Église Saint Martin de FONTAINES-d’OZILLAC
L’église, placée sous le patronage de saint Martin de Tours (316-397), a été soigneusement restaurée et équipée à l’extérieur comme à l’intérieur dans les années récentes. Elle joue à nouveau pleinement, de ce fait, son rôle de lieu du rassemblement et de la prière communautaires des paroissiens catholiques. Mais elle accueille aussi, grâce à la qualité de l’acoustique et à cause de son esthétique et du confort qu’elle offre, des manifestations culturelles de grande qualité, tout particulièrement les concerts organisés par « l’Association du Val de Seugne ».
C’est également sur le territoire de la commune qu’est située la petite chapelle de Notre-Dame de la Compassion, veillée par ses deux cyprès. Cette chapelle, érigée au XVIIIème siècle sous le vocable de Notre-Dame des Sept Douleurs, a gardé particulièrement la mémoire des 112 paroissiens de Fontaines, dont 47 enfants de moins de dix ans, victimes de la famine, de septembre 1693 à juillet 1694. Chaque année, le soir du 15 août, une procession aux flambeaux en pérennise le souvenir dans la prière et l’action de grâces.
Saint Martin, évêque de Tours (316-397), est le Patron de l’église de Fontaines-d’Ozillac. Né en Hongrie où son père était soldat de l’empereur romain, il passe son enfance dans les garnisons. A cause de la loi romaine, malgré son désir d’être chrétien et même ermite, à 15 ans, il doit s’enrôler dans l’armée. C’est ainsi qu’il se retrouve un jour aux portes de la ville d’Amiens et tranche la moitié de son manteau militaire pour la donner à un pauvre qui grelotte ; l’équipement était, en effet, pour une moitié à la charge de l’armée, pour l’autre moitié à la charge du soldat… La vision en songe du Christ revêtu de la partie donnée au pauvre et lui disant : « J’étais nu, Martin m’a couvert » décide Martin à quitter l’armée pour réaliser son désir : vivre en ermite. Pour peu de temps… Saint Hilaire, évêque de Poitiers, lui demande de fonder le premier monastère des Gaules, à Ligugé… Mais peu de temps après, les chrétiens de Tours viennent à nouveau le prendre et le forcent à devenir leur évêque en 371. Là aussi, il fonde un monastère à Marmoutiers. Mais, de ce foyer intense de prière et de contemplation où il revient régulièrement se ressourcer, il entreprend de grandes tournées missionnaires, crée les premières paroisses rurales, implante de nombreux monastères de moines missionnaires… C’est bien pour cela que près de quatre mille églises en France lui sont dédiées, que cinq cents villages portent son nom, et qu’il est le second patron de notre pays. Mort le 8 novembre 397, sa fête est célébrée le 11 novembre.
Petite Chapelle de la pitié à FONTAINES-d’OZILLAC
Venant de Jonzac, au passage à niveau de Fontaines, vous apercevez, sur la droite, en plein champ, une petite chapelle avec deux ifs sur le côté. Comme elle est souvent oubliée par les guides, rares sont les touristes qui font le détour pour la visiter.
Elle avait été récemment fermée au public : des pierres du portail menaçaient de tomber et il y avait un petit glissement de terrain sur le tertre où elle est bâtie… La municipalité n’a pas voulu la voir disparaître et a réussi à réunir les subventions qui ont permis de la sauver. Ce qui a réjoui le cœur des paroissiens et de tous les amis de la chapelle – bien au-delà de Fontaines-d’Ozillac.
Car cette chapelle fait mémoire d’une page importante de l’histoire locale, écrite dans le malheur et l’espérance.
Histoire mal connue, mais qui a été décryptée, à travers les registres paroissiaux, d’abord par l’abbé Granget, dernier curé de Fontaines-d’Ozillac, et récemment, par M. Jacques Gaillard, que les amoureux de peinture et de vieilles pierres connaissent bien.
De septembre 1693 à mai 1694, il y a eu 112 décès dans cette petite commune, c’est-à-dire 10 par mois (au lieu, sans doute, de 3 à 4 en temps normal ?) ; 23 morts pour le seul mois de septembre.
M. Jacques Gaillard a eu l’heureuse idée de graver ces 112 noms sur de petites briques qui prendront place sur le sol en réfection. Et voici comment, dans le petit opuscule qu’il lui a consacré, il raconte l’histoire de la chapelle, que les paroissiens avaient fait vœu de construire quand cesserait le fléau qui ravageait la population. Ce qui fut fait à la fin de l’année 1694.
Elle est jolie la tradition orale qui entoure l’édification de la petite chapelle de Fontaines, plantée là au milieu des maïs et des blés comme si la seule église paroissiale ne pouvait embrasser dans son giron toute la douleur de la communauté. Sa mémoire transmise depuis trois siècles évoque ces temps de misère où la maladie s’abattait comme une malédiction sur les bons et sur les méchants. L’histoire se serait donc passée dans les années 1690 en ces temps où les hivers sont rudes et maigre la pitance. Et c’est ainsi qu’à Fontaines succombèrent des familles entières et beaucoup d’enfants. Procession et prière n’y faisaient rien et l’épidémie dura longtemps… Enfin on vit la fin du mal à force de ferveur. Alors, rendant grâce au ciel, on l’édifia, toute petite, pour la mémoire. Point de portail armorié, mais une humble porte à peine égayée par une frise et des pilastres. Point de vitraux mais de simples baies. Point de voûte élevée ni de chapiteaux, mais une charpente en bois en forme de berceau. Sans doute fut-elle consacrée, par une grande cérémonie. Ce qui rassembla toute la population. Et la cloche sonna, sonna… Et on lui donna un nom grand comme une cathédrale : Notre-Dame de Pitié !


