Pentecôte — Année A — 24 mai 2026

Première lettre de saint Paul aux Corinthiens (12, 3b-7.12-13)
Chers Frères et sœurs,
L’Apôtre Paul, qui s’adresse aux Corinthiens, affirme que personne n’est capable de dire « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint. Lorsque nous annonçons notre foi avec un cœur converti, c’est-à-dire largement tourné vers Dieu et vers l’amour du prochain, alors nous sommes déjà témoins des premières manifestations de l’Esprit en nous. Toute personne qui se dit être chrétienne, qui confesse sa foi en croyant en Jésus Christ mort et ressuscité, reçoit l’Esprit en elle.
L’Esprit est intimement lié à Jésus, et toute manifestation de l’Esprit ne peut-être contraire à l’Évangile. Les façons, qu’a l’Esprit de nous rejoindre dans nos vies en nous donnant une force spirituelle, ne peuvent être que l’expression de l’amour, de la paix, de la justice et de la liberté, et tout cela par Jésus le Christ.

Les dons de la grâce sont variés, dit saint Paul. Oui, car l’Esprit permet que la diversité ne soit pas une menace. L’autre, l’autre personne dans sa différence est aussi animée par l’Esprit. Cet Esprit me permet d’être très authentiquement, très sincèrement moi-même et de laisser l’autre être pleinement lui-même. Basile de Césarée (Père de l’église) disait de façon très poétique : « C’est la même eau fraîche et féconde qui tombe sur le champ, afin que fleurissent, rouge le coquelicot, rose la rose, bleu le bleuet. » La diversité du vivant ; des couleurs, des parfums, et des éléments, nous montre que la grâce se déploie dans la diversité.
La difficulté est de bien comprendre cette diversité lorsqu’il s’agit des autres et de nous-mêmes. Dans une paroisse, chaque fonction, chaque mission est un service. Ce service est le reflet de notre engagement dans l’Église. Ces fonctions sont variées, mais c’est le même Dieu qui nous fait agir pour le bien de l’Église et de notre communauté. Les obstacles que nous pouvons rencontrer, les personnes qui nous agacent, les tensions qui peuvent surgir au sein même de la paroisse ne doivent jamais nous faire oublier que notre seul maître est le Seigneur et la joie de servir devrait prendre le dessus lorsque des situations deviennent trop pesantes.
Si nous sommes conscients de n’être qu’un instrument, et pourquoi pas un bel instrument, entre les mains de Dieu, alors nous pourrons appréhender la diversité plus sereinement, la diversité des responsabilités, la variété des personnes et de leur caractère. C’est Dieu qui est la source de notre foi et de notre engagement dans l’Église. Pourtant, nous pourrions être tentés de croire que l’Esprit est avec nous et qu’il n’est pas avec notre frère ou notre sœur en Jésus, qui nous agace ! Pourtant saint Paul nous dit bien que c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. Et à travers les versets de ce beau passage adressé aux Corinthiens, nous entendons une évocation de l’unité malgré les dons, les services et les activités variés : c’est le même Esprit… c’est le même Seigneur… c’est le même Dieu !

La Trinité nous montre comment s’accommoder de toutes nos différences. Elle est le modèle exceptionnel de la bonne relation, de la juste articulation entre diversité et unité, avec les trois personnes en un seul Dieu. Chacune des personnes a sa fonction, et les trois sont dans une communion d’amour. Nos différences sont donc une richesse pour l’Église qui ne cherche pas à uniformiser.
C’est à nous de vivre notre foi en acceptant ces différences, entre chacun, chacune, de nous, comme les parties du corps décrites par saint Paul. C’est le Christ qui permet à la pluralité des chrétiens de vivre au sein d’une unité fondamentale : croire en Jésus Christ ! Si nous peinons à trouver la bonne entente dans notre variété de personnes, alors nous sommes invités à nous rapprocher du Christ qui est la source de l’unité.
Un bel exemple très concret se vit en ce moment à Lourdes, avec le pèlerinage militaire international : « Sentinelles de la Paix », auquel participent 18 000 militaires d’une quarantaine de pays. Tous différents, par leur origine, leur langue maternelle, leur uniforme et leur affectation de service, peut-être même d’anciens ennemis, ils s’unissent dans la prière en sollicitant la Vierge Marie pour garder cette unité en Jésus Christ.
Que nous soyons depuis des générations à vivre sur cette belle presqu’île d’Arvert, ou fraîchement débarqué, que nous soyons fidèles pratiquant depuis notre tendre enfance ou converti de la dernière heure, que nous soyons nés en France ou à l’autre bout du monde, nous représentons la diversité décrite par saint Paul. Il nous invite à dépasser ces catégories, qui n’étaient pas évidentes non plus à Corinthe, pour nous regarder comme des baptisés formant un seul corps par ce baptême, notre baptême qui forme l’unité dans la diversité. Ce baptême qui n’annule pas nos différences ni nos identités ni nos personnalités, mais qui les dépasse et leur fait porter du fruit. Amen.
Philippe
†
Gaël, Noël, Jade, Emma, Eliann, Côme, Camille, Léa (Première communion)
Léna, Leana, Louise, Marceau (Profession de foi)