Frères et sœurs,
« Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qu’il y a dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » Telle est la question fondamentale que Jésus nous pose en ce 8e dimanche du temps ordinaire de l’année C. L’image utilisée est bien forte car elle dénonce l’attitude hypocrite que nous affichons parfois à l’égard de nous-mêmes et les accusations faciles que nous formulons contre les autres. Nous aimons souvent entrer dans les détails de la vie des autres pour y déceler la moindre erreur afin de la grossir ; alors que nous fermons les yeux sur nos propres manquements qui peuvent être plus sérieux que ceux de notre prochain. Nous nous montrons souvent trop durs, moins tolérants, très critiques, très sévères envers les autres : c’est très scandaleux ce qu’ils font, c’est trop grave, ce n’est pas possible. Mais quand c’est nous, nous oublions de voir nos propres défauts et nos péchés, nous refusons de nous examiner en trouvant des prétextes et des excuses. Un tel refus nous rend aveugle ; et être aveugle, c’est demeurer dans le péché. Et le péché conduit à la mort comme nous le dit Saint Paul dans la deuxième lecture.
Il y a ici un appel à dépasser nos préjugés et à avoir un regard constructif, positif, bienveillant envers les autres. Un regard qui ne juge pas mais qui est plein de compassion et de miséricorde comme celui de Jésus. C’est aussi un appel à nous regarder nous-mêmes afin de reconnaître nos péchés, au lieu de s’ériger en donneur de leçons de morale, et ainsi nous mettre sur le chemin de la conversion.