Jeudi saint — Année C — 17 avril 2025 – Messe du soir en mémoire
de la Cène du Seigneur

Chers frères et sœurs,
Le Fils de Dieu prend la place d’un esclave !
Il s’agenouille devant ses disciples pour leur laver les pieds ! Ce geste symbolique est un véritable acte d’humilité dans la société juive de cette époque. Jésus ne pose pas un acte théâtral, mais c’est le débordement de son cœur qui l’amène à s’abaisser physiquement, et, au-delà des apparences, au-delà de ce que les autres peuvent penser, il aime ses disciples et il le montre.
Aimer c’est servir, se mettre à la disposition de l’autre, c’est même se mettre en dessous de l’autre pour l’aider, le servir, l’aimer. Dans ce geste accompli par Jésus, plus fort qu’une leçon d’humilité, c’est une préfiguration de son sacrifice, une anticipation, comme un symbole de sa Passion, de l’humiliation totale qu’il va souffrir bientôt pour le salut de tous.

Le Fils de Dieu prend la place d’un esclave !
Ce geste était celui de l’hospitalité, il était fait par l’esclave de la maison où l’on était reçu, cet esclave s’appelait le janitor. Il lavait les pieds de la personne qui arrivait, pour l’accueillir et lui dire, de cette façon, qu’elle était chez elle. En revêtant le tablier de service, Jésus nous fait entrer dans la maison du Seigneur Dieu, son Père. Le Fils se fait serviteur pour que nous puissions entrer comme chez nous, dans sa maison. Avec ce don, ce geste de service, Jésus se donne à nous, il poursuit cet abaissement du lavement des pieds en se laissant distribuer, en se laissant donner : c’est l’Eucharistie !
La messe, c’est le signe efficace de la Grâce de Dieu !

Aujourd’hui, jeudi saint, nous fêtons ce sacrement si vital pour notre vie de chrétiens et l’Évangile qui est proclamé ce soir n’est pas celui du dernier repas, mais il donne le véritable sens à cette communion que nous allons vivre, celui du partage, du service, du don, car Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Peut-être avons-nous l’occasion de nous mettre à genoux pour servir nos frères et sœurs ? Pour remettre les lacets d’un enfant, pour aider une personne fragile à mettre ses chaussettes de contention, pour mieux se faire entendre d’une personne handicapée en fauteuil dont l’audition est défaillante. Des instants concrets, réels et simples, que l’on pourrait qualifier de domestiques, comme le geste de laver les pieds effectué par Jésus. Alors en accomplissant ces petits services nous serons pleinement en résonance avec l’Eucharistie, avec le don demandé par Jésus, celui d’effectuer nous aussi ce qu’il a fait pour nous.
Pour vivre l’Eucharistie, nous le savons tous, il faut la présence d’un prêtre. Eucharistie, prêtre, aujourd’hui, en ce jeudi saint, nous fêtons dans une même cérémonie l’institution de ce sacrement de communion et le sacerdoce des prêtres. Leurs mains ont reçu l’onction pour la consécration, pour le partage ; réjouissons-nous pour la présence de ces hommes qui donnent leur vie au service de l’ÉGLISE de Dieu et pour être à notre service.

Réjouissons-nous de l’engagement fidèle des prêtres qui permettent aux communautés d’avoir accès à cette Eucharistie irremplaçable. Le prêtre est un ministre, ce mot, venu du latin, veut dire serviteur. Remercions la divine Providence de nous envoyer, de l’autre bout du monde, des prêtres pour servir nos paroisses. Ils quittent leur pays, leurs proches, apprennent notre langue, pour venir jusqu’à nous « prendre un linge qu’ils se nouent à la ceinture » ! Nous pouvons en silence rendre grâce à Dieu pour la présence bienveillante et fraternelle de notre curé, père David. Amen.
Philippe †
