
Ça a été une élection rapide. Je pense que les cardinaux se sont vraiment réunis autour d’un nom rapidement et je crois que c’est un bon signe pour l’unité de l’Eglise.
Un pape jeune pour un pape (69 ans) mais qui a quand même une grande expérience. Né aux USA d’un père d’origine française, pour notre petite fierté, mais aussi italien et espagnol. C’est d’abord un religieux, un augustinien. Un homme qui aime beaucoup St Augustin qu’il a beaucoup cité.
Il a pris le nom de Léon. On peut donc penser au pape Léon Ier, un des premiers grands papes de l’Eglise. A la fois précis, clair, dans des questions de doctrines au sujet de la double nature humaine et divine du Christ. Et qui en même temps a affronté les défis de son époque face aux invasions barbares, notamment les Huns.
Pensons aussi à Léon XIII, le dernier qui a porté ce nom. Un pape de la fin du XIXe, début XXe, qui a justement été très attentif aux changements du monde à l’époque, en particulier la condition des ouvriers.
Ce sont peut-être des signes, des indices de ce que sera Léon XIV : un pape ouvert au monde.
Un pape missionnaire
Il a longtemps été au Pérou comme prêtre et comme évêque. C’est un pape qui a été missionnaire, et dans ce monde qui bouge, qui a soif de Dieu, je crois que cette ouverture universelle est bienvenue dans notre Eglise, pour qu’elle ne se referme pas sur elle-même mais qu’elle se rappelle qu’elle est d’abord missionnaire.
C’est ainsi que le Seigneur Jésus l’a voulu, l’a envoyé et missionné pour annoncer l’Evangile.
Il a cité St Augustin « Pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien ». C’est une citation bien connue dont nous, évêques, aimons nous souvenir, car avant tout nous sommes chrétiens, baptisés, frères dans le Christ. C’est à l’intérieur de cette fraternité, de cette vocation baptismale, que nous avons été appelé à être prêtre, évêque et pour certain pape.
Je crois que c’est très important. C’est dans la ligne du concile Vatican II qui a remis en honneur l’Eglise comme peuple de Dieu, comme membre du corps du Christ, où nous tous, nous avons la même dignité et la même vocation à la sainteté, que l’on soit laïc, prêtre, religieux. C’est la même vocation fondamentale qui nous est donnée, ce même appel à marcher sur le chemin de la sainteté, pour apprendre à aimer comme le Seigneur nous a aimé.
8 mai 1945 : capitulation de l’Allemagne nazie – 8 mai 2025 : élection du pape Léon XIV
C’est peut-être un petit signe du Seigneur qui nous est donné dans un monde qui est de plus en plus tenté par la méfiance et la violence entre les peuples, dans les familles, la société. Nous avons sans doute ici un pape artisan de paix : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).
On sent un homme calme, discret, avec cet esprit pacifique dont l’Eglise et le monde ont bien besoin aujourd’hui. Un visage de douceur, de sérénité, sérieux aussi. Emu également. On dit que lorsque l’on est élu pape, on pleure. C’est une charge écrasante mais voulu par le Seigneur, donc Il donne aussi la grâce pour assumer cette charge.
Prions pour notre nouveau pape
Il a besoin de nos prières et que nous l’accueillons tel qui l’est, que nous apprenions à la connaître, que nous essayons de toujours mieux comprendre ce qu’il nous dit, même si dans un premier temps cela nous surprend ou alors que nous n’arrivons pas à comprendre. C’est cela l’obéissance dans l’intelligence de la Foi. L’accueillir comme un don de Dieu, pour aujourd’hui, pour l’Eglise du Christ.
Avec cet accueil, faisons confiance en celui que le Seigneur a voulu pour nous aujourd’hui. Prions pour notre nouveau pape, évêque de Rome, et successeur de Pierre.
Mgr François Jacolin,
Evêque de Luçon et administrateur apostolique du diocèse de La Rochelle
Propos recueillis par RCF Vendée
Retranscription et adaptation Diocèse de Luçon