La mort d’un Pape est toujours un évènement marquant de l’histoire de l’Église, évènement à deux dimensions qui nous invite d’une part à regarder en arrière : c’est l’heure du bilan du pontificat qui vient de s’achever et d’autre part à nous projeter dans l’avenir. Quoiqu’il advienne, l’Église, elle, va poursuivre sa route. C’est aujourd’hui la grande question. Qui sera le prochain Pape ? Quelle ligne, quelle action poursuivra-t-il ? Notre univers hyper médiatisé permet à tous de s’exprimer s’il le souhaite et c’est ainsi que depuis deux semaines on entend dire tout et n’importe quoi, chacun y allant de son analyse personnelle.
Pour les uns le Pape François était un irréductible progressiste, en ce sens qu’il était partisan d’une plus grande ouverture aux mutations du monde contemporain. Pour d’autres il était un incorrigible conservateur attaché qu’il était à la religion populaire, à la pratique du chapelet, ou à ces processions, manifestations de la piété de ce peuple chrétien dont il se sentait si proche.
Il a été aussi celui qui inlassablement nous a mis en garde contre toute sorte d’atteintes à la vie humaine, condamnant fermement la peine de mort mais aussi la pratique de l’avortement qui revient à supprimer une vie humaine dans le sein de sa mère. Il a encore été celui qui a rappelé le grand danger qu’il y a à légiférer de façon inconsidérée sur cette grande question de la fin de vie, ouvrant ainsi la porte à toutes sortes de dérives comme on le voit dans de nombreux pays.
Un dernier reproche souvent fait au Pape François : celui de n’avoir pas aimé la France. Est-ce si sûr que cela de la part de ce jésuite attiré par la spiritualité simple et radicale de la jeune normande qu’était Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, grand lecteur également de cet auteur français de la fin du 19ème siècle qu’était Léon Bloy, bien oublié chez nous mais dont la pensée vive et parfois violente nous permet de pénétrer la psychologie de ce Pape si imprévisible à bien des égards.
En résumé, vouloir classer le Pape défunt dans nos catégories occidentales habituelles est chose quasi impossible. Étant Pape, il était chrétien, familier de la Parole de Dieu et de la prière. Il incarnait à sa manière la richesse et la diversité de cet univers ecclésial incompréhensible pour beaucoup de nos contemporains. Et si au fond il avait été tout simplement catholique ?
Je me limiterai à ces quelques réflexions. C’est maintenant le temps de la prière et du recueillement. Prière pour celui qui a pendant douze ans porté cette très lourde charge de gouverner l’Église Peuple de Dieu, signe de la présence du Christ au milieu du monde à travers les tours et les détours de l’histoire. Et ce n’est pas une petite affaire.
Prière au Seigneur pour qu’il accueille le Saint Père dans sa joie éternelle. Prions aussi pour le collège des cardinaux qui dès cette semaine va se réunir en conclave. Que le Saint Esprit les affranchisse de toute peur et de tout esprit partisan afin qu’ils n’aient en vue que le bien de l’Église et le salut des âmes.
Prière enfin à la Vierge Marie en ce mois de mai qui commence et qui lui est traditionnellement consacré. Mère du Christ et mère de l’Église qu’elle apporte soutien et assistance à notre nouveau Pape et à tous ceux qui, dans l’Église exercent une responsabilité.
Très bon mois de mai à tous
Père Bernard de Lisle
Ci-joint le mois paroissial Mai 2025
