulé lorsque Jésus a été transpercé sur la croix. L’eau et le sang représentent les deux sacrements du baptême et de l’eucharistie – ces deux sacrements nous permettent d’avoir une expérience personnelle de Jésus.

Et Thomas éclate de joie et s’exclame « Mon Seigneur et mon Dieu !» : une déclaration inédite dans l’ensemble des Évangiles. Le vrai fruit d’une rencontre personnelle avec Jésus est l’expérience de Jésus en tant que Seigneur et Dieu ! Sommes-nous prêts pour une expérience personnelle de notre Seigneur ? Prions au cours de cette célébration eucharistique pour que nous ayons une expérience personnelle de notre Seigneur dans nos vies pour vivre une vie chrétienne authentique. Amen.
