Qu’elle soit corporelle, mentale ou spirituelle, la maladie éprouve l’individu tout en impactant la communauté entière. La quête de guérison exige en retour une participation commune de la personne et du collectif. Pour le comprendre, souvenons-nous de la gestion de la crise du COVID-19, où les arbitrages politiques des États ont directement scellé le sort des citoyens. La stratégie d’élimination de la Chine s’est révélée très efficace pour la santé physique, tandis que les politiques d’atténuation par le confinement en France ou en Italie ont produit des résultats mitigés. De son côté, la responsabilisation sans confinement de la Suède a généré un bilan insatisfaisant et la gestion décentralisée des États-Unis a conduit à un coût sanitaire extrêmement lourd. Il en va exactement de même pour la santé mentale : le regard et les choix d’une société déterminent profondément le destin des personnes concernées et de leurs proches.
En Europe, notre rapport collectif à la souffrance psychique a fortement évolué selon les époques, preuve qu’aucun modèle n’est immuable. Au Moyen-Âge, le « fou » conservait une place authentique au cœur de la cité. Au XIXe siècle, dans un élan de rationalisation rigide, les hôpitaux psychiatriques ont émergé, faisant le choix d’isoler la détresse derrière des murs et de priver les malades de leurs droits civiques. Puis, à la fin des années 1970, des pays comme l’Italie ont brisé ce modèle asilaire pour réintégrer les patients au sein de structures communautaires ouvertes.
Pour le bien-être des personnes touchées, de leurs proches, de la communauté chrétienne et de la société, il devient urgent de retrouver l’intuition évangélique portée par Jésus. Le Christ ne catalogue jamais ; il accueille chaque personne, l’interpelle et chemine à ses côtés, à partir de là où elle en est. En Église, nous sommes appelés à incarner ce compagnonnage par des attitudes simples : prendre le temps de nous rassembler, nous reconnaître mutuellement et permettre à chacun de s’exprimer pour s’accorder. C’est de ce vécu partagé que surgit, pas à pas, une authentique dynamique de fraternité, voire de guérison. Une telle existence partagée nous ouvre à l’altérité dans toutes ses dimensions et nous fait goûter, dès à présent, à la promesse du Royaume des cieux.
Dès lors, pourquoi ne pas aller à la rencontre de notre curé et de l’Équipe d’Animation Pastorale de notre paroisse pour les inviter à encourager une vie communautaire plus solidaire et plus inclusive ? Nos communautés sont appelées à s’ouvrir à toutes les différences, y compris celle de la santé mentale et à mettre en commun leurs fragilités pour recevoir, ensemble, le souffle de vie de l’Esprit. Telle est notre vocation commune.
Jean Luc Fabre s.j, Directeur National du Réseau Mondial de Prière du Pape France.
Dieu de la vie,
Tu connais les profondeurs les plus intimes de nos cœurs,
la lumière et les ombres qui nous habitent,
les blessures silencieuses que parfois personne ne voit.
Aujourd’hui, nous te présentons nos frères et sœurs
qui font face à des difficultés liées à leur santé mentale,
qui souffrent dans la solitude de l’anxiété, de la dépression ou de toute autre maladie mentale.
Tu les appelles chacun par leur nom, avec tendresse,
et en Toi, ils trouvent leur dignité et leur espérance.
Pardonne-nous les fois où nous avons détourné le regard,
alimentant la stigmatisation et la discrimination envers les personnes atteintes de maladies mentales.
Fais de ton Église une maison ouverte,
un lieu sûr où chacun a sa place,
une communauté qui accompagne et n’exclut jamais,
qui écoute sans juger et se fait proche sans crainte.
Nous te prions, Seigneur, pour ceux qui prennent soin:
professionnels, proches, bénévoles,
hommes et femmes qui, avec patience et amour,
construisent des ponts de compréhension et de réconfort.
Donne-leur la force et la compassion nécessaires
pour soutenir ceux qui en ont besoin.
Envoie sur nous ton Esprit,
afin que nous apprenions à accueillir et à intégrer le soin de la santé mentale
dans la vie et la mission de nos communautés et de toute l’Église,
et qu’ainsi nous devenions un signe vivant de Ta miséricorde,
Toi qui n’abandonnes jamais personne
et qui relèves toujours ceux qui tombent.
Amen.
