2e dimanche de Carême – 01 mars 2026 – Année A Marc 9, 2-10
La Transfiguration
Chers Frères et Sœurs,
Quelques mots du début de cet évangile nous introduisent dans le mystère de la Transfiguration.
• À l’écart qui signifie : se couper du monde – Bien sûr Dieu est partout, mais cette montagne dont il est question juste après, représente un certain sommet de solitude et de face à face avec Dieu, comme pour notre prière, surtout en ce temps de Carême. Nous l’avons déjà entendu le mercredi des Cendres : nous sommes invités à nous retirer dans le secret, pour prier à l’écart.
• Sur une Haute montagne = symbole de l’élévation intérieure et spirituelle. S’élever vers Dieu par la prière, c’est la condition pour le rencontrer.
• Trois disciples : Pierre, Jacques et Jean. Eux seuls sont choisis, comme lorsque Jésus sauve la fille de Jaïre ou lorsqu’il est en prière à Gethsémani.
Ces 3 disciples sont-ils des privilégiés ? – NON !
Ils sont choisis pour vivre ces expériences humaines exceptionnelles qui sont mêlées de surnaturel. Ils deviennent capables de soutenir les autres disciples. Nous ne sommes pas non plus des privilégiés, mais les expériences spirituelles que nous vivons, le partage de cette eucharistie, doivent nous servir à communiquer notre foi et nous amener à transmettre la Parole de Dieu, à faire de nous des témoins du Christ.
Si nous sommes croyant, comment comprenons-nous ce qu’est la vie éternelle ? Quelle est notre Espérance ? :
1 /D’une première manière, elle peut être vue de façon un peu pessimiste, en croyant que seule notre mort pourra nous permettre de rejoindre le Royaume de Dieu et ce que nous vivons maintenant n’aurait pas grand-chose à voir avec ce Royaume.
2/Une deuxième façon de voir les choses, très optimiste, nous ferait croire au contraire que le Royaume est déjà là, mais de cette façon, nous risquons de mettre les hommes et les femmes et tout notre monde à la place qui doit être réservée à Dieu, en ne tenant compte que des choses présentes, sans perspective et peut-être même sans Espérance.
3/Enfin, imaginons une troisième conception, liée à la Transfiguration, qui nous fait reconnaître que notre corps, notre être et le monde qui nous entoure sont voulus par Dieu, mais que pour l’instant ils ne sont qu’à l’image, à la ressemblance de Dieu, pas encore exactement et pas encore complétement comme Lui !
Pour atteindre Dieu, nos corps ne sont pas voués à la destruction, ni à la mort définitive, mais ils sont destinés à être transfigurés. Notre baptême nous rend participants de la nature divine du Christ, comme l’annonce la 2e lettre de saint Pierre. Nous avons été plongés dans le Christ, dans sa mort et dans sa résurrection.
Nous sommes appelés à nous conformer au Christ par toute notre vie, en participant à la vie de l’Église, à la liturgie, par les sacrements que nous recevons, en vivant aussi la charité autour de nous, en répandant la BONTÉ, celle de Dieu. Tout ce mystère de l’action de Dieu pour nous diviniser reste invisible pour le moment. Saint Paul écrit à Timothée que nous sommes appelés à une vocation sainte par la grâce de Dieu qui est devenue visible parce que le Christ s’est manifesté, Il a habité parmi nous.
Les trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, témoins de la Transfiguration du Christ, vivent une expérience de foi d’un caractère bien particulier qui expose clairement la Gloire de Dieu et celle du Christ. Ce face à face avec le Christ en gloire leur donne un avant-goût de la Résurrection.
Le Christ apparaît aux disciples comme la LUMIÈRE. Il n’est pas éclairé ni par le soleil ni par un projecteur, mais il est lui-même la Lumière née de la Lumière. Et c’est par le don total de sa vie, par ses souffrances, par sa passion et sa croix qu’il peut apparaître dans cet état surnaturel.

Notre avenir de baptisés c’est d’être, nous aussi, à l’image du Christ, transfigurés, mais sans esquiver, sans faire l’impasse sur nos souffrances, sur nos difficultés de vie, et en ayant de la compassion pour tous ceux qui peinent à nos côtés. Nous paraîtrons à la ressemblance de ce que nous avons souffert, donné, partagé.
Dès aujourd’hui, en poursuivant ce temps de Carême, laissons-nous toucher comme les trois disciples, par cette expérience spirituelle, cette métamorphose, comme disent les Chrétiens d’Orient, pour nous mettre, encore plus qu’à l’ordinaire, au service de nos frères et sœurs les plus démunies, les plus fragiles, les plus éprouvés par le deuil, par la maladie, la dépendance, en convertissant nos cœurs pour que nos moindres gestes de bienveillance, nos bonnes paroles, nos attentions fraternelles deviennent des rayons de la Lumière de la Transfiguration ! Amen.
Philippe †
