25 décembre 2025 — Messe du Jour de Noël — Année A — Jean 1, 1-18
En 1971, le 8e homme qui a marché sur la lune, au cours de la mission Apollo 15, l’astronaute James Irvin, a dit : « C’est formidable que l’homme ait marché sur la lune, mais c’est encore plus bouleversant de penser que Dieu a marché sur la terre ! » Luc et Matthieu nous racontent l’enfance de Jésus et rappellent sa généalogie. Jean, lui, ne nous présente pas la Crèche, ni les bergers, ni les mages, il met en avant l’origine céleste de Jésus.
Jean par son prologue annonce le fondement de toute chose, il présente Dieu comme principe de l’Univers : « Au commencement… » son texte part de l’Éternité pour descendre jusqu’au temps de l’histoire humaine, notre temps, notre histoire, du haut vers le bas, où nous sommes, du Ciel vers la Terre, où nous vivons ! Dieu quitte le domaine éternel pour venir dans la fragilité humaine, aux limites du temps, en restant une trentaine d’années de vie d’homme, pendant l’occupation romaine et aux limites de l’espace, à Bethléem en Palestine, pour s’incorporer dans nos repères historiques — Dieu a épousé le
Monde, il s’est totalement donné à lui, comme l’homme et la femme — tous deux ne feront plus qu’un !
Le commencement ici est antérieur au Temps – Le temps n’a pas toujours existé, il y eut la création du temps par Dieu : « Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour. » Il n’est pas question ici d’un petit Enfant couché dans la paille, mais du VERBE qui est Dieu ! « Né du Père avant tous les siècles ; il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » comme nous le proclamons avec le CREDO de Nicée-Constantinople.
Dieu s’est fait humain pour nous donner sa divinité.
Dieu s’est fait mortel pour nous donner son immortalité.
Dieu s’est fait fragile pour nous donner son éternité.
Dieu invisible s’est donné à voir en son Fils, Jésus Christ, qui est venu habiter parmi nous.
Dieu silencieux s’est donné à entendre en son Fils, sa Parole s’est faite chair.
Le Christ n’a rien écrit de lui-même et il n’a rien dicté non plus.
En vivant parmi nous, il a parlé et il a appelé son enseignement, non pas Écritures, mais ÉVANGILE, soit BONNE NOUVELLE, une Proclamation qui ne doit pas être annoncée par la plume, ni le clavier d’ordinateur, ni les réseaux sociaux, mais par la rencontre, avec notre bouche, notre voix, notre parole !
Mais bien au-delà de la parole comme moyen de communication, bien plus qu’un enseignement figé, l’Évangile fait entrer en résonance ce que Dieu EST et ce qu’Il nous DIT : Il est dans sa Parole.
Il ne me suffit pas de dire : Qu’il est grand ce Dieu qui est à l’origine du Ciel et de la terre, mais plutôt : comme il est étonnant de penser, et de croire, que le Dieu qui est au commencement de tout est en même temps le Dieu qui est venu jusqu’à moi ! Aujourd’hui, 25 décembre 2025 !

Avoir la foi, c’est croire que le Dieu créateur du Ciel et de la terre est le même que celui qui s’adresse à moi par sa Parole. L’Enfant-Jésus de la crèche c’est Dieu qui se révèle, il a adopté la pauvreté humaine qui est la nôtre. Être chrétien, ne se distingue pas en affirmant croire en Dieu, toutes les religions croient en une forme de divinité. Être chrétien, c’est confesser que c’est par Jésus Christ, mort et ressuscité, que nous pouvons dire quelque chose de Dieu. Chaque fois que je prononce « Dieu », c’est à partir de Jésus que je peux le faire. Dans la liturgie de la messe, les oraisons terminent toujours les prières de cette façon : …par Jésus, le Christ, notre Seigneur !
Notre vie n’est pas un parcours guidé par le hasard et motivé par la nécessité ; elle est soutenue, encouragée, motivée et animée par Dieu lui-même. En ce jour de Noël, par sa naissance, Jésus fait venir dans nos vies « grâce et vérité », deux piliers de notre foi. La Grâce c’est la bienveillance que Dieu met en œuvre pour nous et la Vérité c’est notre rencontre avec Dieu en Jésus Christ. Cela ne vient pas de notre mérite, mais par un pur don de Dieu, comme nous avons reçu le don de la Foi. Il ne me l’a pas donnée pour vivre béatement de ce don, mais pour que je sois un serviteur de sa grâce, auprès de tous ceux qu’il place sur ma route, particulièrement les plus pauvres, les plus démunis, les plus affectés par les difficultés de leur vie.
« Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu » proclame Isaïe.
Par le catéchuménat, par le baptême, nous pouvons vivre en quelque sorte une deuxième naissance, comme Jésus en ce jour de la Nativité, né de Dieu avant tous les siècles, il est venu naître de la Vierge Marie. — Amen.
Philippe
†

