PÂQUES 2026
La confiance
Les textes bibliques de cette fête de Pâques nous donnent une présentation magnifique du cœur de notre foi. Quel est le cœur de notre foi ? C’est une personne, le Christ mort et ressuscité. C’est par Lui que nous sommes créés. Et c’est par Lui que nous sommes sauvés.
PAR LE CHRIST, NOUS SOMMES CRÉÉS
C’est le sens du livre de la Genèse dont un récit de la création est lu à la vigile pascale (il y en a un second). Bien sûr, ce sont des récits symboliques et non pas scientifiques. Le rédacteur de ces textes, au 9ème siècle avant le Christ ne savait pas encore ce que nous commençons de connaître, depuis 250 ans environ, les étapes de la création de notre univers et de l’émergence de notre humanité. Nous savons maintenant que notre univers a débuté il y a 14 milliards d’années environ et que notre humanité a émergé il y a 7 à 8 millions d’années.
Adam et Eve représentent tous ces millions d’humains qui ont vécu durant ces millions d’années dans la diversité des sociétés de notre planète. Et qui vivent aujourd’hui sans connaître le Christ, sans savoir, comme l’affirme le Nouveau Testament, que c’est par Lui que nous sommes créés, que nous existons dans la vie actuelle. C’est la fameuse phrase de Jean-Paul II : « notre univers et notre humanité sont créés par amour et pour l’amour ». Oui, cet univers gigantesque, avec ces milliards de galaxies, dont nous ignorons encore les limites, est créé par un amour tout-puissant. Il n’est pas l’effet du hasard, mais il a un sens, un sens que Jésus nous fait connaître.
PAR LE CHRIST, NOUS SOMMES SAUVES
Qu’est-ce que le salut ? C’est participer à la vie, à l’amour, au bonheur de la Trinité et recevoir ainsi la plénitude de notre humanité. C’est donc être délivrés des péchés qui marquent notre humanité actuelle depuis ses débuts et être aussi libérés de la mort biologique. Le salut a donc cette face négative et aussi sa face positive : être associés à la vie humano-divine du Christ, être christifiés, devenir semblables au Christ. C’est la raison pour laquelle il est venu sur terre, à Noël., pour annoncer cette Bonne Nouvelle. En faisant le bien, en guérissant les malades, en pardonnant les péchés, en révélant un Dieu Père miséricordieux. Il en est mort, car cela ne plaisait pas aux puissants d’Israël. Mais son Père l’a ressuscité pour que tous les humains qui ne la refusent pas puissent, à leur tour, entrer dans le dynamisme de cette résurrection.
Cette vie nouvelle commence au baptême. Nous ne pouvons que nous réjouir de la forte augmentation, depuis trois ans, du nombre des adolescents et des jeunes adultes (plus de 21000 cette année) qui sont des nouveaux baptisés. Nous ne savons pas si c’est une embellie provisoire ou un mouvement de fond qui va durer longtemps. Ils sont pardonnés de leurs péchés, tout en continuant à être pécheurs. Mais leur vie a désormais un sens. Ils savent que chaque être humain est estimé , aimé par Dieu et que , s’ils vont mourir, leur mort n’est pas le retour au néant. Le Père n’a pas empêché son Fils de mourir mais il l’a ressuscité en le faisant passer à la vie nouvelle et définitive. Et tel est son désir pour l’humanité entière.
Une phrase est magnifique, qui est chantée durant la célébration de la nuit de Pâques « à quoi nous servirait-il de naître sans le bonheur d’être sauvés ? » Oui, notre vie actuelle ne se termine pas à la mort. Elle est transformée, transfigurée par le Christ et son eucharistie pour devenir sa vie humano-divine parfaite. Le Christ prépare notre vie actuelle à être la vie éternelle. Et quand cette transformation sera achevée, chacun alors, qui est unique, aura sa personnalité définitive qui sera aussi unique. L’humanité entière, sauf ceux et celles qui refuseront ce don de Dieu, (car tout être humain a la possibilité de dire non à Dieu) sera devenue vraiment fraternelle, c’est la fraternité qui aura le dernier mot et non la haine ou l’orgueil ou la volonté de puissance.
APPELÉS A LA CONFIANCE
Une conséquence de cette primauté du Christ, pour notre création et notre re-création ou christification ou salut, c’est que nous ne pouvons pas perdre confiance. D’abord pour nos morts. Nous ne nous trompons pas en croyant qu’ils sont accueillis par Dieu, même si leur préparation au partage de sa vie et de son bonheur n’est pas encore achevée. Et ensuite pour nous-mêmes et l’humanité entière . En ressuscitant Jésus, Dieu le Père a tenu sa promesse. Il tiendra aussi sa promesse et nous ressuscitera pour participer à sa vie éternelle.
Peut-être que des difficultés plus graves que celles que nous vivons habituellement nous attendent. Mais, si Dieu nous laisse prendre nos responsabilités et ne les prend pas à notre place, Il ne nous lâchera pas, Il ne nous abandonnera pas. Soyons-en certains, rien ne nous séparera du Christ, de son Amour et de sa Résurrection. Dieu est fiable.
Père Bernard
