Meux

Église Saint Martin de MEUX

 

Bien que remaniée à plusieurs reprises, l’église de Meux garde bien des éléments de style roman de son origine au XIIème siècle. Comme pour plusieurs autres dans la région, son chœur et son chevet ont été haussés dans un but de défense. En témoignent les fenêtres étroites, la meurtrière dans l’escalier de l’ancien clocher disparu au début du XIXème siècle et surtout la chambre haute fortifiée qui surplombe le chœur. Un campanile double a été construit sur le pignon de la façade.

Toute proche du château de Meux, l’église garde la trace de son voisinage seigneurial dans cette épitaphe en vers pour Jérôme-Philippe Chesnel de Meux :

Le ciel ordonna ma naissance
Pour éclairer à mes neveux.
On a vu mes armes en France
Et, dedans l’église, mes vœux.
A l’ennemi, ma contenance
Était celle d’un noble preux
Et je me retrempais ma vaillance
A l’autel du maître des cieux…

L’église de Meux est sous le patronage de saint Martin. Dans sa récente étude intitulée , « Du nouveau sur Eutrope de Saintes ? », le Père Pascal Delage donne un aperçu tout à fait significatif de la personnalité de Martin comme évêque, eu égard au type le plus courant des hommes qui exerçaient l’épiscopat, à son époque. … « A la fin du IVème siècle, les conversions au christianisme se font de plus en plus nombreuses. Il faut des pasteurs pour encadrer ces communautés … avec peu de passé chrétien. Les évêques sont souvent … issus des aristocraties locales…, voire des familles sénatoriales. Ces hommes, grands propriétaires terriens, habitués aux responsabilités et aux rouages étatiques…. sont des patriciens sûrs de leurs devoirs et de leurs prérogatives qui voient d’un mauvais œil l’accession d’un homme de rien, un militaire sorti du rang, Martin, au siège épiscopal d’une métropole ecclésiastique (Tours) ».

Jean Chrysostome dénonce, lui aussi, vers 388-390, la manière dont on élit les évêques dans la partie orientale de l’Empire : … « on ne considère point ce qui devrait constituer l’unique objet de la délibération, à savoir les qualités de l’âme. On prend en compte de tout autres motifs. On donne sa voix à l’un parce qu’il est d’une naissance illustre ; à l’autre parce qu’il a de la fortune et qu’il pourra se passer des revenus de l’Église : à un troisième parce qu’il est un ami ou un parent… Personne ne jettera les yeux sur un candidat digne, possédant les vertus et les talents nécessaires. »…

C’est justement tout cela qui, par contraste, nous dit la qualité spirituelle et la grande disponibilité apostolique de saint Martin reconnu et vénéré dans toute la Gaule.