Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui la fête de la dédicace de la basilique du Latran, qui est la cathédrale de Rome. Elle fut la première église ouverte au culte public. Elle est la mère de toutes les églises du monde parce qu’elle manifeste de manière visible l’unité de l’église autour du pape qui est l’évêque de Rome.
Aujourd’hui encore, cette fête nous rappelle l’unique église du Christ. Elle souligne aussi que la foi chrétienne n’est pas une réalité purement individuelle, mais qu’elle s’inscrit dans une communion visible, un peuple organisé rassemblé autour d’un pasteur.
Cette fête de la dédicace nous invite donc à réfléchir sur la signification du temple telle qu’elle ressort de la parole de Dieu de ce dimanche et le sens de ce temple pour nous aujourd’hui.
On voit que dans la parole de Dieu de ce jour, le temple est d’abord un édifice. Ensuite, le temple est une personne. Enfin, le temple est une communauté.
La première lecture tirée du livre d’Ézéchiel nous présente le temple comme un édifice d’où jaillit une eau vive. Elle commence par un filet léger puis devient un torrent qui se répand vers l’Orient. Partout où cet eau passe, la vie régna. Elle fertilise la terre aride. Elle transforme la mer morte en mer vivante. Elle fait pousser des arbres qui portent des fruits en abondance et dont les feuilles guérissent. Cette eau, frères et sœurs, est le symbole des grâces de Dieu répandu sur son peuple et sur toute l’humanité. Quand la présence de Dieu habite son temple, celui-ci devient source de vie, de guérison, de bénédiction et de fécondité spirituelle. Le temple n’est donc pas un lieu statique, mais il est un lieu d’où jaillit la vie.
Dans l’Évangile que nous avons entendu, Jésus nous conduit plus loin dans la compréhension du mystère du temple. Il monte à Jérusalem pour la Pâque et il trouve dans le parvi du temple des marchands de bœufs, de brebis et de colombes ainsi que des changeurs installés à leur comptoir. Leur présence n’était pas en soi un abus. En effet, ces marchands vendaient les animaux requis pour les sacrifices parce que les pèlerins venaient de loin et ne pouvaient pas les apporter avec eux. Les change de leur côté permettaient de convertir la monnaie étrangère en monnaie du temple nécessaire pour les offrandes. Donc il rendait un service aux autres. Le geste de Jésus ne condamne pas l’existence de ces services, mais il dénonce la manière dont ces pratiques avaient envahi l’espace sacré et détourné le temple de sa première vocation. Le commerce avait pris le pas sur la prière. L’intérêt avait supplanté l’adoration. Jésus chasse donc les marchands non pour rejeter le sacrifice, mais pour purifier la maison de son père afin qu’elle redevienne un lieu de rencontre avec Dieu. Et il nous révèle ensuite que le véritable temple n’est plus un édifice de pierre mais sa propre personne. Il dit détruisez ce temple et en 3 jours je le relèverai. Mais le temple dont il parlait nous dit Saint-Jean, c’était son corps. Le vrai lieu de la rencontre avec Dieu, c’est désormais le corps du Christ. C’est par lui que nous accédons au Père. C’est en lui que nous recevons la grâce. C’est en lui que jaillit l’eau vive de la vie éternelle.
La deuxième lecture tirée de la première lettre de Saint Paul apôtre aux Corinthiens nous fait faire un pas de plus dans la compréhension du temple. Saint- Paul affirme que le temple désormais ce n’est pas seulement la personne du Christ, mais aussi chacun de nous. Il nous dit « Vous êtes le temple de Dieu et l’esprit de Dieu habite en vous. » Par le baptême, frères et sœurs, nous sommes devenus la demeure de Dieu. La Trinité vient habiter en nous. Chaque baptisé est donc un sanctuaire, une pierre vivante du temple spirituel qui est l’église.
Ainsi frères et sœurs, la parole de Dieu d’aujourd’hui nous révèle trois dimensions du temple. Dans la première lecture, le temple est un édifice d’où jaillit une eau vivifiante, symbole des grâces de Dieu pour son peuple. Dans l’Évangile, le temple est une personne, le Christ lui-même en qui Dieu se donne à rencontrer. Et dans la deuxième lecture, le temple c’est chacun de nous habité par l’Esprit Saint. Et on constate que l’Église récapitule admirablement ces trois dimensions. En effet, elle est la maison de Dieu et le signe de sa présence au milieu de son peuple, au milieu de l’humanité. L’église est également le corps du Christ prolongement de son action et de sa présence. L’église est enfin composée de pierres vivantes que sont les baptisés.
