Un évêque coadjuteur

Il m’avait semblé intéressant dans un de nos récents courriers mensuels de rappeler que la mission
première d’un curé était avant tout d’annoncer l’Évangile à tous et de faire en sorte que chacun puisse
trouver le soutien spirituel nécessaire à sa vie de foi. J’ai prolongé cette réflexion en faisant un bref
exposé sur ce qu’était une paroisse dans la lettre mensuelle du mois dernier. Je pensais m’arrêter là et
partager une autre réflexion mais un évènement important est survenu qui m’incite à vous proposer
un nouveau sujet lié à l’organisation de l’Église qui est rappelons-le ce Peuple rassemblé par Dieu pour
être dans le monde le signe visible de sa présence. Cet évènement important est la nomination dans
notre diocèse d’un évêque coadjuteur qui nous est donné pour accompagner dans l’exercice de sa
charge Monseigneur Colomb notre évêque soumis à rude épreuve depuis de nombreux mois.
Plusieurs d’entre vous m’ont posé la question de savoir ce qu’était un évêque coadjuteur, quelle était
sa mission et enfin quelles en seraient les conséquences pour notre diocèse. Je vais tenter de répondre
en deux points à ces questions.
 Qu’est-ce qu’un évêque ? Je ne vous donnerai pas d’autre définition que celle tirée de
l’étymologie de ce mot qui provient du grec « episcopos » que l’on peut traduire par « celui qui
veille sur ». J’insisterai plutôt sur la source même de l’épiscopat qui n’est autre que le Christ lui-
même. Il est celui qui, comme le rappellent les évangiles « appelle à lui ceux qu’il veut et en
institue Douze pour être avec Lui et les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle » (Mc 3, 13-14).
Nous noterons deux choses : c’est le Christ qui appelle, c’est un groupe qu’il envoie. C’est
pourquoi on parle des « Douze ». Ces apôtres – ce nom signifie « envoyé » – sont ainsi
constitués en « Collège ». Leur ministère est la continuation de la mission du Christ. Témoins
du Christ ressuscité la qualité d’apôtre est ainsi unique. Toutefois l’annonce de l’Évangile ne
pouvait s’arrêter avec eux. C’est pourquoi ils instituèrent des successeurs : les évêques chargés
de poursuivre la mission confiée par le Christ.
Lorsque nous proclamons le Credo, nous disons que l’Église est Une, Sainte et Catholique, mais
nous ajoutons aussi « apostolique » affirmant ainsi qu’elle repose sur ces fondations solides
que sont les Douze apôtres. Aujourd’hui, le Collège des évêques en union avec Léon XIV, le Pape
qui est aussi évêque de Rome a pour mission de gouverner l’Église à travers le monde. En tant
que membre du Collège épiscopal, l’Évêque diocésain ne peut s’en dissocier. En ce sens il est le
gage de l’unité. Il lui revient de veiller à ce que toutes les personnes qui lui sont confiées
puissent trouver les ressources spirituelles qui leur sont nécessaires. L’Évêque tient sa mission
du Christ, lui-même l’envoyé de Dieu. C’est dire le rôle prépondérant de l’Évêque dans un
diocèse.
 Il me faut aussi dire quelques mots du terme « coadjuteur ». Monseigneur Bozo jusqu’alors
évêque de Limoges vient d’être nommé « évêque coadjuteur » de notre diocèse. La situation qui
était la nôtre depuis trop longtemps devenait vraiment difficile, notre évêque Monseigneur
Colomb étant empêché d’assurer sa mission. C’est pourquoi, comme le droit de l’Église le
permet le Pape a demandé à Monseigneur Bozo compte tenu de l’expérience acquise à Limoges
de devenir évêque coadjuteur de La Rochelle, notre diocèse. L’évêque coadjuteur dispose de ce
que l’on appelle un « droit de succession », c’est-à-dire qu’au jour où l’évêque titulaire, compte
tenu de sa fatigue ou de son âge demandera à être relevé de sa charge, le coadjuteur, de plein
droit, deviendra notre évêque à part entière.
Souhaitons-lui un bon accueil et surtout ne manquons pas de prier pour lui afin que le Seigneur
l’aide dans la lourde charge qui va devenir la sienne.

Père Bernard de Lisle

Vous trouverez ci-joint les annonces du mois paroissial.