Saint Dizan-du-Gua

Eglise Saint Michel

La commune de Saint-Dizant-du-Gua porte le nom d’un ancien évêque de Saintes au VIIe siècle.
Fortement reconstruit à l’époque gothique, puis au XVIIIe siècle et à la fin du XIXe siècle, c’est un édifice malgré tout roman dont il ne reste que peu de parties d’origine.
L’ancien clocher complètement disparu a été remplacé par un clocher porche très élancé de style romano-ogival à la fin du XIXe siècle.

Le porche ouvert en plein cintre repose sur de fortes piles. L’étage intermédiaire est ajouré de doubles baies en plein cintre sur de longues et fines colonnes. La tour octogonale est cantonnée de pinacles surmontant les contreforts d’angle. Elle est agrémentée d’une galerie à balustrade et de pyramidions.

Le chevet double fut totalement reconstruit à l’époque gothique sur les ruines de l’édifice roman.
Sur le contrefort central, une gargouille brisée étrangement située sépare les deux baies ogivales murées. À côté, un petit décor en bas-relief, pierre de remploi, est encastrée dans le mur.

Sur un autre contrefort, une croix indique que l’église a été consacrée.
Modifiée au XVIIIe siècle, la nef très vaste se compose de trois vaisseaux rompant totalement avec l’ancien plan gothique à deux nefs. Les amples voûtes d’arêtes portant la date de 1765 retombent sur de grands piliers carrés. C’est un espace très homogène qui se termine par un chœur et deux chapelles latérales ornés d’autels et de retables.

Au sud, s’ouvre une chapelle, probablement un ancien bras du transept sud d’une église d’un âge roman archaïque, avec une baie haut placée et une amorce de voûte en berceau. Cette chapelle fut restaurée en 1986.
Il existe sur l’élévation sud une porte auxiliaire sous un gâble de style gothique. Les chapiteaux des piédroits sont relevés de crochets en coquille.

Gargouille sur le chevet.
Bénitier en pierre du XVe siècle: «Son fût orné de sculptures représentant sur chaque des faces, la justice, la prudence, la force et la tempérance».
Navire ex-voto en bois sculpté et peint, du XIXe siècle. Maquette d’un trois-mâts, Saint-Michel, avec toute sa voilure réalisée vers 1970 par l’abbé Yves Fournier à l’occasion d’une Kermesse.
Maître-autel et retable en bois sculpté et faux marbre, toile de la crucifixion, XVIIIe siècle. Vierge et l’Enfant;Toile de l’Assomption.

«La seconde moitié du XVIIe siècle et le début du 18ème siècle ont été marqués en Haute-Saintonge comme ailleurs par une intense activité des menuisiers et des sculpteurs qui réalisent des retables inspirés des modèles diffusés par la Contre Réforme Catholique. La prospérité économique du XVIIIe siècle favorise à son tour les travaux de décoration des lieux de culte et aux commandes des «abriques» qui administrent les biens de l’église,
s’ajoutent les dons effectués par les seigneurs ou les curés soucieux d’embellir leurs églises avec des retables, autels et tabernacles richement décorés dont certains ensembles subsistent comme à Mérignac, Orignolles ou Villexavier».