Mercredi des Cendres — 18 février 2026 — Année A — Matthieu 6, 1-6.16-18
Chers Frères et Sœurs,
Voici qu’arrive avec ce mercredi des Cendres notre entrée en Carême. Une période d’entraînement pour devenir des justes, comme Jésus le propose à ses disciples dans ce passage de l’Évangile de Matthieu. Trois initiatives nous sont proposées par Jésus : l’aumône, à laquelle sont associés toute bonne action — la prière qui se rattache à notre amour de Dieu et à notre abandon entre ses mains — et le jeûne que l’on pourra pratiquer sous diverses formes.
Il ne s’agit pas là d’une grève de la faim, mais d’une volonté de privation personnelle qui doit nous permettre de laisser plus de place à Dieu, en atteignant une disposition intérieure de conversion, avec l’intention de regretter nos propres péchés. Le jeûne ne sert à rien s’il ne va pas de pair avec une attitude de compassion et d’attention à notre prochain. La prière des Laudes d’aujourd’hui faisait ce matin cette demande à Dieu : Enseigne-nous le jeûne que tu préfères : ouvrir les prisons, nourrir les affamés.
On trouve cela de façon très claire au chapitre 58 du livre d’Isaïe dont les versets 6 et 7 nous disent particulièrement : « Le jeûne qui me plaît… N’est-ce pas de partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans-abri, couvrir celui que tu verras sans vêtements, ne pas te dérober à ton semblable ? »
En suivant cette exhortation d’Isaïe, nous avons vécu et devancé l’arrivée du Carême, en communauté avec nos sœurs et frères protestants, en organisant dimanche dernier un grand repas auquel étaient conviées les personnes dont la situation de vie est économiquement très fragile. Avec l’aide précieuse de l’association paroissiale de la presqu’île d’Arvert et l’engagement des associations du Collectif caritatif, c’est donc tous ensemble que nous avons offert ce déjeuner grâce à la générosité de chacun.
Arrive à présent le temps plus personnel de l’invisible et du secret ! Notre main gauche doit ignorer ce que fait notre main droite — notre prière doit se faire dans la pièce la plus retirer de notre maison, en prenant soin d’en fermer la porte — et notre jeûne ne doit être révélé à personne. Ce temps de Carême est un temps de joie, la joie d’être sauvé, d’être lavé tout entier de sa faute, en se laissant réconcilier avec Dieu pour atteindre une plus grande joie encore, à Pâques !
Dans la prière des Laudes du jeudi de la 3e semaine, il y a cette demande à Dieu : « Rends-nous sensibles aux besoins de nos frères et sœurs : que notre charité se fasse inventive. »
Chacun de nous pourra trouver une façon personnelle et originale de vivre ce Carême, en apportant un changement à sa vie, avec un amour ingénieux, dans la charité du Christ. Voici quelques pistes qui nous sont proposées pour étayer notre Carême de façon discrète, mais efficace.

Nous pourrions chacun devenir une sorte d’ange gardien pour une personne isolée, ou dans une autre situation difficile : en lui tenant compagnie de temps en temps — en l’emmenant faire ses courses ou les faire pour elle — en lui apportant des pâtisseries faites maison tout en laissant de côté la loi du jeûne prévue en Carême — en téléphonant ou en écrivant à une personne de notre famille avec qui nous n’avons pas souvent l’occasion d’échanger — en aidant un jeune écolier à faire ses devoirs — en assurant une réparation par notre savoir-faire dans tel ou tel domaine — en aidant une personne étrangère à apprendre le français — en parlant plus gentiment à nos proches, à notre conjoint — et dans une catégorie encore plus investie dans l’amour de Dieu, plus difficile peut-être, nous pourrons tenter de nous réconcilier avec une personne, suite à une brouille, un malentendu ou une polémique.
C’est notre imagination qui doit se mettre au service de nos frères et sœurs, pour aider, écouter, consoler, soutenir, dépanner. Même si nous vivons déjà ces sortes d’actions fraternelles tous les jours, notre cœur doit se mettre en recherche d’une nouvelle forme de solidarité et d’attention aux autres pour ce Carême, en conservant ces démarches dans le secret de nos cœurs, seul avec Dieu.
Philippe
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