C’est le titre de la récente encyclique du Pape Léon XIV. Ce document à portée universelle s’inscrit dans le
long développement de ce que l’on appelle la doctrine sociale de l’Eglise dont elle marque un nouveau jalon.
La publication de ce document a attiré l’attention de très nombreuses personnes bien au-delà du monde
ecclésial. C’est pourquoi il m’a semblé judicieux de lui consacrer une de ces petites chroniques mensuelles
auxquelles nous sommes habitués. Même s’il est difficile, voire impossible de résumer en quelques lignes ce
très long document il me parait bon d’en évoquer les points suivants :
- L’Encyclique s’inscrit dans la longue série de toutes celles qui se sont succédées depuis « Rerum
Novarum » du Pape Léon XIII, le 15 mai 1891. Le Saint Père a d’ailleurs daté le document du 15
mai 2026, soit 125 ans plus tard afin de bien marquer la continuité profonde qui existe entre les deux.
« Rerum Novarum » se traduit en français par « Des choses nouvelles ». Par la voix de son pasteur
Léon XIII, l’Eglise montrait au monde qu’elle ne se désintéressait pas des réalités temporelles. Bien
au contraire elle se penchait alors sur ce que l’on appelait « la question ouvrière » en un temps de
mutation profonde de la société bouleversée par la révolution industrielle. Les deux premiers
chapitres de l’actuelle encyclique vont rappeler cela. Après avoir rappelé ces principes fondamentaux
que sont la dignité de tout être humain, image du Dieu trinitaire ainsi que les cinq principes
immuables de la Doctrine sociale qu’il serait trop long d’exposer dans cette présentation, le Saint-
Père va exposer la visée recherchée par l’Encyclique. - C’est ainsi qu’au chapitre 3 intitulé « Technique et maîtrise » le Pape présente les « choses
nouvelles » de notre temps, tout particulièrement l’intelligence artificielle (IA). S’il dit ne pouvoir en
donner une définition compte tenu notamment de la vitesse à laquelle évoluent les choses il affirme
« qu’il faut éviter l’erreur consistant à assimiler cette intelligence à l’intelligence humaine » (n°99)
avant de déclarer plus loin que si l’IA peut être une aide précieuse pour l’humanité elle ne reste
qu’une apparence de relation et ne peut en aucun cas remplacer une relation humaine authentique. Le
risque écrit le Saint-Père ne serait pas tant « qu’une personne croie parler à une autre personne, mais
qu’elle perde le désir de rechercher véritablement l’autre »(n°100). - C’est sur ce risque d’enfermement que le Pape nous met en garde en nous rappelant que ce qui nous
sauve, ce n’est pas une « autosuffisance renforcée » mais au contraire une « relation qui libère, une
communion qui transforme » (n° 128). C’est donc à une profonde réflexion sur notre humanité que
l’encyclique nous invite, nous rappelant que l’être humain n’est pas « enfermé dans les limites de sa
propre nature, mais qu’il est appelé à se transcender » (n°127) en permettant à Dieu de le conduire
au-delà de lui-même pour qu’il parvienne ainsi à son être le plus vrai.
En résumé on peut affirmer que le Saint-Père ne condamne pas les avancées extraordinaires de la technique
moderne. Il nous invite au contraire à nous y intéresser dans la mesure où elles marquent un progrès pour
notre humanité. Ce sera le cas dès lors qu’elles ne nous couperont pas du Dieu d’amour, source de tout
progrès et de toute espérance. A nous d’être attentifs.
Père Bernard de Lisle
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