De l’utilité de la paroisse

Un curé, ça ne sert à rien…Ces quelques lignes rédigées en tête de notre feuille paroissiale du mois
dernier voulaient juste rappeler la spécificité de la fonction de curé, notion assez mal comprise
aujourd’hui. Je voudrais poursuivre aujourd’hui cette réflexion. Un curé en effet ne sert à rien si on ne
parle pas en même temps de la paroisse qui lui est confiée. C’est pourquoi j’ai pensé qu’il était bon de
préciser en ce mois de rentrée ce que l’on entend par le mot de paroisse.
Un peu d’histoire tout d’abord. L’institution paroissiale trouve son origine au haut Moyen Âge. La
paroisse désigne alors l’église mais aussi les terres dont elle est dotée et surtout tous ceux qui vivent
sur ce territoire. Elle est l’ancêtre de nos communes actuelles et constitue donc le cadre pour la vie
religieuse et sociale. Les siècles vont se succéder, les mentalités évoluer, la paroisse va perdurer,
espace familier de la vie quotidienne pendant des siècles. Nos paroisses modernes, héritières de cette
longue histoire, même si elles ne sont plus lieu de vie comme c’était le cas dans les communautés
rurales du passé, demeurent souvent un point de référence dans l’imaginaire de beaucoup y compris
des plus jeunes qui y reviennent volontiers pour s’y marier, faire baptiser leurs enfants ou encore
demander la sépulture chrétienne pour des membres de leur famille qui n’y résident plus depuis
longtemps.
Nos paroisses aujourd’hui. Les structures du passé se sont sécularisées. Le terme même de paroisse
n’est plus utilisé que dans le vocabulaire chrétien, en France tout au moins 1 . Pour l’Eglise catholique :
« La paroisse est la communauté précise de fidèles qui est constituée d’une manière stable dans l’Eglise
particulière et dont la charge pastorale est confiée au curé, comme à son pasteur propre, sous l’autorité
de l’Evêque diocésain ». Et elle précise : « En règle générale, la paroisse sera territoriale, c’est-à-dire
qu’elle comprendra tous les fidèles du territoire donné… » 2
Communauté précise de fidèles, constituée d’une manière stable : cela signifie que la paroisse ne
peut exister et vivre que dès lors que les fidèles qui la constituent développent ce sentiment
d’appartenance à un groupe humain qui ne peut survivre qu’à condition de ne pas se disperser en tous
sens en suivant toutes les nouveautés spirituelles dont notre époque a le secret et qui bien souvent
disparaissent aussi vite qu’elles sont nées. Le zapping religieux nuit gravement à la vie paroissiale.
Dans l’Eglise particulière : la paroisse n’est pas un électron libre, elle n’est pas une entité de type
associatif et même si le curé en est le pasteur propre et possède à ce titre un droit à l’initiative, il ne
faut jamais perdre de vue que la paroisse est un élément constitutif de cet ensemble plus vaste qu’est
l’Eglise particulière, en d’autres termes le diocèse.
La paroisse est « en règle générale » territoriale : Cette dimension territoriale, incontestablement
héritée du passé peut sembler surannée en notre époque de grande mobilité. Elle est pourtant
essentielle. En effet, tous les hommes sont appelés au salut. C’est la mission première de l’Eglise, signe
visible du Christ au milieu du monde que de le rappeler. Toute personne quelle qu’elle soit dès lors
qu’elle réside en n’importe quel point de notre vaste territoire paroissial a droit à cette annonce
universelle de laquelle nul ne peut être exclu. C’est notre responsabilité à tous que de collaborer à
cette tâche d’évangélisation et quoi de plus naturel que le cadre paroissial pour y travailler ?
Voilà encore une question dont la réponse pourra être notre programme en cette année scolaire qui
commence.
Bonne rentrée à tous.

Père Bernard de Lisle

1 De la même manière qu’il existe des paroisses catholiques il existe aussi des paroisses protestantes qui ne recouvrent pas exactement la même réalité
ecclésiologique.
2 Code de Droit canonique, canons 515§1 et 518

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