Moings

Église Saint Martin de MOINGS

 

La nef de l’église, déjà construite au XIème siècle, fut complétée au siècle suivant par le chevet et le clocher remarquablement ouvragé. De la même époque (1130-1140), datent les importants graffitis qui tapissent les deux côtés du chœur. Litre funéraire, armoiries seigneuriales et peintures murales attestent l’impact, à diverses époques, de l’organisation de la société et de la Foi de la population. Comme bien d’autres en France et chez nous, elle est dédiée à saint Martin de Tours (316-397). Mais pourquoi donc la notoriété sans égale de saint Martin en Gaule, après sa mort en 397 ? Pour cela, il faut situer avec exactitude sa personne, sa vie et son apostolat au regard des deux mutations majeures de cette fin du IVème siècle. La première, c’est la proscription du paganisme et l’affirmation de la Foi catholique comme religion de l’Empire.

Les rapports entre l’Église et l’Empire connaissent alors une mutation sans précédent : l’Église passe des persécutions violentes avec leur long cortège de martyrs à la reconnaissance et au soutien de l’Empire, avant de se substituer largement à lui lorsqu’il s’écroulera du fait des invasions des Barbares. Cela ne s’est pas fait sans compromissions, on le sait… La seconde mutation, c’est justement la réaction que constituent la naissance des mouvements ascétiques, puis la montée en puissance du monachisme. Il s’agit de prendre le relais du martyr dans la recherche sans concession d’une pratique de la vie évangélique jusqu’au bout. Et c’est là que nous retrouvons Martin en première ligne !

Avant même de fonder Ligugé (361), il a entendu parler d’Athanase d’Alexandrie en exil à Trêves, de juillet 335 à novembre 337. Et Athanase est le biographe de l’Égyptien Antoine, « Père des moines d’Occident ».

Mais il y a eu aussi Hilaire de Poitiers, le père spirituel de Martin, exilé, lui, en Asie Mineure de 356 à 360, où il a rencontré l’inspirateur de Basile de Césarée de Cappadoce, le grand législateur de la vie monastique en Orient… Martin a donc puisé aux meilleures sources du monachisme. D’où la suite : la fondation du premier monastère d’Occident par Martin à Ligugé, puis de celui de Marmoutier aux portes de Tours quand il en devint l’évêque, et l’envoi de ses moines évangélisateurs dans toutes les directions… Donc, il y a encore toute une suite à cette histoire…