« Je crois à la vie éternelle »

Chaque dimanche, chaque jour si nous le souhaitons, nous proclamons le Credo. Synthèse de la foi de
l’Église Il est essentiel de connaître par cœur ce texte appelé « symbole » en ce sens où tous les
chrétiens, quels qu’ils soient, peuvent se reconnaitre.
S’il existe deux variantes de ce texte, le symbole dit « des apôtres » et celui appelé de « Nicée-
Constantinople » plus développé car étant le résultat d’un approfondissement théologique réalisé au
cours des deux conciles de Nicée (325) complété par le concile de Constantinople en 381 qui énoncera
de manière définitive en l’organisant la foi des chrétiens, ces deux documents définissent la même foi.
Ils se terminent tous deux par une affirmation similaire bien qu’énoncée de façon différente. Ainsi le
Symbole des apôtres s’achève-t-il par la phrase : Je crois… « à la résurrection de la chair, à la vie
éternelle », alors que le credo de Nicée Constantinople proclame : « J’attends la résurrection des morts
et la vie du monde à venir ».
On trouve dès l’Ancien Testament cette espérance de la vie éternelle. Elle apparaît comme la
récompense accordée aux justes c’est-à-dire à ceux qui jusqu’au bout seront restés fermes dans leur
foi malgré les épreuves et les persécutions. C’est avec la résurrection du Christ au matin de Pâques
qu’elle prend une vigueur nouvelle. A ceux qui en doutent encore Saint Paul rappelle avec force au
chapitre 15 de la première lettre aux Corinthiens que « si le Christ n’est pas ressuscité, (notre) foi est
sans contenu » (1 Co. 15, 14) et il ajoute au verset 16 de ce même chapitre 15 : « car si les morts ne
ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité ». Ainsi notre espérance est-elle intimement
liée à la résurrection du Christ.
A la vie éternelle, tous sont appelés. Cela veut-il dire que tous y parviendront ? On ne peut répondre
de manière simple à cette question. Cela dépend de chacun. Créés libres nous pouvons refuser cette
union à laquelle Dieu nous appelle. C’est le drame de la liberté humaine.
Mais il est vrai aussi qu’on ne peut rejeter ce que l’on ne connaît pas. On ne peut renier ce que l’on n’a
jamais affirmé. Et de manière paradoxale c’est à la fois mon inquiétude et mon espoir dans cette
époque compliquée dans laquelle nous sommes.
Mon inquiétude parce qu’il est dur de voir l’indifférence à la présence de Dieu dans laquelle semblent
vivre tant de nos contemporains dans nos sociétés qui autrefois furent chrétiennes. Peut-on prétendre
ignorer ce que l’on n’a jamais cherché ? N’est-il pas plus facile de dire que l’on est étranger à la foi que
de reconnaître que malgré les obscurités de l’existence on continue à chercher celui qui nous attend.
L’agnosticisme n’est-il pas devenu une sorte de certitude comme une religion de substitution.
Mon espoir en ce sens que malgré l’apparent effacement du visage de Dieu dans la vie de tant de
personnes nous ne pouvons savoir par quels chemins mystérieux l’Esprit Saint peut se faire connaître
à ceux qui semblent l’ignorer.
C’est pour cela que l’Église nous demande, chaque année de prier pour les défunts au lendemain du
jour où elle célèbre la fête de la Toussaint qui n’est autre que la victoire de la vie sur la mort, l’annonce
du triomphe final de Dieu sur toutes les forces du mal qui n’auront jamais le dessus. Nos prières ne
doivent pas leur manquer. Elles doivent aussi accompagner tous ceux qui cherchent ce Dieu qu’ils
ignorent et qui saura bien un jour se révéler à eux.
Très bon mois de Novembre et très bonne fête de la Toussaint à tous.
Père Bernard de Lisle

Et ici le mois paroissial !