Eglise Saint-Thomas
La curieuse église monumentale de Saint-Thomas de Cônac se dresse sur une vaste place dégagée au centre d’un petit bourg.
Plusieurs fois reconstruites et remaniées aux XIV et XIXe siècles, on lui attribue des origines du XIe siècle puisque c’est vers 1070 que l’église Saint-Thomas fut donnée à l’abbaye de Savig; ny.
Au début du XIXe siècle, l’unique nef fut dotée de deux collatéraux réunis dans un ensemble unifié par la façade ouest.
Relativement basse et très large, la façade est percée de trois portes très espacées. Le portail principal en surépaisseur est orné d’un arc central à voussures amorties en tores, flanqué de deux arcs brisés aveugles à une seule voussure et souligné d’un fort cordon sculpté. L’ensemble se compose sous une corniche surmontée d’un oculus. De chaque côté, deux portes auxiliaires en plein cintre sont surmontées chacune d’une fenêtre de même style. Tous les encadrements des ouvertures sont supportés par de fines colonnes.
Le clocher de base gothique a été plusieurs fois modifié. Terminé par une toiture-terrasse, il rejette toutes les pluies par des gargouilles du XVIIe siècle en forme de fut de canon.
Le chevet se caractérise par la diversité de son appareillage. La partie basse de l’hémicycle est construite régulièrement en petits moellons, témoignage de la construction primitive. À la fin du XIe siècle, des contreforts plats ont été ajoutés en même temps que les petites baies étaient remplacées par d’autres plus larges et encadrées par des pierres de taille.
La particularité de l’église Saint-Thomas réside dans la composition du chœur et de l’ abside qui, à l’instar de Bougneau et de Sémillac, semble issu d’un roman primitif qui n’a pas encore rompu avec la période carolingienne. Le chœur et l’ abside sont composés de deux arcatures superposées de même niveau et doublant les murs.
La zone basse du chœur est établie sur un muret qui transforme l’arcature en plein cintre en niche. Au-dessus se développe une double arcade sur gros chapiteaux.
A l’intérieur, l’ abside se termine en cul-de-four. Le rez-de-chaussée développe une arcature sur de courtes colonnes à volumineux chapiteaux très fouillés. À l’étage, trois fenêtres cintrées sont encadrées de colonnes jumelées à chapiteaux sculptés.
Cette ornementation des chapiteaux et des tailloirs traite de sujets divers: palmes, petites pommes de pin, pélicans, aigles. Tous authentiques, certains ont été complétés au plâtre.
On notera qu’est gravée une inscription sur deux des six tailloirs du chœur. Selon Jacques Lacoste, elle se rapporterait à «une consécration le 24 septembre d’une année qui n’est pas identifiée».
Chœur, travée (correspondant à l’ancienne croisée) et le clocher: Inscrit l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 5 décembre 2000.






