25e dimanche du Temps ordinaire — Année C — 21 septembre 2025 / Rentrée paroissiale
Très chers frères et sœurs,
Notre communauté paroissiale gardera, au cours de cette nouvelle année, sa devise : Une communauté joyeuse, fraternelle et missionnaire. Il ne faut pas que cette prolongation nous entraîne vers le moindre effort, la facilité, en considérant que tout a plutôt bien fonctionné au cours de l’année écoulée et que rien n’a besoin d’être changé. Au contraire, cette devise doit être remise en route avec la mobilisation de tous, pour tenter de lui donner un nouvel élan et une force vive qui puissent nous entraîner avec conviction à mieux servir nos frères et sœurs, à mieux servir la paroisse de la Presqu’île d’Arvert et à mieux servir Dieu. Ce n’est pas un slogan publicitaire, mais une invitation et une volonté de vivre ensemble de notre foi en Jésus Christ !

Une communauté joyeuse !
Souvenons-nous l’ange qui a dit aux bergers : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ le Seigneur. » (Luc 2, 10) — Cette grande joie, annoncée par l’ange, est la source indispensable pour que notre communauté soit joyeuse.
Cette joie de la naissance du Sauveur anticipe la joie de la résurrection et la joie des Noces de l’Agneau, comme nous l’entendons à chaque messe, la promesse de notre rendez-vous avec Dieu ! Le pape Paul VI disait : « Il serait très étrange que cette bonne nouvelle, qui suscite l’Alléluia de l’Église, ne nous donne pas un air de sauvés. » Notre communauté est joyeuse parce qu’elle est sauvée ! Cette joie très intérieure, liée au Christ, est une joie spirituelle et communautaire, nous la partageons. Il ne s’agit pas d’avoir en permanence un sourire aux lèvres que l’on voudrait forcer pour afficher que nous sommes chrétiens. Les difficultés de la vie, les tracas que peuvent apporter nos fragilités de santé, celles du grand âge, les deuils que nous vivons avec souffrance, nous infligent des moments douloureux qui nous font abandonner la joie, une joie humaine qui disparaît pour laisser la place à la tristesse et à l’accablement.
Le Christ lui-même a été plongé dans des moments de tristesse, il fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, nous dit l’Évangile de Jean, lorsqu’il apprend la mort de Lazare, son ami. N’est-il pas pourtant intimement lié à l’Amour de Dieu qui est source de toute JOIE ? La joie prend donc deux aspects. Tout d’abord de façon très humaine, elle nous fait nous réjouir d’événements heureux : la naissance d’un enfant, la visite d’un ami très cher qui n’était pas venu depuis longtemps, la joie de partager un bon repas avec ceux que l’on aime… Toutes ces joies simples participent déjà à la grande joie de l’Évangile, car elles n’en sont pas étrangères, mais comme nous-mêmes, nos joies sont fragiles et souvent éphémères. La deuxième facette de la JOIE est celle qui vient du Christ, plus forte, plus durable, elle permet d’accéder au secret de la vie de Dieu, car : En Dieu seul, tout est joie, parce que tout est DON ! Voilà la communauté joyeuse que nous devons être, en ayant pour but de « donner ». Donner sous toutes ses formes : apporter, servir, offrir, partager, soutenir. Notre engagement dans la paroisse, aussi modeste soit-il, est un don très appréciable. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Mt 10, 8). La communauté chrétienne est joyeuse, car elle est sauvée et elle peut se donner comme le Christ lui-même s’est donné !
Une communauté fraternelle !
L’esprit de fraternité est né avec les premières communautés chrétiennes qui attiraient l’attention sur elles, non pas par leur pratique religieuse, qui était discrète, mais par leur façon de vivre comme chrétiens. Dans les Actes des Apôtres au chapitre 2, verset 42, nous entendons : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières… Tous prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur, ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier ». Leur façon de vivre étonnait leurs contemporains. Celles et ceux qui sont baptisés dans la mort et dans la vie du Christ et qui acceptent de faire corps avec lui, deviennent capables d’aimer comme lui. Mais tout comme les premiers chrétiens, nous ne parvenons pas toujours à nous entendre parfaitement au sein de notre communauté. Malgré cette difficulté permanente, déjà connue des Apôtres, nous pouvons nous appeler frères et sœurs grâce à notre participation au repas du Seigneur, en communiant au Corps du Christ, en n’ayant foi qu’en lui. Pour arriver à vivre cette fraternité, il faut accepter de se déposséder de soi et réussir à ne pas se contenter d’aimer ceux qui nous aiment. Le Christ, en prenant la nature humaine, se fait le frère de tous et donne à tous la vocation d’être, grâce à lui, fils et filles de Dieu. Jésus seul répond pleinement à l’appel d’Amour de son Père et devient en quelque sorte le « frère universel ». Une communauté fraternelle permet à chacun de trouver sa place dans un rassemblement dans le Christ et de ce fait elle doit accueillir tout le monde. Cette fraternité nous conduit à vivre ensemble le commandement de l’amour de Dieu et le commandement de l’amour du prochain que Jésus a rassemblés en une seule loi. Pour conclure ce deuxième chapitre de la devise paroissiale, écoutons saint Paul s’adressant aux Romains : « Soyez unis les uns les autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. » (Rm 12, 10).
Une communauté missionnaire !
Dès l’origine de l’Église, les Apôtres — du mot grec apostolos qui signifie : envoyé, chargé de mission — ces 12 hommes, forment une toute petite communauté choisie par Jésus. Comme eux, nous sommes appelés à cette mission apostolique et comme eux nous représentons une toute petite partie de la population à laquelle nous appartenons. Il ne s’agit donc pas pour nous de monter sur un tabouret au coin des rues pour crier à tous les passants que Dieu les aime ! Ni d’essayer de leur vendre des Bibles ! La modestie et l’humilité sont de rigueur. Nous devons nous efforcer de témoigner de notre appartenance au Christ par notre façon de vivre dans le monde, par nos comportements, notre sobriété de vie, notre gentillesse et par toute notre attention aux autres : aux personnes qui ne croient pas, à celles qui doutent ou à celles qui cherchent. En défendant la justice, en donnant la première place aux plus fragiles, en ne plaçant pas l’argent au premier plan — car nous ne pouvons servir à la fois Dieu et l’argent — en acceptant de s’ouvrir à la relation aux autres quels qu’ils soient, dans un esprit de dialogue et de partage, alors seulement nous témoignerons de notre foi et nous serons de vrais missionnaires. Dieu nous a choisis, pour que nous soyons joyeux, fraternels et missionnaires, et quand Dieu choisit c’est toujours pour le service de tous. Amen.
Philippe †