Homélie de la fête de l’Ascension

Frères et sœurs bien-aimés,

Après avoir terminé sa mission sur la terre, quarante jours après la fête de Pâques, Jésus est monté au ciel auprès de son Père céleste. La première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres, nous raconte ce grand événement de l’Ascension du Seigneur. Après sa Résurrection, Jésus s’est montré plusieurs fois à ses disciples. Il les a rassurés, enseignés, fortifiés dans la foi. Puis, sous leurs regards étonnés, il a été élevé au ciel. La mission que le Père lui avait confiée sur la terre est désormais accomplie, et il retourne vers Celui d’où il est venu.

Même si Jésus est monté au ciel, il ne nous abandonne pas. Son Ascension ne signifie pas une séparation d’avec son Église. Certes, il n’est plus visible à nos yeux, il n’est plus présent physiquement comme autrefois avec les apôtres, mais il demeure toujours avec nous. Il nous l’a promis dans l’Évangile : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Oui, le Christ continue d’être présent au milieu de son peuple. Il est présent dans sa Parole, dans la prière, dans les pauvres, dans l’Église rassemblée en son nom, mais d’une manière toute particulière dans le sacrement de son Corps et de son Sang. Il ne nous laisse jamais seuls. La fête de l’Ascension nous invite donc à découvrir cette présence continue de Jésus dans notre vie quotidienne. Souvent, nous cherchons Dieu dans des choses extraordinaires, alors qu’il marche discrètement avec nous dans les réalités simples de chaque jour.

L’Ascension nous invite aussi à lever les yeux vers le ciel et à contempler notre destinée éternelle. Là où le Christ est monté, nous sommes appelés à le rejoindre un jour. Jésus nous précède dans la gloire pour nous ouvrir le chemin de la vie éternelle. En contemplant le Christ monté au ciel, nous découvrons notre vocation profonde : nous n’avons pas été créés seulement pour cette terre, mais pour le Paradis. Notre vraie patrie est auprès de Dieu. Et c’est seulement en Dieu que nos cœurs trouveront la paix véritable. Dans la deuxième lecture, Saint Paul prie pour que les yeux de notre cœur soient éclairés afin que nous comprenions « quelle espérance nous ouvre son appel ». Trop souvent, nous vivons comme si cette vie terrestre devait durer éternellement. Nous nous attachons uniquement aux choses de ce monde et nous oublions parfois notre destinée céleste. La fête de l’Ascension nous rappelle que notre regard doit rester tourné vers le but final : la rencontre éternelle avec le Seigneur. Demandons aujourd’hui au Seigneur d’éclairer les yeux de notre cœur afin que nous gardions toujours vivante l’espérance du ciel.

Dans la première lecture, tandis que les disciples regardent le ciel, deux hommes vêtus de blanc leur disent : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » Autrement dit : ne restez pas immobiles. Ne soyez pas des disciples passifs. Le Christ vous envoie maintenant en mission. Avant de monter vers son Père, Jésus donne à ses disciples cette grande mission : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples ; baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Jésus confie à son Église la mission de continuer son œuvre dans le monde : annoncer l’Évangile, témoigner de l’amour de Dieu, porter l’espérance, faire connaître le salut. Aujourd’hui encore, cette mission nous concerne tous. Par notre baptême, chacun de nous est appelé à être témoin du Christ dans sa famille, dans son travail, dans son quartier, dans toute sa vie. Le monde a besoin de chrétiens qui ne restent pas seulement les yeux tournés vers le ciel, mais qui vivent déjà sur la terre les valeurs du Royaume de Dieu : l’amour, la paix, le pardon, la vérité et la charité.

Frères et sœurs, en cette fête de l’Ascension, demandons au Seigneur deux grâces : la grâce de garder notre cœur tourné vers le ciel, et la grâce d’être des témoins courageux de l’Évangile sur la terre.

Que le Christ monté dans la gloire nous attire vers lui et nous accompagne chaque jour jusqu’au moment où nous partagerons pleinement sa joie éternelle. Amen.