
4e dimanche du temps ordinaire – Année A – 1er février 2026
1re lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1 Co 1, 26-31) – « Ce que Dieu a choisi »
Paul s’adresse à la communauté de Corinthe composée de petites gens, des artisans et débardeurs du port, des personnes peu considérées. Parmi eux pas de sages aux yeux des hommes, ni aucun puissant. Paul reprend avec force les paroles de Jésus s’adressant à son Père : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » (Matthieu 11, 25)
Les jugements du monde, les honneurs, les prérogatives, les distinctions, les faveurs, les places que nous occupons selon le monde ne sont pas les critères que Dieu a choisis. Il faut s’abstenir de tout orgueil quand on souhaite se tenir devant Dieu : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » (Matthieu 18, 3)
Je ne suis pas grand-chose par moi-même et pourtant je suis capable de devenir grand lorsque je deviens le reflet de Dieu, en acceptant de tout recevoir de lui.
Par notre baptême, nous sommes dans le Christ Jésus, nous sommes en lui, incorporés. Il est alors possible que les vertus de Jésus puissent devenir un peu les nôtres. Si nous voulons être fiers, mettons notre fierté dans le Seigneur !
Quelle est cette disposition qui peut nous laisser accepter notre faiblesse ? Désirer remplir ce vide qui est en nous ? Le voir se remplir de la grâce de Dieu ? Cette disposition c’est l’HUMILITÉ ! Cheminer dans l’humilité, c’est avancer dans un espace où Dieu nous a toujours précédés, mais qu’il laisse ouvert et accessible à tous. Comme il a laissé, librement, Marie, son humble servante lui dire : OUI !
Puisque le Christ se définit par l’humilité, c’est qu’elle est absolument indispensable. L’absence d’humilité, c’est-à-dire l’orgueil, est l’obstacle principal à l’efficacité de la grâce divine. L’humilité n’est ni une abstraction ni un mode de pensée, elle doit être incarnée, vécue comme quelque chose de concret, mais rester infiniment petite. C’est une qualité divine qui n’a de sens que pour celui qui descend, qui touche terre. Elle a le sens que Dieu lui a donné en faisant que son Fils, soit devenu le Fils de l’homme : un trésor divin pour ceux qui croient !
« Ce qu’il y a de fou dans ce monde, voilà ce que Dieu a choisi », proclame saint Paul. Il a donc choisi ce qu’il y a de fou, de modeste, de faible. Et c’est la CROIX qui en est le prisme à partir duquel je peux comprendre la totale humilité du Christ qui nous permet de recevoir de son Père : sagesse, justice, sanctification et rédemption.
Ce que nous avons en nous de bon ne nous donne pas le droit de nous enorgueillir de nous-mêmes. Mais pour autant, nous n’avons aucune raison de nous déprécier : nous sommes tous pécheurs ! Et nous ne pouvons pas dire « je suis plus grand pécheur que toi », ce serait sans doute de l’orgueil ! Comme l’amour et la foi, l’humilité ne se mesure pas ; il n’y a ni instrument ni barème pour les apprécier, mais notre vie tout entière pour se nourrir : d’amour, de foi et d’humilité.

Le Christ est le maître de l’humilité, dit saint Augustin. Il est le plus humble de nous tous, pour servir chacun. « Je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé », dit Jésus dans l’Évangile de Jean, au chapitre 5, verset 30. Serions-nous capables d’égaler l’amour de Dieu ? Non ! Eh bien, son humilité non plus !
Il est parfois accablant, pour un croyant, de ne pas réussir à atteindre un idéal qu’il se propose, mais il est joyeux de savoir que Dieu est plus humble que nous, et cette joie nourrit notre semblant d’humilité ! Tenter de vivre dans l’humilité c’est essayer d’élever et de relever les autres dans le dévouement de l’amour, sans les asservir, sans prétendre détenir la vérité de ce qu’ils sont et de ce qu’ils doivent faire. En renonçant à les comparer à moi et donc les respecter tels qu’ils sont. Toujours tenter de voir l’autre comme image de Dieu.
Je terminerai avec une petite histoire qui marque avec humour cette réflexion invitant à la méditation sur l’humilité. Humour commence comme Humilité et se termine comme Amour.
C’est une petite parabole, à propos du manque d’humilité, que m’a raconté le père Pierre Trevet du Puy-en-Velay.
Quatre mères de prêtres sont en pleine discussion à propos de leurs fils et de leur sacerdoce ministériel. Chacune parle du sien avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté. La première s’exclame : « Mon fils vient d’être ordonné évêque, quand il arrive on lui dit : oh ! Bonjour Monseigneur ! » La deuxième prend la parole à son tour en disant : « Mon fils est archevêque quand il arrive, on lui dit : « oh ! Bonjour Excellence ! » La troisième ni tenant plus, leur dit : « Mon fils a été fait cardinal, quand il arrive on lui dit : « oh ! Bonjour Éminence ! »
Enfin, la quatrième rcegarde les trois autres et s’exclame : « Mon fils mesure 1,98m et pèse 130 kilos, quand il arrive on lui dit : « oh ! Mon Dieu ! »
Philippe
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