Christian Luna, paroissien bien connu de notre communauté paroissiale, a participé du 10 au 16 septembre dernier, au pèlerinage diocésain « Pèlerins d’espérance, artisans de Paix » , sur les routes de l’Espagne et du Portugal. Au travers de ces lignes, il nous livre son témoignage et son vécu de ces journées intenses :
« En ce jeudi 10 septembre, nous sommes pèlerins d’espérance et artisans de paix. Au cœur de ce pèlerinage, c’est Fatima au Portugal, mais en chemin, nous passons par Avila, Tomar, Braga, Compostelle, Aviles et Santander.
Nous sommes réveillés très tôt, départ du car à 4h du matin. Les yeux emplis de sommeil, mais le sourire présent, nous prenons contact au sein de notre groupe, avec la certitude d’une entente et d’une amitié naissante. Le chemin est long, mais nous sommes bien installés pour prolonger la nuit.
Notre première étape se fait à Burgos. La ville abrite l’un des chefs d’oeuvre du gothique espagnol : sa cathédrale classée au patrimoine mondial. Elle intègre d’autres styles artistiques, car sa construction a duré plus de 500 ans. Dans la tour lanterne de la nef centrale se trouvent les reliques de Rodrigo Diaz de Vivar, le Cid, et de son épouse Donã Jiména.
Après le pique-nique que chacun a eu soin d’apporter, nous roulons vers Avila. Les remparts de la ville sont le symbole de cette cité, l’une des cités fortifiées les mieux conservées en Europe. Cette ville nous offre un beau joyau, la première cathédrale gothique d’Espagne, conçue comme une forteresse adossée aux remparts. Elle est sombre et majestueuse. Sainte Thérèse est l’autre symbole de la cité avec Saint Jean de La Croix. Ces deux figures emblématiques de l’activité réformatrice marquèrent l’histoire de l’Espagne.
Le lendemain, vendredi 11 septembre, nous prenons la direction de Guarda au Portugal. C’est la ville la plus élevée du pays. Nous visitons la cathédrale érigée à partir de 1390. Sa construction a duré plus de 150 ans. Son architecture crée une symbiose entre le gothique et le manuélin (style architectural et artistique portugais de la fin du 15ème siècle et du début du 16ème siècle qui a connu son apogée sous le règne du roi Manuel 1er. Il est caractérisé par une exubérance décorative inspirée des grandes découvertes maritimes du pays.) C’est un bâtiment de granit, son aspect fortifié présente avec ses pinacles et ses contreforts, des éléments décoratifs manuélins. A l’intérieur, on admire le rétable de l’autel, la plus grande œuvre de la sculpture classique de la dernière période de la Renaissance.
Notre périple nous mène maintenant vers la monastère de Tomar classé lui aussi au patrimoine de l’Unesco. Cet ancien siège de l’ordre des Templiers, puis de l’Ordre du Christ qui lui a succédé, abrite de nombreuses richesses artistiques, en particulier le couvent du Christ, un des ouvrages les plus importants de la Renaissance du Portugal. La Rotonde est la partie la plus ancienne. Cet oratoire des Templiers fut construit au 12ème siècle, ainsi que le château, dispositif militaire inspiré des fortifications de la Terre Sainte. L’Ordre du Christ devient au 15ème siècle un des moteurs de l’expansion maritime portugaise.
Arrivés à Fatima, nous nous installons à l’hôtel avant d’aller nous recueillir dans le sanctuaire.
« N’ayez pas peur ! » c’est ainsi que la Vierge Marie s’est adressée à trois petits bergers portugais à Aljustrel, le 13 mai 1917, Lucie, François et Jacinthe. Ils ont vu une « Dame vêtue de blanc et plus brillante que le soleil ». « Voulez-vous vous offrir à Dieu, pour supporter toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en réparation pour les péchés qui l’ont offensé, pour la conversion des pécheurs? » Les enfants acceptent. La Vierge renouvelle son invitation à se présenter chaque 13 du mois, au même lieu. Le 13 octobre, la Vierge révèle son identité aux enfants : je suis « La Dame du Rosaire ».
