
Chers frères et sœurs,
Le 1er novembre 1950, le pape Pie XII proclamait la constitution apostolique contenant le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Avant cette constitution, de nombreuses suppliques en faveur de ce dogme étaient parvenues au pape et au cours du 1er Concile du Vatican, très exactement 204 prêtres avaient proposé de définir l’Assomption de Marie au ciel que le peuple chrétien célébrait déjà depuis plusieurs siècles. Voici les derniers mots de ce texte dogmatique : « L’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ». Voilà la citation qui fonde le dogme de l’Assomption : élevée à la Gloire céleste !
Ce mot Assomption signifie « prendre avec soi ». Il exprime l’action d’ajouter et d’accepter. Cela nous révèle que Dieu a pris avec lui la Mère de son Fils. La fête de l’Assomption est un jour de joie, un jour qui révèle que l’amour est plus fort que la mort, Marie a été élevée au ciel, corps et âme. Même pour le corps, il y a une place en Dieu. Grâce à Marie, le ciel n’est plus pour nous un domaine très éloigné et inconnu, car dans le ciel nous avons une mère, c’est la Mère de Dieu, la mère du Fils de Dieu, c’est notre Mère. Jésus lui-même l’a annoncé, il en a fait notre mère lorsqu’il a dit au disciple et donc à nous tous : « Voici ta mère » et l’évangéliste ajoute : « Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » Après le don de sa Mère, tout était accompli, Jésus remit l’Esprit.
Marie participe à nous rendre proches de Dieu, étant en Dieu et avec Dieu, elle est proche de chacun de nous, elle connaît notre cœur, elle peut entendre chacune de nos prières, elle peut nous aider par sa bonté maternelle. Elle nous est donnée, comme le dit Jésus sur la croix, pour que nous la prenions chez nous, dans notre cœur, dans l’intimité de notre foi, pour pouvoir nous adresser à elle à tout moment. Elle nous écoute toujours, elle est toujours proche de nous. Comme elle est la Mère de Jésus, elle est associée à la puissance de son Fils, la puissance de toute sa bonté. Nous pouvons, en tout temps, confier notre vie à cette mère qui est si proche de nous.

La nature humaine peut engendrer la tristesse, lorsque les pensées se tournent vers l’angoisse de la mort, l’appréhension de la souffrance, lorsque nous sommes touchés par la méchanceté ou le mensonge, par toutes sortes d’inquiétudes. Marie est une femme qui pouvait subir les tracas du monde, comme toute personne, et craindre les difficultés de la vie, mais l’ange Gabriel lui dit : « Sois sans crainte, Marie… ». Comment peut-elle ne pas craindre le monde ? Comment à notre tour ne pas être affligés par toutes les difficultés et les contrariétés de nos vies ? L’ange a donné la réponse à Marie : « le Seigneur est avec toi. » Marie garde-t-elle cette relation privilégiée qu’elle a avec Dieu, pour elle seule ? Non, bien sûr, elle nous partage sa joie d’être comblée-de-grâce. Elle nous accompagne vers le Christ, qui, lui, nous guide sur notre chemin vers Dieu.
Le Christ est bien l’unique médiateur entre Dieu et nous, comme l’a bien précisé le concile Vatican II. La Vierge Marie n’enlève rien et n’ajoute rien non plus à la dignité et à l’efficacité du Christ, mais elle ouvre notre marche vers Dieu. Par sa foi, par son obéissance, elle est intimement engagée dans l’histoire du salut. Elle appelle tous les croyants à se tourner vers son Fils. L’Église nous invite, avec une foi réelle, à reconnaître la dignité de la Mère de Dieu et nous incite à aimer notre Mère du Ciel d’un amour filial, en imitant ses vertus. Elle est Mère de l’Église, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des ministres ordonnés.
Quelle que soit notre piété, nous avons toujours un moyen de joindre Marie : par la prière, l’Ave Maria, le chapelet, la participation à un pèlerinage, en allumant un cierge, en gardant précieusement et avec dévotion une image, une médaille ou une statue. Elle nous écoute, nous console, nous aime. Fille d’Anne et de Joachim, Marie est une femme ordinaire à qui il est arrivé des choses extraordinaires.

Par sa tendresse maternelle, sa pureté, sa compassion, le don de soi, la défense des humbles, par sa discrétion, Marie touche tous les cœurs, qu’elle soit appelée : Sainte Marie Mère de Dieu, Mère de Jésus, Bonne Mère (comme on l’appelle en Provence), Notre-Dame, épouse de Joseph, servante du Seigneur, Sainte Vierge, Mère du Messie, figure de l’Église, Reine des Douleurs, Reine des anges, Reine des Cieux, Reine de la Paix et du Monde (comme à Fatima), Immaculée Conception, Marie auxiliatrice, Sainte Mère du Rédempteur, Porte du Ciel, Tige féconde, Vierge glorieuse, Ève nouvelle, Étoile de la mer !
Nous honorons Marie aujourd’hui, pour cette fête de l’Assomption :
- parce qu’elle attendait la réalisation de la Promesse de Dieu
- parce qu’elle a cru celui qui lui a annoncé cette réalisation
- parce qu’elle a accepté d’être la mère du Sauveur
- parce qu’elle est restée près de Jésus, pendant sa vie sur terre
- parce qu’elle nous a été donnée, en la personne de Jean, comme mère de tous les croyants.
Rendons grâce à Dieu en l’honneur de la Vierge Marie
Chant : Soyez béni, Seigneur, en l’honneur de la Vierge Marie.
Philippe
†
V 024 – Soyez béni, Seigneur
Soyez béni, Seigneur
En l’honneur de la Vierge Marie,
Soyez béni, Seigneur.
1 – Vous êtes belle, ô Notre Dame,
auprès du Père en Paradis,
Comblée de biens par le Seigneur
dont l’Amour chante en votre vie.
2 – O Vierge, Mère du Sauveur,
depuis toujours, Dieu vous aimait,
Pensant à vous pour être là
quand parmi nous son Fils viendrait.
3 – Le Seigneur vint un jour du temps
pour partager notre labeur,
Vous êtiez là pour le donner
à sa mission de Rédempteur.
4 – Dans son royaume de lumière
où Dieu vous place auprès de lui,
Vous êtes reine et vous brillez
comme l’aurore après la nuit.
5 – Et désormais, dans tous les temps,
pauvres et grands de l’univers
Vous béniront d’être la Mère
en qui le Verbe s’est fait chair.