Saint Jean-Eude, né le 14 novembre 1604, mort le 19 août 1680, est un homme du XVIIème siècle. C’est un Normand authentique, issu de la moyenne paysannerie. Si Jean Eude nous séduit aujourd’hui encore, comme saint et maître spirituel, c’est parce nous découvrons en lui, avant toute choses, un témoin passionné de l’Évangile. Il n’a dit que oui (cf. 2Co 1,19-20) : cette formule résume bien ce que l’on voit chez lui de façon de plus en plus patente, que ce l’on touche presque du doigt : progression d’une véritable conversion, décentrement de soi, croissance dans la grâce, disponibilité de plus en plus dépouillée, de plus en plus effective, aux appels de Dieu. Dire « oui » en ce sens, ainsi qu’il l’exprime lui-même, ce sera toujours identiquement « Chercher en tout la volonté de Dieu ». Par ailleurs, Jean Eude est au fond un homme qui, tout au long de sa vie, se décrispe sous la grâce, en s’ouvrant au « Cœur de Dieu. »
Saint Jean Eude était le premier qui célébrait l’office et la messe du Cœur de Jésus.
Ce qui s’émerveille saint Jean Eude, c’est que tout chrétien, de par son baptême, peut vivre accordé à ce Cœur immense qu’est le Cœur de Jésus. Il disait : « Ne vous contentez pas d’aimer Dieu avec votre cœur humain ; cela est trop peu de chose, cela n’est rien ; aimez-le en tout l’amour de votre grand Cœur… » (Le Cœur admirable… OC, VI, 264). Pour saint Jean Eude, l’amour du Père vous révèle par Jésus. C’est la raison pour laquelle dans le Cœur de Jésus, l’amour est ainsi en permanence « sous l’angle d’une disponibilité filiale et courageuse, appelée à se traduire toujours et encore dans des actes concrets. » écrit Joseph CAILLOT dans son article intitulé « Saint Jean Eude : un itinéraire spirituel vers le Cœur de Jésus »
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Quel cœur plus adorable, plus aimable et plus admirable que le Cœur de cet Homme-Dieu qui s’appelle Jésus ?
écrivait saint Jean Eudes aux prêtres de sa congrégation. Pour lui, «
l’œuvre des œuvres, c’est la formation de Jésus en nous.
» Et comment « former Jésus » ? «
Ce doit être notre désir, notre soin et notre occupation principale, que de former Jésus en nous, c’est-à-dire de le faire vivre et régner en nous.
»
Dans un de ses ouvrages, Jean Eudes écrira : «
Le saint exercice de l’oraison doit être mis au rang des principaux fondements de la vie et de la sainteté chrétiennes, parce que toute la vie de Jésus-Christ n’a été qu’une perpétuelle oraison… [C’est] une chose si importante et si absolument nécessaire, que la terre qui nous porte, l’air que nous respirons, le pain qui nous sustente, le cœur qui bat dans notre poitrine, ne sont point aussi nécessaires à l’homme pour vivre humainement que l’oraison ne l’est à un chrétien pour vivre chrétiennement. Or, l’oraison est une élévation respectueuse et amoureuse de notre esprit et de notre cœur vers Dieu. C’est un doux entretien, une sainte communication et une divine conversation de l’âme chrétienne avec son Dieu, là où elle le considère et contemple dans ses divines perfections, dans ses mystères et dans ses œuvres ; elle l’adore, le bénit, l’aime, le glorifie, se donne à lui, s’humilie devant lui en la vue de ses péchés et ingratitudes, le prie de lui faire miséricorde, apprend à se rendre semblable à lui en imitant ses divines vertus et perfections, et enfin lui demande toutes les choses dont elle a besoin pour le servir et aimer
» (La vie et le royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes, 1637).
Que chacun de nous sache nous laisser le Christ demeurer, vivre et grandir dans notre cœur : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2,20).