Heureuse et sainte année

Il est d’usage au début de chaque année civile de présenter ses vœux de bonheur et de paix à toutes les
personnes que l’on connaît. Je ne manquerai pas cette année encore à cette belle tradition et suis
heureux, par ces quelques lignes de venir souhaiter, à travers elles, tous mes vœux de bonne et sainte
année 2026.
Je souhaite évidemment à tous une année de paix au cours de laquelle les désirs les plus légitimes de
chacun puissent se réaliser. Mais en même temps que je dis cela je ne puis me défaire d’une certaine
perplexité. J’ai évidemment un grand désir de voir chacun heureux dans son existence et à l’abri de
tout évènement pénible ou malheureux. Mais je sais aussi que malgré toute ma bonne volonté et ma
bienveillance dont je puis vous assurer, je ne peux ignorer le caractère incertain de ces vœux. Nous
savons très bien tous que cette année qui vient apportera son lot d’évènements plus ou moins bons,
plus ou moins pénibles. Nous savons tous que, quel que soit notre désir profond, nos vœux ne
changeront rien à la marche du temps. Ils ne nous mettront pas à l’abri de tous ces d’imprévus
pénibles qui marquent le cours de chaque existence humaine.
Que faire alors ? Faut-il renoncer à ce très antique usage au risque de paraître froid et indifférent au
sort des autres, ne nous souciant que de nous-mêmes ? Certainement pas et il me semble que l’un des
premiers mérites de ces échanges de vœux à l’aspect parfois bien formel est de nous souvenir que
nous ne sommes pas seuls, que nous partageons une destinée commune liée à notre condition
humaine.
Cette année sans doute, nous apportera son lot habituel de joies et de déceptions, de retrouvailles et
de séparations. Il est en dehors de notre volonté humaine d’y changer quelque chose. C’est pourquoi il
sera nécessaire de faire en sorte que personne ne se sente à l’écart, seul ou oublié. C’est ce que nous
nous efforçons de faire à travers les différentes activités de notre paroisse.
Et c’est au poète que je voudrais donner la parole et plus particulièrement à ce personnage influent
que fût le poète Malherbe au tournant des 16 ème et 17 ème siècle. Cherchant à consoler son ami du Périer
inconsolable devant la disparition de sa fille morte très jeune il écrivait un long poème dans lequel
après avoir rappelé que nul n’est épargné par les aléas de la vie il terminait ainsi :
« Vouloir ce que Dieu veut est la seule science qui nous met en repos ». 1
C’est bien le sens que je souhaite donner à ces vœux que je forme pour tous aujourd’hui. Dans ces
temps instables et parfois inquiétants où nous sommes actuellement prenons chaque jour le temps de nous
tourner vers le Seigneur. Apprenons à nous arrêter, à faire taire le brouhaha incessant de nos pensées
afin de pouvoir l’écouter, d’entendre ce qu’il veut pour nous, en un mot de contribuer, chacun à notre
place, à la croissance de ce monde qu’il nous a confié.
Père Bernard de Lisle

1 F. de Malherbe, 1555-1628, consolation à du Périer 1599

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