Champagnac

Église Saint Pierre de CHAMPAGNAC

 

L’église date du XIIIe siècle. L’édifice alors en mauvais état et sa façade ont été restaurés au XIXe. Champagnac, possession royale, a échappé aux destructions des guerres de Religion. L’abbé Yves Blomme estime que sa grande et belle nef reproduit le vaisseau central de Barbezieux. Son clocher octogonal a été construit sur une base carrée massive, et chacun de ses pans est orné d’une grande fenêtre à cintre brisé, comportant une colonnette centrale. La cloche de 900 kg porte une longue inscription se terminant ainsi : « … J’ai été fondue en Décembre 1824, par l’autorité de Monsieur Jean-Baptiste Duret, Maire de Champagnac et Monsieur Jean Frappé, curé de la paroisse et Monsieur Pierre Tanguidé, trésorier ».

L’église de Champagnac est sous le patronage de saint Pierre-aux-Liens.

Saint Pierre-ès-liens

C’est à un événement bien précis de la vie de l’apôtre Pierre, rapporté dans le livre des Actes des Apôtres (Act. 12/119), que se réfère ce vocable également attribué à nombre d’églises de la région. Après une première persécution violente contre les apôtres à Jérusalem, provisoirement calmée par l’intervention du pharisien Gamaliel au Grand Conseil, et celle qui aboutit à la lapidation du diacre Étienne, c’est le roi Hérode lui-même qui s’en prit d’abord à l’apôtre Jacques, frère de Jean, et le fit supprimer par le glaive. Constatant la satisfaction des Juifs, il fait alors arrêter Pierre « les jours des pains sans levain », c’est-à-dire à la même époque de l’année où Jésus fut lui-même arrêté. Il le fait jeter en prison sous bonne garde de « quatre escouades de quatre soldats », soit seize gardiens pour un seul homme ! Par cette notation et d’autres, la suite de ce récit n’est pas sans évoquer la mort de Jésus et la garde du tombeau ordonnée par Pilate ainsi que le surgissement puissant de l’ange du Seigneur à l’entrée du tombeau vide, comme pour la délivrance de Pierre, des mains d’Hérode. « Lève-toi vite… Mets ta ceinture et lace tes sandales. Passe ton manteau et suis-moi. » Une fois dehors et après que l’ange l’eût quitté, Pierre reprit ses esprits, comprit ce qui venait de lui arriver et, s’étant repéré dans la ville de Jérusalem, gagna la maison de Marie, la mère de Jean, surnommé Marc. Marc sera ensuite le compagnon de mission de Paul, de Barnabé, son cousin, et finalement de Pierre lui-même ; il est aussi l’auteur du deuxième Évangile. Cet événement a suffisamment marqué l’Église et conforté Pierre dans sa mission d’apôtre et de témoin qu’il a suscité dès le Haut Moyen Âge ce vocable et la célébration d’une fête de Saint-Pierre-aux-Liens, le 1er août. C’est le 1er week-end du mois d’août, aujourd’hui encore, qu’a lieu la fête locale (« frairie ») de Champagnac.