LE MOIS DE NOVEMBRE

« Moi, Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jn 11,25)

Le mois d’octobre, celui du Rosaire, vient de nous dire au revoir. Et le mois de novembre frappe à la porte. Le soleil se couche un peu plutôt ; les feuilles changent leur couleur et commencent à tomber. En regardant les feuilles emportées par le vent, nous nous rappelons que nous sommes tous des pèlerins sur terre : un temps pour naitre et un temps pour mourir, comme disait le livre de l’Ecclésiaste. Les feuilles tombant nous font penser également à nos chers qui ont quitté ce monde.

Tandis que le monde fête Halloween durant laquelle les enfants, déguisés de manière effrayante, font du porte-à-porte pour demander des friandises, les mamans se mettent à contribution pour la préparation de nos Sorcières, Dracula et chauve-souris d’un soit, au début de ce mois, l’Église célèbre, dans les deux fêtes conjointes, les saints et les défunts. A cette occasion, nous sommes invités, à rendre grâce à Dieu, Créateur et Sauveur, pour les innombrables saints et saintes qu’Il nous a donné et à le prier pour que la masse innombrable des défunts que, nous le savons, Dieu n’oublie pas.

Comme nous sommes humains, la prière pour les défunts nous aide psychologiquement à porter le deuil et sa peine. Elle entretient dans notre mémoire un lien avec ceux qui ne sont plus là. Elle constitue la preuve tangible que nous pouvons continuer à les aimer. La prière pour les morts réparé nos négligences et nos indifférences et réciproquement leur pardonne leurs manquements.

La tradition de l’Église nous enseigne que la mort, si elle est la fin biologique du corps, n’atteint pas cette partie spirituelle de notre être que nous appelons habituellement l’âme. La mort porte à son achèvement notre histoire humaine sur cette terre en, et en même temps elle ouvre à notre âme des capacités nouvelles de rencontrer Dieu. « Les morts ont quelque chose à faire que Dieu leur donne comme une recréation d’eux-mêmes. Ils ont à assumer leur passé, négatif mais aussi positif, avec la lucidité pacifiée et l’énergie spirituelle que Dieu leur communique. » disait Henri Bourgeois, un théologien, dans son livre La mort (Paris, Desclés/Novalis, 1988, p. 169).

La prière pour les morts nous introduit plus profondément dans ce que l’on appelle la communion des saints. Elle nous fait entrer dans la mystérieuse solidarité qui unit les vivants et les morts et dans l’espérance de la résurrection des corps à venir pour les défunts et pour nous-mêmes.

Nous sommes tous besoin d’être purifié et sanctifié dès ici-bas ou au-delà de la mort. La purification, c’est apprendre à se laisser faire par Dieu. La vie éternelle ne se prend pas, elle se reçoit. A la mort, Dieu nous prend tels que nous sommes et nous prépare progressivement à le voir face-à-face. Ainsi, le curé d’Ars affirmait que le purgatoire est l’infirmerie du Bon Dieu. Ici-bas, nous pouvons aider les âmes des défunts en purification, par nos aumônes, nos prières, notre charité. Et en retour les âmes des défunts intercèdent pour nous, comme le souligne le catéchisme de l’Église catholique : « Notre prière pour elles, rend efficace leurs intercessions pour nous. »

« Saints, anges ou étoiles,

que ceux qui ont traversé nos vies,

ceux avec qui nous avons ri, partagé, et même pleuré

et sont partis parfais beaucoup trop tôt,

soient bénis pour leurs actions sur terre

et nous apportent la paix qu’ils ont trouvée auprès de Dieu. » Amen.