le CCFD Terre Solidaire
Acteur historique de l’engagement contre la faim et pour la justice, le CCFD Terre solidaire soutient près de 600 projets menés par des associations locales dans 71 pays. Nous oeuvrons pour que chacun et chacune voie ses droits respectés : manger à sa faim, vivre de son travail, habiter un environnement sain, choisir où construire sa vie… Cet engagement pour plus de justice et de solidarité prend racine dans l’Évangile et la pensée sociale de l’Église.
Par notre action individuelle et collective, nous proposons et soutenons des solutions globales et de terrain.
Grâce à votre don, en soutenant des projets du CCFD Terre solidaire, vous agissez contre la faim et pour la construction d’un monde plus juste.
Face à la faim, unissons nos pouvoirs
https://ccfd-terresolidaire.org/
Livret spirituel pour vous aider à cheminer pendant le carême
semaine après semaine, avec ce livret spirituel, nous vous proposons un parcours d’engagement pour construire une terre solidaire, avec celles et ceux qui agissent contre la faim et pour la justice. Un parcours à vivre seul, en famille, entre amis ou en équipe, pour devenir acteur dans sa vie et donner du sens à son don.
Chacune des étapes est une invitation à :
– écouter l’appel du Seigneur, à partir des extraits de l’Évangile du dimanche que l’on prend comme une méditation. On peut reprendre les textes entiers en se reportant aux références indiquées.
– se nourrir avec l’éclairage biblique présenté par Bertrand Gournay, l’ancien aumônier national du CCFD Terre Solidaire, pour approfondir personnellement, en lien avec notre vie, la thématique proposée pour le dimanche.
– donner une dimension universelle à ce chemin de carême et porter les partenaires du CCFD Terre solidaire avec une intention de prière
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5ème dimanche de Carême année C
« Oui, nous devons “déborder d’espérance” (cf. Rm 15, 13) pour témoigner de manière crédible et attrayante de la foi et de l’amour que nous portons dans notre cœur ; pour que la foi soit joyeuse, la charité enthousiaste ; pour que chacun puisse donner ne serait-ce qu’un sourire, un geste d’amitié, un regard fraternel, une écoute sincère, un service gratuit, en sachant que, dans l’Esprit de Jésus, cela peut devenir une semence féconde d’espérance pour ceux qui la reçoivent. » (Pape François, « L’espérance ne déçoit pas », §18)
4ème dimanche de Carême année C
« Si nous voulons vraiment préparer la voie à la paix dans
le monde, engageons-nous à remédier aux causes profondes
des injustices, apurons les dettes injustes et insolvables
et rassasions les affamés. »
(Pape François, « L’espérance ne déçoit pas », §16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 15, 1-3.11-32)
En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Éclairage biblique par Bertrand Gournay, ancien aumônier national du CCFD-Terre Solidaire
Jésus évoque sous la forme d’une parabole comment nous pouvons tous percevoir la vie du Royaume. Le temps du Carême voudrait nous préparer à contempler ce qui advient par une attitude d’espérance. Les détails ne manquent pas dans cette parabole. Conservons seulement cet élément ultime d’un père qui se réjouit, car il a retrouvé un fils qui n’est plus le fils du départ.
Ce fils qui est retourné en lui-même après avoir dissipé son bien, dit le récit, est un fils qui découvre en lui la richesse d’un lien essentiel qu’il avait cru relatif : le lien avec son père.
L’argent de l’héritage avec lequel ce fils est parti vers un pays lointain montre que les liens entre nous peuvent devenir uniquement économiques. Autre
chose est à recevoir et à offrir de chacun à chacun. C’est la grande leçon de ce récit. Jésus l’utilise contre ses détracteurs qui lui reprochaient de manger
avec des pécheurs. Dieu ne nous regarde pas comme une masse humaine, sociale ou économique, mais il noue avec nous un lien toujours unique pour que la joie se répande autour de nous et si bien peinte par Rembrandt dans Le Retour du fils prodigue.
