Pâques — Année C — Dimanche 20 avril 2025

Chers frères et sœurs,
Non, la vie de Jésus ne s’est pas terminée le Vendredi Saint et, par conséquent, le dévouement et l’amour de Dieu pour nous ne sont pas terminés avec la mort du Christ sur la Croix. Les hommes pensaient lui avoir pris sa vie et ils l’ont mis au tombeau. Le Samedi Saint, jour de la désolation humaine et du silence de Dieu a ouvert la voie au jour du Seigneur ressuscité, dans la nuit à peine finie, dès le commencement de l’aurore. Le Christ ressuscite dans la nuit avant que le lever du soleil illumine ce jour de fête. Depuis ce moment-là, le dimanche est considéré comme le premier jour de la semaine, jour où l’on célèbre le fait que le Christ est ressuscité. Le premier de tous les dimanches est un jour qui est né de deux nuits particulières : celle de l’Incarnation où le Verbe s’est fait chair, Noël, et celle de la Résurrection où la chair a revêtu l’éternité, où le tombeau s’est ouvert, vide du Corps du Christ qui a vidé la mort de sa puissance !
C’est à nouveau le premier jour, Dieu semble dire une fois de plus « Que la lumière soit ! » La création recommence, entièrement nouvelle : la vie est plus forte que la mort, le bien plus fort que le mal, l’amour plus fort que la haine, la vérité plus forte que le mensonge. Comme la lumière est venue dans la nuit de Noël et dans cette nuit de la Résurrection, Dieu envoie sa lumière, le Christ, dans l’obscurité de notre humanité.
La première annonce de résurrection se fait avec Marie-Madeleine qui se rend au tombeau dans l’obscurité de la nuit. Elle ne savait pas encore que le jour de la joie sans fin avait déjà commencé. Nostalgique et pleine de douleur, elle voulait achever l’onction commencée quelques temps avant et elle pensait certainement que cette aube allait apporter un jour de tristesse.

Plus nous regardons le Christ ressuscité, plus nos yeux refléteront la lumière de ses propres yeux. L’important est que notre regard se fasse prière et contemplation, reconnaissance et action de grâce (c’est l’Eucharistie) et don d’amour qui pardonne les offenses (c’est la miséricorde). Le Christ-Lumière fait de nous des hommes et des femmes de lumière, des témoins de la lumière, cette lumière qui donne la vie en plénitude.
Aujourd’hui, Natého, va recevoir la lumière du Christ par le sacrement du baptême, il va être lié à la Résurrection, comme Marie-Madeleine, Pierre et Jean, sans rien avoir vu, si ce n’est une pierre roulée sur le côté du tombeau, des linges pliés et l’absence du corps… Jean voit tout cela et il croit ! Il s’est remémoré les paroles de Jésus, il a ressenti que le lien qui l’unissait à Jésus n’était pas mort et bien plus fort que la peine et que les souvenirs : la FOI naissait en son cœur ! À ceux qui voudraient des preuves de la résurrection de Jésus, nous serions tentés de la dire « taisez-vous ! ». Dieu ne fournit pas de preuve, il donne de signes, des signes à chacun d’entre nous que seul le silence et la méditation nous permettent de décrypter. Alors sachons faire silence, sachons nous retirer des agitations du monde pour chercher en nous, au plus profond de notre cœur quelle est notre propre histoire avec Jésus, nous trouverons alors la présence du Ressuscité.
Nous découvrirons qu’il ne nous a jamais quittés et qu’il était avec nous même dans les moments de notre vie les plus difficiles. Finalement à Pâques et après Pâques, il n’y a pas grand-chose à voir, avec les yeux, presque rien. Mais beaucoup de choses à percevoir avec le cœur. C’est du côté du cœur qu’il faut chercher pour aider à croire. Pour le moment, nous croyons sans voir, comme l’Apôtre Jean, c’est ça la FOI ! Un jour, nous verrons tous Jésus ressuscité face à face. En attendant ce moment promis par le Christ, aimons comme Jésus lui-même nous apprend à aimer, avec douceur, calme et discernement, en mesurant nos paroles et nos actes pour qu’ils s’harmonisent le plus possible avec Jésus.
En étant attentif à tout cela, nous exprimerons notre foi en la résurrection de Jésus, notre foi en notre propre résurrection et en la résurrection de tous ceux que nous aimons. Que cette fête de Pâques soit pour nous une source vive de régénération de notre foi et qu’elle permette à Natého_ de devenir enfant de Dieu ! Amen.
Philippe
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