Une « Prière de consolation » à Saint-Augustin ?
Après une « Prière des malades » une fois par mois, pendant sept ans, sur la paroisse du
Surgères, il m’a semblé que c’était le moment d’arrêter là-bas et de commencer quelque chose
sur la paroisse Saint-Hilaire-en-pays-royannais, un peu différemment.
Nous avons évoqué le sujet en Équipe et Conseil pastoral, avec la prudence requise, et faisons un
premier essai au mois de mars, modestement.
Il est de la responsabilité de l’Église d’annoncer la Bonne nouvelle, d’agir envers les plus pauvres.
Les plus pauvres ne savent pas à quelle porte frapper, et se retrouvent peu à peu dans une
solitude pesante. C’est une forme de pauvreté de ne pas avoir le baptême comme lumière dans
sa vie, ou de se questionner à force d’épreuves, et s’interroger sur un mauvais sort.
Si les voyants, les médiums, les cartomanciens, les sorciers ont tant de succès, c’est aussi, parce
que nous chrétiens leur laissons beaucoup de terrain ; or, nous avons un trésor à partager.
La condescendance pour des demandes, certes maladroites, et parfois d’ordre magique, est
selon moi, un signe d’affaiblissement de notre foi en la puissance de Dieu, plutôt que de la leur.
Distinguer la magie de la religion, justement cela fait partie du travail pastoral. Nous cherchons
donc à ouvrir une porte pour des gens en quête d’espérance. Nous ouvrirons celle de l’église de
Saint-Augustin une heure avant la messe chaque mois.
Une invocation à l’Esprit-Saint, puis la prière du chapelet, mettront une atmosphère de prière,
avec une mise en valeur de l’autel (icônes, bougies). Quelques personnes accueilleront avec le
prêtre ceux qui viendront ; baptisé ou non, nous les écouterons, prierons pour eux en nous
adaptant. Au besoin, je donnerai de l’eau bénite à boire chez soi. Superstition ? Et la demande de
la Dame à Bernadette Soubirous à Lourdes ? On va tout de même pas interdire l’accès aux
fontaines du sanctuaire ?
Le sacrement des malades sera proposé quelques mois à suivre à la messe, en lien avec le
Service évangélique des malades. Le fait que la messe ait lieu sur place dans l’heure qui suit
permet que cette prière ne soit pas trop isolée de la vie paroissiale.
Cherchant comment appeler cette prière, il m’a semblé que le mot « consolation » est adapté :
mot des prophètes de la première alliance, déjà.
Cette initiative suppose que nous regardions autour de nous qui aurait besoin d’espérance, de
réconfort dans sa santé, physique, psychologique ou spirituelle, et leur en parlions. Les gens
amenaient des malades à Jésus ; il s’agit de continuer de cette façon aussi.
Une première lettre a présenté cette démarche au Conseil pastoral, avec une référence à un livresomme du père Cantalamesa, sur le Veni Creator, pour approfondir théologiquement.
En observant autour de nous, nous pourrons parler de cette « Prière de consolation » ; peut-être
une, deux, trois personnes ou plus en sortiront un peu moins seules, avec une étincelle qui sera
lumière du Christ, présence divine dans leur désert. Celui aussi dont les évangiles nous parlent en
Carême.
Père Christophe de la Chanonie