3ème dimanche de Carême année C
« La communauté chrétienne doit toujours être prête à défendre le droit des plus faibles. Qu’elle ouvre toutes grandes les portes de l’accueil avec générosité afin que l’espérance d’une vie meilleure ne manque jamais à personne. »
(Pape François, « L’espérance ne déçoit pas », §13)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 13, 1-9)
Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens
que Pilate avait fait massacrer,
mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit :
« Pensez-vous que ces Galiléens
étaient de plus grands pécheurs
que tous les autres Galiléens,
pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes
tuées par la chute de la tour de Siloé,
pensez-vous qu’elles étaient plus coupables
que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole :
« Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne.
Il vint chercher du fruit sur ce figuier,
et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron :
‘Voilà trois ans que je viens
chercher du fruit sur ce figuier,
et je n’en trouve pas.
Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’
Mais le vigneron lui répondit :
‘Maître, laisse-le encore cette année,
le temps que je bêche autour
pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir.
Sinon, tu le couperas.’ »
– Acclamons la Parole de Dieu.
uperas.” »
Éclairage biblique par Bertrand Gournay, ancien aumônier national du CCFD-Terre Solidaire
Beaucoup parmi nous perçoivent dans les drames contemporains une punition divine. La perspective de Jésus est tout autre. Il dit ceci : « Non je vous le dis, mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Il retourne la question sur chacun de nous. C’est au fond de soi que se joue l’essentiel de notre avenir. Loin de nous laisser abattre par les causes multiples des drames,
Jésus nous renvoie très personnellement à ce que nous voulons vivre au fond de nous. Que voulons-nous faire de cette vie présente ?
Aussi, Jésus invente une petite parabole. Un propriétaire cherche à couper un figuier qui ne donne pas de fruits depuis trois ans, mais son employé lui propose de patienter et de voir comment ce figuier se comportera avec un peu de travail autour de son pied.
Plutôt que notre vie ressemble à celle de ce figuier stérile, faisons germer des signes d’espérance ; laissons-nous amender, travailler, améliorer par la demande de celles et ceux qui ont besoin de notre propre confiance en l’avenir. Les enfants, surtout, n’ont-ils pas besoin de la confiance des adultes pour se construire et transmettre « l’espérance qui est en eux » ?
2ème dimanche de Carême année C
« La vie chrétienne est un chemin qui a besoin de moments forts pour nourrir et fortifier l’espérance, compagne irremplaçable qui laisse entrevoir le but : la rencontre avec le Seigneur Jésus. »
(Pape François, « L’espérance ne déçoit pas », §5)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 9, 28b-36)
En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,
et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait,
l’aspect de son visage devint autre,
et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui :
c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire.
Ils parlaient de son départ
qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;
mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus,
et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui,
quand Pierre dit à Jésus :
« Maître, il est bon que nous soyons ici !
Faisons trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler,
qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ;
ils furent saisis de frayeur
lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils,
celui que j’ai choisi :
écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre,
il n’y avait plus que Jésus, seul.
Les disciples gardèrent le silence
et, en ces jours-là,
ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
– Acclamons la Parole de Dieu.
Eclairage biblique par Bertrand Gournay, ancien aumônier national du CCFD-Terre Solidaire
Juste avant ce surprenant passage de l’Évangile de saint Luc, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. » Puis quelques phrases plus loin : « Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? » Par ces mots, Jésus creuse pour nous un sillon vers l’espérance, vivant une expérience qui anticipe sa résurrection après sa mort sur la Croix. Pierre, Jacques et Jean sont avec lui, mais en présence aussi de deux personnages qui rappellent toute l’Écriture : Moïse et Élie. L’expérience est intense pour ces hommes qui garderont le silence en raison de l’intensité du moment au cours duquel ils entendent : « Celui-ci est mon fils, celui que j’ai élu, écoutez-le. »
Ce récit enrichit notre temps de Carême en laissant revenir en soi le patient dialogue entre Dieu et l’homme au long des temps passés en vue d’un rassemblement de tous en Christ. Et cependant violence et détresse humaine demeurent fortes partout dans notre monde. Faisons de ce temps de Carême un temps d’écoute par la lecture de l’Évangile du Christ.
1er dimanche de carême année C
« Tout le monde espère. L’espérance est contenue dans le coeur de chaque personne comme un désir et une attente du bien, bien qu’en ne sachant pas de quoi demain sera fait. »
« Quel que soit le genre de vie, on ne peut pas vivre sans ces trois inclinations de l’âme : croire, espérer, aimer. »
(Pape François, « L’espérance ne déçoit pas », §1 et 3)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 4, 1-13)
En ce temps-là,
après son baptême,
Jésus, rempli d’Esprit Saint,
quitta les bords du Jourdain ;
dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable.