Samedi 12 et dimanche 13 septembre, nous visitons la chapelle des apparitions, la basilique Notre Dame du Rosaire de Fatima, la basilique de la Sainte Trinité et le musée. Nous assistons à des célébrations (messe, procession, chapelet, chemin de croix) en lien avec le programme du sanctuaire à l’occasion de la fête anniversaire des apparitions. Nous visitons le village d’Aljustrel où ont vécu les trois petits bergers.
Le lundi matin, le car nous conduit à Braga, vers le sanctuaire du « Bon Jésus » situé sur les hauteurs de la ville, il est en harmonie avec le paysage du nord du Portugal. C’est l’un des plus grands lieux de pèlerinage du pays, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce sanctuaire a été conçu comme un chemin spirituel. On entreprend une montée intérieure le long des nombreuses marches. Cet escalier est ponctué de chapelles représentant les scènes de la Passion, pour nous inviter à une démarche de pénitence, de conversion et de prière.
Après un pique-nique, nous partons en direction de Saint Jacques de Compostelle. Depuis des siècles, des milliers de pèlerins parcourent chaque année ce chemin. C’est l’un des trois grands pèlerinages de la chrétienté avec Jérusalem et Rome. Nous visitons la cathédrale érigée sur les vestiges d’anciennes églises dédiées à Saint Jacques. Elle a subi plusieurs phases d’agrandissement, comme en témoigne son mélange de styles architecturaux (roman, gothique, baroque, plateresque et néoclassique). La façade est considérée comme l’une des plus hautes expressions du baroque espagnol. On pourrait y passer des heures à regarder les sculptures et les détails de ce fameux monument. Notre visite nous conduit au maître autel que nous contournons pour embrasser l’image de l’apôtre qui préside le temple. Sous l’autel de cette crypte se trouvent les murs de l’ancien tombeau, et en son centre, l’urne contenant les reliques de l’apôtre venu annoncer le Christ.
Le mardi 15 septembre, nous assistons à la messe à la cathédrale avant de rejoindre le car qui nos mène à Aviles, où pendant quelques minutes, nous déambulons dans l’église des frères Franciscains, Saint Antoine de Padoue, construite entre la fin du 12ème et le début du 13ème siècle, à l’intérieur des anciennes murailles. On y retrouve une fois de plus, ce mélange de styles romans et gothiques.
Notre pèlerinage touche un peu à sa fin. Après notre installation à l’hôtel de Santander, nous prenons un temps d’action de grâce et un temps libre de promenade dans la ville.
Le mercredi 16 septembre, nous sommes conduits à Saint Jean de Luz, la station océane de la côte basque. Autrefois, cité corsaire, elle est devenue une destination de vacances où il fait bon vivre.
On y visite l’église St Jean Baptiste où Louis XIV épousa Marie-Thérèse en 1660. Les trois étages de galeries en bois et le rétable sont les éléments à remarquer.
L’après-midi, nous prenons la direction de Saintes avec la certitude d’avoir accompli un magnifique pèlerinage avec de grands mercis à adresser à Marie Devallet organisatrice des pèlerinages (nous connaissons tous son dynamisme et son engagement), au père Daniel Martin grâce auquel, nous avons pu avoir des célébrations quotidiennes, des homélies encourageantes et pleine de confiance qui nous ont nourris, à tous les participants avec lesquels nous avons tissé des liens amicaux. Et n’oublions pas notre chauffeur portugais Paulo, si sympathique et si souriant. Il a été avec nous tout au long de ce voyage et nous a été très utile par ses interventions au Portugal.
Le pèlerinage est fini, mais nous ne quittons pas Dieu. Il demeure avec nous et nous pouvons, nous aussi, demeurer en lui. Il s’agit d’une très belle expérience qui portera ses fruits.«
