Dimanche des Rameaux et de la Passion — Année C — 13 avril 2025
Chers frères et sœurs,
Quelles manifestations pleines de respect et de vénération pour Jésus qui entre à Jérusalem parmi les cris de joie. Pourtant, cette entrée se fait dans l’humilité, Celui qui vient au nom du Seigneur, vient sur le dos d’un petit âne, et non pas sur un cheval comme un conquérant. Pour lui éviter la poussière du chemin, chacun participe à couvrir le sol de son manteau ou de branches de feuillage, comme nous brandissons aujourd’hui nos rameaux de buis pour rappeler ce moment d’allégresse en chantant Hosanna ! Quel contraste avec ce deuxième passage de l’Évangile que nous entendons ce dimanche, la Passion du Christ. L’enthousiasme fait place à la haine, les cris de joie aux insultes, les attentions prévenantes aux coups.

Jésus acclamé comme Sauveur des hommes, puis Jésus bafoué comme serviteur souffrant. L’entrée triomphante fait place à une sortie dégradante. Ses contemporains le renient, Il gêne ; le monde le rejette, par les Romains qui représentent ce monde, et même ses disciples vont l’abandonner, et nous-mêmes ? Quel accueil faisons-nous à celui qui donne sa vie pour nous ? Ne nous arrive-t-il pas de passer de l’expression joyeuse de notre foi à l’abandon de Jésus par nos comportements, nos idées, nos peurs, comme l’ont abandonné ses disciples ?
Prenons un seul exemple pour méditer sur cet abandon possible. Le cas de Paul, lui, engagé dans l’armée romaine, arrêtant, maltraitant, torturant les premiers chrétiens, et pourtant, le Christ pardonne à Paul. Il en fait un des piliers de l’Église naissante et ses écrits formeront une des bases de la Parole de Dieu ! Imaginons un tortionnaire à notre époque, même s’il voulait se convertir et arrêter ses exactions contre des croyants, serions-nous prêts à accepter qu’il dirige notre Église ? Comprenons bien que la volonté de Dieu dépasse largement nos sentiments humains et nos peurs. Quoi qu’il nous arrive sur terre, la grâce viendra toujours du Ciel.
Cette grâce, elle vient avec Jésus qui tout à fait librement va vers sa Passion. Toujours au nom du Seigneur, Jésus poursuit cette obéissance au projet de salut de son Père. Il entre dans la ville sainte en tant que prophète, Messie et Roi, mais sa monture est un âne, la plus humble des montures ; son pouvoir : l’amour offert à l’humanité ; son trône : la Croix
.

Lorsque nous repartirons avec nos rameaux bénis, après avoir participé à la célébration, ne pensons pas emporter une amulette ni un porte-bonheur ni un gris-gris qui nous apporterait guérison ou protection, mais le symbole et le témoignage de notre foi en Jésus Christ, Roi messianique, témoignage de notre foi
dans sa victoire pascale !
Philippe
diacre
†