Il ne mangea rien durant ces jours-là,
et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le diable lui dit alors :
« Si tu es Fils de Dieu,
ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit :
« Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Alors le diable l’emmena plus haut
et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.
Il lui dit :
« Je te donnerai tout ce pouvoir
et la gloire de ces royaumes,
car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi,
tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit :
« Il est écrit :
C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras,
à lui seul tu rendras un culte. »
Puis le diable le conduisit à Jérusalem,
il le plaça au sommet du Temple
et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi, à ses anges,
l’ordre de te garder ;
et encore :
Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui fit cette réponse :
« Il est dit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations,
le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.
– Acclamons la Parole de Dieu.
Eclairage biblique par Bertrand Gournay, ancien aumônier national du CCFD-Terre Solidaire
Ce premier dimanche de Carême nous engage sur le chemin étroit qui révèle les conditions de la victoire sur le Mal. Jésus y sème des paroles d’espérance, faisant appel à l’Écriture et à son lien unique avec Dieu son Père.
Car l’enjeu du ministère de Jésus est là, dans les paroles du diable. Sitôt après avoir reçu le baptême et entendu la voix qui venait du ciel, le fils de Dieu est poussé par l’Esprit, dit le récit de saint Luc. Jésus s’apprête alors à vivre 40 jours seul. 40 jours qui évoquent la traversée du peuple de Dieu au désert et pour Jésus les souffrances de l’incarnation. Il est engagé à vivre physiquement et moralement les souffrances de ses frères et soeurs. Cette expérience atteindra son sommet sur la Croix et s’achèvera par la gloire de la Résurrection. « L’homme ne vit pas seulement de pain. » La tentation opérée par le diable sur l’imaginaire de Jésus l’amène à puiser en lui la force qui l’unit au Père, Celui qu’on ne peut mettre à l’épreuve et le seul à qui rendre un culte.
Ce faisant, et aux dépens du diable, il annonce une autre nourriture permettant à l’homme de demeurer libre. Puissions-nous trouver dans la parole de Dieu la source de notre propre liberté.
mercredi des Cendres
« Qu’il nous aide aussi à retrouver la confiance nécessaire dans l’Église comme dans la société, dans les relations interpersonnelles, dans les relations internationales, dans la promotion de la dignité de toute personne et dans le respect de la création. Que notre témoignage de foi soit dans le monde un ferment
d’espérance authentique, une annonce des cieux nouveaux et de la terre nouvelle où nous habiterons dans la justice et la concorde entre les peuples, tendus vers l’accomplissement de la promesse du Seigneur. »
(Pape François, « L’espérance ne déçoit pas » § 25)
Évangile
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (cf. Ps 94, 8a.7d)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
(Mt 6,1-6.16-18)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.
Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes
quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.
Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Éclairage biblique par Bertrand Gournay, ancien aumônier national du CCFD-Terre Solidaire
Nous comprenons immédiatement que Jésus ne remet pas en cause le bienfondé de l’aumône, de la prière comme du jeûne, mais la manière dont ces gestes sont donnés : ton Père qui voit dans le secret te le rendra (6, 18).
Y a-t-il alors une manière de faire quelque chose de juste qui ne rende pas juste ? interroge ce récit de saint Matthieu.
Mais n’aimons-nous pas souvent faire voir ce que nous faisons pour les autres, au lieu d’agir de manière invisible pour les autres – même pour soi même –, sachant que Dieu seul voit la sincérité du geste ?
Plutôt que se tromper soi-même dans l’image que l’on se donne de soi, Jésus propose de demeurer dans l’ignorance des conséquences de nos gestes de générosité envers les autres. Le CCFD-Terre Solidaire oriente depuis plus de 60 ans son soutien vers les populations les plus fragiles au travers d’actions efficaces et pourtant non visibles directement par le réseau de ses bénévoles.
Le regard du Père est un regard reconnaissant : ton Père te le rendra. Ce regard gratifiant ne suffit-il pas ? Entrons dans ce chemin de Carême dans la confiance de ce regard gratifiant.
